CENTRAFRIQUE : L’IMPASSE SÉCURITAIRE, POLITIQUE ET DIPLOMATIQUE ACTUELLE N’EST-ELLE PAS PARADOXALE AU PROCESSUS DE RÉSOLUTION DE LA CRISE ?

Publié le 8 janvier 2022 , 8:02
Mis à jour le: 8 janvier 2022 8:02

 

Bangui, 8 janvier 2022 (Corbeaunews – Centrafrique ) – Le bilan mitigé du premier quinquennat avec des objectifs non atteints ne laisse aucune chance, d’excuse ni d’exonération au locataire du palais de la renaissance qui vient de surcroît de bénéficier d’une nouvelle confiance du peuple pour un second mandat. Les différents mensonges du pouvoir au peuple conjugués à l’inexistence notoire de l’opposition et face à un peuple docile ou facilement domptable ont conduit le pays dans une impasse irréversible, irrémédiable synonyme de chaos.

Bernard Selembi Doudou
Bernard SELEMBY DOUDOU, auteur de l’article. Photo courtoisie

 

Sur le plan sécuritaire, les mercenaires de Wagner(que le pouvoir appelle sous le vocable d’alliés) appuyés par le contingent rwandais de la mission onusienne ont reconquis la quasi-totalité du territoire national jadis occupé par les groupes armés. Ainsi s’installe un semblant de paix exclusivement dans la capitale et sa périphérie. Au demeurant, des rapports croisés des experts de l’ONU et d’autres organisations non gouvernementales ont confirmé des exactions et violation des droits humains sur la population civile ainsi que certains éléments des forces armées centrafricaines.

S’agissant du volet politique, la notion de la démocratie à la centrafricaine est à redéfinir car l’assemblée nationale, symbole de la démocratie centrafricaine qui devrait contrôler de façon cartésienne les agissements du gouvernement s’est érigée en berceau d’un réseau mafieux à la solde du pouvoir.

Le dialogue politique républicain initié par le président de la république est à l’arrêt voire à l’abandon car les représentants de l’opposition démocratique jugeant  la machine judiciaire instrumentalisée contre eux se sont retirés du comité préparatoire avec des conditions d’un éventuel retour assimilables à une fuite en avant. Outre les multiples grèves qui se profilent au niveau social nonobstant la revalorisation du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG), la rubrique diplomatique a essuyé des innombrables revers du pouvoir face aux initiatives ou tentatives de réconciliation de la communauté de San’t Edigio, de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL).

Recroquevillée sur lui même après son isolement international, la République centrafricaine devra faire face à ses obligations régaliennes sans l’aide budgétaire traditionnelle de la France ainsi que celle de l’Union Européenne. Il apparaît évident de rappeler que le budget prévisionnel est principalement et majoritairement alimenté par des ressources fiscalo-douanières.

Très inquiété par cet accablant constat, le citoyen lambda s’interroge :

Ce constat amer ne craquelle ou ne fissure t-il pas la confiance ou le contrat social qui lie le président de la république et son peuple ?

Valait-il la peine de s’entêter dans l’impasse au risque d’hypothéquer l’avenir de toute une nation ?

Pourquoi le président de la république s’entête à refuser le dialogue politique inclusif qui a fait ses preuves dans les différents conflits de ce genre ?

Se contenter de l’impasse en connaissance de cause n’est-elle pas en violation du serment prévue par les dispositions de l’article 124 de la constitution ?

En tout état de cause, la clé de toute paix reste et demeure un dialogue politique inclusif avec tous les acteurs de la crise. À défaut, l’usure politique sous l’effet de l’érosion présage que le nouveau quinquennat risque de finir au même rythme et cadence que le premier…Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi.

 

Paris le 8 janvier 2022.

Bernard SELEMBY DOUDOU.

Juriste, Administrateur des élections.

Tel : 0666830062.

 

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