(Corbeau News Centrafrique)
Côte d’Ivoire: une attaque revendiquée par
Aqmi frappe Grand-Bassam
Bangui, (C.N.C), 14-03-2016
L’attaque de Grand-Bassam dimanche 13 mars en Côte d’Ivoire a coûté la vie à quatorze civils et deux soldats des forces spéciales, a déclaré le président ivoirien Alassane Ouattara. Six assaillants ont également péri dans cette station balnéaire située à une quarantaine de kilomètres à l’est d’Abidjan. Un ressortissant français au moins figure au nombre des personnes tuées.
Arrivé à Grand-Bassam en début de soirée, Alassane Ouattara a annoncé un nouveau bilan faisant état de 14 civils tués ainsi que deux militaires. Selon le président ivoirien, 19 civils et 3 militaires ont été blessés.
Concernant le mode opératoire des assaillants, le président ivoirien rapporte que ces derniers « se sont partagés en deux groupes », sans davantage de précisions. Il a par ailleurs tenu à saluer « la bravoure des clients et leur sang-froid ». « Nombreux sont ceux qui ont pu nous envoyer des textos qui nous ont permis de localiser les assassins et de les neutraliser », a souligné Alassane Ouattara, précisant que désormais « la situation est sous-contrôle, le calme est revenu ».
Selon le ministre de l’Intérieur, Ahmed Bakayoko, qui s’exprimait sur la RTI, la télévision publique ivoirienne, ce sont trois hôtels de Grand-Bassam qui ont été attaqués. Toujours selon le ministre, six assaillants ont été neutralisés et des ratissages sont en cours. Le ministère devrait publier un bilan détaillé dans les prochaines heures.
Des témoins sur place rapportent que des hommes qui portaient des cagoules ont commencé à tiré sur les clients de l’hôtel L’Etoile du Sud, un établissement fréquenté à la fois par les expatriés mais aussi par une clientèle ivoirienne. D’autres témoins disent avoir vu quatre assaillants qui parcouraient la plage en tirant des coups de feu. Un témoin rencontré par RFI sur place affirme avoir vu un assaillant achever une victime à bout portant.
Aqmi revendique l’attentat
Un ressortissant français au moins figure au nombre des victimes, a-t-on appris auprès du ministère français des Affaires étrangères. François Hollande a confirmé par la suite dans un communiqué qu’« au moins un Français » avait été tué par des assaillants armés. « La France apporte son soutien logistique et de renseignement à la Côte d’Ivoire pour retrouver les agresseurs. Elle poursuivra et intensifiera sa coopération avec ses partenaires dans la lutte contre le terrorisme », déclare le chef de l’Etat.
L’identité des assaillants, décrits comme « puissamment armés » par un témoin cité par l’AFP, reste inconnue à cette heure. Néanmoins, al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l’attaque dans un communiqué diffusé en début de soirée. Ce communiqué fait état de trois assaillants, tandis que les autorités ivoiriennes ont déclaré avoir tué six assaillants.
L’organisation terroriste promet la diffusion prochaine d’un communiqué plus détaillé, sans doute, comme à son habitude, avec la photo des membres du commando. Selon le site mauritanien al-Akhbar, l’attentat pourrait avoir été mené par al-Mourabitoune, le groupe de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar qui, depuis fin 2015, est devenu une brigade d’Aqmi.
« Ça tirait, ça tirait, très fort »
RFI a recueilli le témoignage d’Eugène Kakou, un journaliste ivoirien et ancien président du conseil national de la presse, présent sur place au moment de l’attaque : « On était au bord de l’eau quand il y a eu des coups de feu. Des gens ont dit au départ ce sont des pétards, des gens fêtent un anniversaire. Mais moi ayant fait l’armée, je sais ce que c’est. J’ai entendu les coups de feu, il devait être 12h45 ou 13h… Tout le monde a commencé à se sauver, moi je suis allé me planquer d’abord dans les toilettes, et puis ça tirait, ça tirait, très fort, ça ne devait pas être des mitraillettes, peut-être des pistolets, une vingtaine ou une trentaine de coups de feu. Quand je suis ressorti, une fille est arrivée elle était couverte de sang, elle disait ‘ils ont tué mon fiancé’ ».
