Centrafrique: Quelle surprise ?

Publié le 9 avril 2015 , 6:04
Mis à jour le: 9 avril 2015 6:04

(Corbeau News Centrafrique)

BOGANDA BIEN 1

 

Quelle surprise ?

Bangui, Corbeau News Centrafrique 04-10-2015.
Le 29 mars 1959 qui est une date inoubliable pour nous les centrafricaines et les centrafricains, je suis surprise, hormis la commémoration officielle présidée par la présidente de transition, Madame Catherine Samba-Panza, aucun candidat à la future présidentielle de l’année en cours n’a tenu un discours ou fait une déclaration en faisant allusion ou rappeler cette date historique qui marque la disparition du président fondateur de la République et ses idéaux qui ont été bafoués depuis la proclamation de l’indépendance le 13 août 1958. Je suis même surpris d’apprendre que pour certains, il serait mieux de changer le nom de la République centrafricaine. Ce qui démontre à suffisance que ces leaders politiques qui prétendent nous gouverner marchent toujours dans la même logique que leurs aînés, c’est-à-dire, dans le but de fouler aux pieds l’idéologie du président Barthélemy BOGANDA. Sont-ils alors complices aujourd’hui de cette trahison, de cette mort tragique du président fondateur de la République ? Comment comptent-ils poursuivre son idéologie panafricaniste ou sont-ils alors fatigués d’en parler et n’ont-ils pas de stratégies pour revendiquer des droits liés à la personne de l’héros national ?
C’est en effet, dans ce contexte de la reconstruction d’un État démocratique, État de droit puisque les droits des centrafricains ont été bafoués depuis longtemps que je me pose ces questions pour savoir si les candidats à la future présidentielle sont conscients de leur engagement et de leur responsabilité vis-à-vis du peuple meurtri. Après avoir soufflé 55 bougies de la République, pourrons-nous aller une fois de plus au forum politique sans évoquer et débattre sur la mort de celui qui s’est battu pour le bien-être du peuple centrafricain et fonder la République centrafricaine après que ses propres frères ont rejeté son projet des États-Unis d’ Afrique centrale et latine ? Comment le futur président au profil de Barthélemy BOGANDA recherché par les centrafricains après ce drame humain vécu pourrait-il rebâtir la république centrafricaine en lui assurant un modèle de croissance ? Autant de questionnements et de réflexions sur les priorités que le futur président de la République devra s’y pencher pour se mettre résolument au travail et faire préoccuper la base désœuvrée et démunie.
Élu au suffrage universel, le futur (e) locataire du palais de la Renaissance doit gérer le plutôt possible le dossier sécurité avec l’appui des forces onusiennes afin de restaurer la confiance entre les centrafricains et organiser le secteur informel pour créer une classe dynamique des commerçants centrafricains en améliorant le climat d’affaires. Des secteurs  tels que le tourisme et la culture doivent faire partie des priorités du gouvernement pour faciliter l’entrée des devises en donnant gratuitement les visas, investir pour financer la construction d’infrastructures hôtelières et culturelles, routières en tenant compte de la réalité du pays, envisager des grands chantiers comme celui des chemins de fer qui, par son manque, a enclavé davantage la République centrafricaine alors que presque tous les pays de la sous-région d’Afrique centrale en disposent à part le Centrafrique et le Tchad qui venait d’être compté parmi les pays producteurs de pétrole d’Afrique.
Comme je l’ai suggéré pour l’intérêt de la nation d’abord, le futur locataire du palais de la Renaissance ne doit que être un rassembleur comme Barthélemy BOGANDA, penser centrafricain comme BOGANDA le président fondateur de la République et le faire étudier au peuple centrafricain comme on étudie les autres présidents fondateurs des autres pays africains dans leurs pays respectifs. C’est l’histoire du pays et nul ne peut aller à l’encontre. Le chanceux futur locataire du palais de la Renaissance doit s’engager à travailler convenablement pour la nation et non pour son ethnie ou son clan comme on a connu, ni pour sa famille politique ou partisane. Le nouveau président de la République doit bannir la vieille méthode politique et associer les cadres des autres partis politiques qui ont perdu les élections afin de reconstruire un Centrafrique fort et démocratique, un Etat de droit digne de ce nom et exemplaire au centre de l’Afrique, avant d’envisager, avec ses pairs du continent, baliser le chemin pour une Afrique forte et compétitive sur les plans économique et culturel, puisqu’en Europe, le continent noir est encore perçu sous l’angle des stéréotypes et des préjugés. Accepter alors la démocratie, c’est faire montre d’un exemple de démocrate à suivre par les jeunes générations.
Bangui, Pierre INZA Pour CNC

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