L’ÉVALUATION SYNOPTIQUE À MI-PARCOURS DE LA PREMIÈRE SEMAINE DE CAMPAGNE ÉLECTORALE.

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
En conformité aux exigences du code électoral centrafricain, la campagne électorale pour les quatre scrutins groupés était lancée le samedi 13 décembre 2025 à minuit.
Par définition, la campagne électorale qui dure généralement deux semaines est l’ensemble des opérations de propagande où les candidats et leurs directions nationales de campagne multiplient des discours, des programmes, des idéologies, des projets de société pour séduire ou convaincre la population afin de négocier son suffrage.
Au lieu d’attendre la fin légale de la campagne électorale pour tirer les leçons et enseignements, nous avons jugé utile compte tenu du déséquilibre apparent entre les candidats sur les plans financiers, logistiques et médiatiques qui nous privent au passage de véritables enjeux electoraux, de faire une évaluation synoptique à mi-parcours qui sera projetée de façon exponentielle sur l’ensemble des opérations de charme.
Il apparaît important de rappeler qu’il y’a sept candidatures validées par le conseil constitutionnel dont les quatre autres sont des “candidats écrans” du pouvoir et loin des radars.
Le pouvoir de Bangui utilise des colossaux moyens de l’État et privent les deux principaux challengers de stades, d’aires publics pour les meeting, de la distribution du carburant, des médias et même des avions pour installer un pont aérien avec les zones rurales.
Au niveau des messages de campagne, les trois principaux candidats promettent presque les même thématiques en dehors du président de l’URCA qui s’est démarqué par une promesse plausible de la gratuité de cartes d’identité sans se déplacer de son village.
Certaines promesses non chiffrées et sans clarification de mode de financement ressemblent à celles des Élections précédentes mais que le “remake” par les candidats ne dérange personne.
Au chapitre de regret, nous déplorons le manque de débats contradictoires entre les 3 principaux candidats pour faciliter le choix des électeurs qui n’ont que deux semaines pour comparer les programmes politiques.
Il faut noter que la campagne électorale a commencé dans un environnement de tensions politiques, de fragilité sécuritaire et institutionnelle.
Le panier de la ménagère etant vide et les groupes armés continuent de sévir.
Ce climat morose est la conséquence de la volonté du président de la République à confisquer le pouvoir de l’État en violant le serment et en imposant une nouvelle loi fondamentale aux forceps.
Cet état de fait justifie le boycott de tous les scrutins par l’opposition démocratique.
Il faut aussi signaler que lors du déroulement de la campagne électorale, on a relevé des cas de violences, des injures, des intimidations voire de la mort d’un jeune par électrocution car fantastique du pouvoir, il voulait enlever l’affiche d’un candidat challenger.
Les déplacements du président de la République étaient beaucoup plus visibles que les autres car les médias publics voire privés lui sont acquis et les autres se débrouillent avec les moyens de bords.
En ce qui concerne la participation citoyenne, peu se sont mobilisées.
Cette réticence est la résultante du mot d’ordre de boycott de l’opposition démocratique et surtout du climat d’insécurité.
L’on voit sans microscope que la popularité du président de la République est mécanique et varie en fonction des sommes d’argent proposées pour assister aux événements.
L’absence de neutralité, d’independance des institutions républicaines est criarde au rang desquelles la police, la gendarmerie, les juges, de l’organe de gestion des opérations électorales et même des membres du gouvernement à l’instar de celui de l’administration du territoire qui s’oppose au changement de la directrice du centre de traitement des données de l’ANE démissionnaire suite à de sévère soupçon de fraude électorale…bref l’État est confondu avec le parti au pouvoir.
Au delà de cette évaluation à mi-parcours, le pouvoir de Bangui est convaincu et sans réserve de sa victoire au premier tour en évoquant même le pourcentage. Cela peut être considéré comme un discours mobilisateur de campagne mais peut aussi s’ériger en prémices de conflits post-electoraux.
Si tous les candidats réclament des victoires au premier tour, l’organe chargé de gestion des opérations électorales aura perdu son sens d’existence et chacun valide sa victoire.
Au regard de ce constat à mi-parcours le citoyen lambda s’interroge :
1- L’Autorité Nationale des Élections est-elle apte à relever le pari des quatre scrutins ?
2- Pendant que nous y sommes, en dehors des trois principaux candidats connus de tous, où sont les quatre autres candidats aux présidentielles ?
3- Oú sont casés les candidats des trois autres scrutins en lice ?
4- Pourquoi la campagne électorale n’est-elle pas équitable ?
5- En l’absence de campagne de sensibilisation ou de tutoriel, les électeurs seront-ils aptes à comprendre, comparer les programmes et surtout à gerer efficacement plusieurs bulletins de vote ?
En tout état de cause, le seul et unique enjeu primordial de cette élection reste la participation, l’adhésion du peuple.
À contrario, l’abstention qui est une forme de grève civique sera le baromètre de crédibilité.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré et meurtri dans son âme qui ne parle pas…
Attention Monsieur le Président, la peur corollaire de l’indifférence et de l’inaction du peuple vous donne l’impression que vos errements sont légitimes et légaux.
Les chants des sirènes rythmés par les cadences des fanfares, le culte de personnalité, la danse endiablée, satirique ou ridicule et le piétinement du tapis rouge logoté de l’emblème national ne vous placeront jamais au dessus de la République.
Un penseur disait que le pouvoir de l’État n’est pas un héritage familial mais au contraire une responsabilité limitée dans le temps alors n’attendez pas que le peuple dépositaire de la souveraineté vous chasse pour comprendre que c’est le moment de partir car l’amour d’antan risque de se transformer en méchante haine…
Attention Monsieur le tyran, nous avons le flair et l’aptitude de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.
Monsieur le tyran, si vous semez de l’injustice en temps de paix, vous moissonnerez très certainement le désordre, le mécontentement, la frustration corollaire de troubles.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent.
Pour finir, nous exhortons tous les résistants, les démocrates du monde entier à avoir une pensée patriotique pour des leaders incarcérés injustement pour des causes justes et nobles plus particulièrement le Docteur Dominique Désiré ERENON qui a été arrêté à sa descente d’avion en provenance de Paris.
À ce jour c’est-à-dire plus de deux mois de détention, il est entendu plusieurs fois dans le cadre d’une atteinte à la sûreté intérieure de l’État sans réelle preuve mais placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Ngaragba pour huit chefs d’accusation fallacieux et mécaniquement inventés.
Nous partageons la douleur de sa famille politique et biologique.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Limassa le 20 Decembre 2025
Bernard SELEMBY DOUDOU.
Juriste, Environnementaliste.
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