Centrafrique : quand les instituteurs bâtissaient mieux que les docteurs,

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Centrafrique : quand les instituteurs bâtissaient mieux que les docteurs,

Centrafrique : quand les instituteurs bâtissaient mieux que les docteurs,
Le Président fondateur de la République centrafricaine, monsieur Barthelemy Boganda , ici en FAMILLE, EN 1958, À BANGUI. Photo fournie par M.B.BOSSIN.

 

 

Rédigé le  16 août 2026.

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

L’indépendance est-elle véritablement acquise lorsque les leviers essentiels du pouvoir échappent encore aux mains de ceux qui sont censés gouverner ? C’est la question que pose Jean-Pierre Mara, ingénieur et ancien député centrafricain vivant en exil, dans un message publié lundi premier décembre sur les réseaux sociaux. Revenant sur les fondements de l’indépendance de la République centrafricaine, Jean-Pierre Mara interroge la trajectoire du pays depuis ses origines et compare les ambitions des pères fondateurs aux réalisations des dirigeants actuels.

 

Jean-Pierre Mara, dans son message,  rappelle que le premier conseil de Gouvernement, présidé par Barthélémy Boganda, comptait sept membres : Abel Goumba aux Finances, à l’Économie et au Plan ; David Dacko à l’Intérieur ; Robert Gbaguidi à l’Instruction publique et au Travail ; Marcel Douzima à l’Agriculture, l’Élevage, les Eaux, Forêts, Chasse et Pêche ; Pierre Faustin Maleyombo aux Travaux publics, au Transport et aux Mines ; et Albert Sato à la Santé publique et aux Affaires sociales.

 

Toutefois, l’ancien député note que cette configuration gouvernementale montrait déjà les limites d’une souveraineté naissante. « Tous les portefeuilles de souveraineté tels Défense, Finances, Communication, Affaire Étrangère, Plan, Budget, Éducation nationale sont entre les mains de Bordier, Gouverneur colonial français de l’AEF à Bangui », écrit-il.

 

À l’exception de quelques personnalités comme Goumba, ces hommes étaient pour la plupart instituteurs ou simples agents administratifs. Jean-Pierre Mara souligne : « Mais au moins, Instituteurs qu’ils étaient, pensaient à la construction de la RCA. » Une remarque qui pose la question centrale de son message : « Nous avons des Docteurs et des Professeurs à la Tête du Pays. Quel est l’objectif de construction de la RCA d’aujourd’hui ? »

 

Le constat que dresse Jean-Pierre Mara de la situation actuelle du pays est sans appel. Il énumère les défaillances qui caractérisent aujourd’hui la capitale : « Sans Eau potable dans tout Bangui, sans assainissement dans la capitale du pays, sans électricité en permanence, sans téléphone fixe dans les bureaux, sans des toilettes propres dans les administrations du pays à Bangui et en province. »

 

L’ancien député étend sa critique au domaine juridique. « Même en matière de droit, et la RCA ne compte plus les docteurs en droit, on ne sait pas où est le droit et la justice », déplore-t-il. Cette observation le conduit à poser une question qui traverse tout son propos : « Qu’avons-nous nous apporté avec nos diplômes ? Qu’avons-nous nous construit en matière de construction d’une nation pour faire la fierté de la RCA ? ».

 

Jean-Pierre Mara termine son message par un appel : « Je suis preneur des indicateurs d’éléments de construction juridiques et infrastructures de ce pays depuis 1981. » Une demande qui traduit son besoin de comprendre ce qui a été réellement accompli depuis cette période, et qui invite à une évaluation honnête du chemin parcouru par la République centrafricaine depuis les premières années de son indépendance.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Anselme Mbata….

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