Touadéra appelle à la commission des crimes . Voilà comment la CPI est officiellement interpellée
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Du jamais vu dans les annales d’une démocratie. Pour son couronnement le 39 mars dernier, celui qui se dit « élu » du peuple a troqué son habit de garant des libertés pour celui d’un instigateur de la répression. En ordonnant aux forces de défense et à ses alliés de « traquer » ses opposants, Faustin-Archange Touadéra vient d’ouvrir, selon plusieurs juristes, la voie à une nouvelle série de crimes d’État.
Un discours rédigé à l’ombre de Wagner.
L’analyse du ton et de la sémantique de ce discours fleuve ne trompe personne : la main de la société paramilitaire russe Wagner ou son avatar “Africa Corps” est omniprésente dernière. En poussant Touadéra à durcir le ton contre les « relais clandestins » et les opposants à sa dictature, ses parrains russes de la société Wagner le placent en première ligne. C’est un piège politique grossier : mettre le Chef de l’État en façade pour justifier les futures exactions commises par des mercenaires qui, eux, agissent déjà en toute opacité.
« Traquer » : Le mot de trop.
Pour un avocat du barreau de Bangui, ce discours n’est pas une simple déclaration politique, c’est un aveu d’intention criminelle. L’ordre de mission donné pour « traquer » ceux qui s’opposent au changement constitutionnel illégal du 30 août 2023 est une incitation directe à la violence d’État.
« C’est un appel à peine voilé à la commission de crimes contre l’humanité, de persécutions et d’arrestations arbitraires », confie une source judiciaire sous couvert d’anonymat. En Centrafrique, on sait ce que le mot « traquer » signifie dans la bouche des alliés russes : exécutions sommaires, tortures et disparitions forcées.
La CPI face à ses responsabilités.
Touadéra semble ignorer que le bureau du procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) est déjà saisi de nombreux dossiers concernant les crimes commis par les mercenaires de Wagner en territoire centrafricain. Cette nouvelle déclaration d’investiture vient alourdir un dossier déjà accablant.
En revendiquant la « traque » comme mode de gouvernement pour ce nouveau mandat, le régime de Bangui offre à la CPI la preuve d’une politique d’État visant à attaquer une population civile pour ses opinions politiques. Le bureau du procureur à La Haye doit désormais sortir de son silence et ouvrir une enquête formelle sur ces nouvelles allégations.
Touadéra est tombé dans le panneau.
En pensant consolider son pouvoir par la terreur, l’Empereur Touadera s’est enfermé dans une impasse juridique internationale. Ce discours de la Septième République pourrait bien devenir l’élément central d’un futur acte d’accusation. Le “rassemblement” promis n’est qu’une façade ; la réalité est celle d’un régime qui, sous la dictée de ses alliés étrangers, a officiellement déclaré la guerre à ses propres citoyens.
Par Gisèle MOLOMA
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