Hassan Ouattara, gérant de l’hôtel Le Wharf situé près de la plage, a accueilli des dizaines de personnes dans l’enceinte de son établissement afin de les protéger des tirs. « On a vu des assaillants arrivés par l’Etoile du Sud, ça a commencé là-bas. On en a vu trois, sûr, mais ils devaient être plus nombreux, raconte-t-il. Donc voilà, on a vu quelques gens habillés en civils avec des Kalachnikovs. Ils sont rentrés dans les différents hôtels et ils ont commencé à tirer sur les gens. Nous avons accueilli tout le monde, tous les réfugiés pour les cacher dans les chambres d’hôtels, poursuit le gérant. Tout le monde est venu ici, donc j’ai ouvert les salles de conférence, les chambres. Ils sont tous entrés dans les chambres et puis j’ai fermé les portes. Il y en a qui sont encore là. La ville est en train d’être sécurisée donc ils peuvent pas partir. »
Les habitants de Grand-Bassam et ses touristes sous le choc
RFI




![Haut-Mbomou : le groupe Azande Ani Kpi Gbé dénonce des pillages, des destructions et des enlèvements attribués aux mercenaires russes , aux FACA et à la coalition UPC-LRA Haut-Mbomou : le groupe Azande Ani Kpi Gbé dénonce des pillages, des destructions et des enlèvements attribués aux mercenaires Wagner, aux FACA et à la coalition UPC-LRA Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC La Coordination générale du groupe Azande Ani Kpi Gbé (AAKG) a rendu public un communiqué officiel adressé à l’opinion nationale et internationale, dans lequel elle documente des violations graves des droits humains commises dans la région du Haut-Mbomou, en République centrafricaine. Les faits dénoncés impliquent directement les Forces armées centrafricaines (FACA), les mercenaires russes du groupe Wagner — désormais rebaptisé Africa Corps — et la coalition formée par l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) et la Lord’s Resistance Army (LRA). Le communiqué de la Coordination AAKG rappelle en préambule que le groupe avait soumis, le 04 février 2026, des recommandations pacifiques au gouvernement centrafricain, dans le but d’obtenir une résolution apaisée du conflit. Ces recommandations sont restées sans réponse. Le gouvernement du dictateur Faustin Archange Touadéra a choisi d’ignorer cette démarche, ouvrant ainsi la voie à une escalade des violences dans le Haut-Mbomou. Pire, selon le même document, la déclaration publique du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, à l’encontre du groupe AAKG, a aggravé la situation au lieu de l’apaiser. Le communiqué indique que depuis cette prise de position hostile, les exactions se sont multipliées dans la région, ciblant aussi bien les biens des civils que les infrastructures collectives. Des pillages contre la communauté Azande. Le communiqué de l’AAKG décrit une campagne de destruction délibérée menée par les mercenaires russes Wagner contre les biens de la communauté Azande dans le Haut-Mbomou. Les faits rapportés ne relèvent pas d’incidents isolés : il s’agit d’une série d’actes de pillage qui visent méthodiquement les avoirs des populations civiles, les privant de ressources essentielles à leur survie quotidienne. Le communiqué précise que ces destructions s’inscrivent dans un contexte où la communauté Azande attendait un signal de bonne foi de la part des autorités centrafricaines. Ce signal n’est jamais venu. À la place, les mercenaires d’AfrikaCorp et les FACA ont poursuivi leurs opérations militaires contre les positions du groupe, en violation de la cessation d’hostilités que la Coordination AAKG avait pourtant décidé d’observer unilatéralement. Alors, des infrastructures publiques délibérément détruites. L’un des aspects les plus graves du communiqué concerne la destruction d’infrastructures publiques dans plusieurs localités du Haut-Mbomou. Le document cite nommément les établissements suivants, qui ont été ciblés et saccagés : L’École