Centrafrique : quand les soldats FACA sont désormais traités comme des mercenaires par les mercenaires de Wagner

Publié le 21 décembre 2021 , 7:18
Mis à jour le: 21 décembre 2021 4:37

Bangui, 22 décembre 2021 (Corbeaunews – Centrafrique ) – Si l’Union européenne avait dénoncé la reprise en main de l’armée centrafricaine par les mercenaires  russes, dont les employés de la société militaire privée Wagner, celle-ci, en réalité, est plus alarmante que prévu. Ce n’est plus une affaire d’un bataillon formé par la mission européenne de formation  qui est passé aux mains de Wagner, mais c’est plutôt l’ensemble des éléments de l’armée nationale centrafricaine dans sa totalité, y compris l’état-major. Un fait dénoncé par certains officiers supérieurs des FACA, mais leur colère reste inaudible.

 

les nouveaux soldats lors de leur sortie à Bouar au nord-ouest cnc 2
Les nouveaux soldats formés par les instructeurs européens à Bouar, au nord-ouest de la RCA. Photo CNC

D’après ces officiers FACA, le nombre actuel des bataillons de l’armée nationale passe de 7 à 11, avec le douzième en cours de création. Selon eux, ces bataillons créés par les mercenaires de Wagner dans l’anarchie totale ne sont pas encore officiellement reconnus par l’État centrafricain par un décret présidentiel.

« Toutes les trois semaines, ils créent un nouveau bataillon. On ne sait pas où ils ramassent ces jeunes, sans enquêtes de moralité pour venir les former au camp Kassaï ou à Bérengo pour au trop trois semaines. Et à l’issue de leur formation, ils leur créent un bataillon auquel ils désignent un officier sans l’avis de l’état-major pour le diriger.  Là, c’est de l’anarchie », s’indigne un officier général de l’armée nationale qui pointe du doigt l’irresponsabilité du chef de l’État actuel. D’après cet officier, tous ces bataillons, créés sans règles de l’art, sont traités comme une milice, pour ne pas dire des mercenaires  par le groupe Wagner.

 

Des soldats traités comme des troupeaux

Selon nos informations recueilliesauprès de certainsofficiers, et confirmés par les soldats eux – même, une semaine après leur formation au camp Kassaï, ils sont déployés dans les villes de province comme des moutons.

« Quelques jours après la fin de notre formation au camp Kassaï, nos chefs nous ont rappelé de revenir en urgence à la base pour une mission. À notre arrivée, les mercenaires russes nous ont distribué chacun un chargeur avec une arme. Par la suite, ils nous embarqués, entassés derrière leurs camions à eux et conduits par eux-même avec leurs produits de ravitaillement. Mais avant de partir,  ces Russes ont mis des bâches sur nous à tel point que personne ne savait où l’on se retrouvait à chaque arrêt et où l’on s’en allait. Nous étions totalement à leur disposition », déclarent ces soldats FACA interrogés par CNC.

D’après ces soldats, c’est tard dans la nuit qu’ils ont quitté Bangui en cortège unique. C’est en arrivant à koui que les Russes les avaient libéré sous les bâches, et commençaient à les descendre. Trente éléments tel village, cinquante dans tel autre village ainsi de suite et surtout dans des villages reculés et non couverts par des réseaux téléphoniques.

 » Ils nous ont dispatché de la même manière que leurs chefs les ont fait venir en Centrafrique et les ont déployé dans nos villes de province » a fait savoir un sous-officier.

Sans aucun gradé parmis eux comme chef et sans hiérarchie aucune,  ces nouveaux soldats ne savaient qoui faire. « Ils étaient livrés aux mains des ennemis », dénoncent les officiers.

« Les Russes ont exactement reproduit ce qu’on leur avait fait à leur arrivée à Bangui, mais oublient très vite que ce sont des soldats de l’armée nationale d’un pays. Il y’a des règles, de hiérarchies à respecter. Mais eux, ils s’en foutent royalement », ajoute un capitaine des FACA sous réserve de son anonymat.

Rappelons que les 74 soldats FACA déployés dans les mêmes conditions à Mbéréwock il y a quelques jours ont tous déserté le village après le premier coup de canon des rebelles de 3R le 28 novembre dernier.

 

Par Anselme Mbata

Journaliste rédacteur

Alain Nzilo

Directeur de publications

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