AIM de Zemio, un établissement scolaire dont la destruction prive des centaines d’enfants de leur droit à l’éducation. L’hôpital de la sous-préfecture de Bambouti, ainsi que l’ensemble des biens mobiliers de cette sous-préfecture, ont également été touchés. Le Centre de Santé du village Tabane, structure sanitaire indispensable pour les populations rurales de la zone, figure aussi parmi les cibles. Le communiqué mentionne par ailleurs plusieurs autres établissements publics répartis dans différentes localités du Haut-Mbomou, sans en donner l’inventaire exhaustif. Ces destructions d’écoles et de centres de santé constituent, selon le droit international humanitaire, des violations graves des règles de protection des civils en temps de conflit armé. Au-delà des pillages et des destructions matérielles, le communiqué de la Coordination AAKG signale des enlèvements de civils perpétrés sur l’axe Mboki. Ces actes sont attribués à des milices affiliées à des factions armées, notamment des éléments liés à l’UPC et à la LRA, opérant avec l’appui direct des mercenaires russes Wagner. Selon le communiqué, le recours aux enlèvements vise délibérément à aggraver le climat d’insécurité dans la région et à terroriser les populations civiles déjà fragilisées par des années de conflit. L’axe Mboki, qui constitue un couloir vital pour les déplacements et les approvisionnements dans le Haut-Mbomou, est ainsi rendu dangereux par ces opérations menées en toute impunité. La MINUSCA est aussi pointée du doigt dans ce communiqué. Le communiqué de l’AAKG ne ménage pas la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA). La Coordination prend à témoin cette mission onusienne, qu’elle accuse d’avoir failli à sa mission de protection des civils dans le Haut-Mbomou. Le communiqué indique que les populations locales attendent désormais avec urgence une intervention concrète de la MINUSCA, dont le mandat prévoit explicitement la protection des non-combattants. L’absence de réaction de la mission face aux événements en cours constitue, aux yeux de la Coordination, une forme de complicité passive avec les auteurs des exactions. Le communiqué insiste sur un point central : la Coordination AAKG a, de sa propre initiative, décidé de respecter une cessation des hostilités afin de laisser la place au dialogue. Cette décision, prise de bonne foi, n’a pas été honorée par l’autre camp. Les mercenaires russes Wagner et les FACA ont continué de mener des attaques contre les positions du groupe, ignorant totalement le geste d’ouverture posé par la Coordination. Ce constat d’échec du cessez-le-feu unilatéral est central dans le raisonnement du communiqué. Il démontre, selon l’AAKG, que les forces gouvernementales et leurs supplétifs russes ne recherchent pas une solution négociée, mais cherchent à écraser militairement toute opposition dans le Haut-Mbomou. L’AAKG réaffirme son engagement pour la paix tout en refusant le silence En conclusion de son communiqué, la Coordination générale du groupe Azande Ani Kpi Gbé réaffirme que son engagement reste orienté vers la protection des populations civiles et la recherche d’une paix durable dans la région. Mais le groupe prévient clairement qu’il ne peut pas rester silencieux devant les atteintes répétées à la dignité humaine et aux droits fondamentaux que subissent les Azande du Haut-Mbomou. Cette déclaration intervient dans un contexte de tension extrême dans le sud-est de la Centrafrique, une zone enclavée où l’accès humanitaire reste difficile et où les violations des droits humains sont rarement documentées par les médias internationaux. Corbeau News Centrafrique continuera de suivre l’évolution de la situation dans le Haut-Mbomou. Par Anselme Mbata Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/capture-decran-de-la-video-des-soldats-FACA-menacant-a-mort-peut-etre-tue-un-civil-non-arme-218x150.jpg)
