le MECA exige la fin du chaos du régime de Touadéra
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Le Mouvement pour l’Émergence du Centrafrique (MECA) a pris la parole ce 25 mars 2025 pour condamner fermement le régime de Touadéra, pointant du doigt son incapacité à garantir la sécurité et à répondre aux besoins criants du peuple.
Le Mouvement pour l’Émergence du Centrafrique (MECA), dirigé par Achgar Nouradine Ramat, publie un communiqué cinglant, condamnant la gestion du pays par le président Faustin Archange Touadéra et appelant le peuple à reprendre son destin en main.
Dans ce document, le MECA se présente comme « un mouvement patriotique et révolutionnaire œuvrant dans l’intérêt du peuple centrafricain, pour la protection de notre mère patrie, notre peuple tout entier sans exception avec ses biens ainsi que ses ressources ». Il exprime une indignation profonde face à la situation actuelle : « Le Mouvement pour l’Émergence du Centrafrique par ma voix vient par la présente condamner avec rigueur les multiples crimes commis contre le peuple centrafricain et par la même occasion dénoncer avec indignation l’incapacité des autorités centrafricaines dirigées par Monsieur Faustin Archange Touadera pour leur manque d’assurer la sécurité du peuple centrafricain et de ses biens ».
Le mouvement reproche au gouvernement une série de manquements graves. Parmi les points soulevés, on retrouve « l’insécurité accrue sur toute l’étendue du territoire national » et « l’absence des besoins de base nécessaires pour le bien-être du peuple centrafricain », tels que l’autosuffisance alimentaire, l’eau potable, les hôpitaux, l’énergie, la communication, l’éducation, les infrastructures ou encore le logement. Le texte déplore également « les multiples crimes contre le peuple centrafricain dans le passé et ceux qui sévissent encore présentement dans notre pays ».
Un autre grief majeur concerne la gestion des groupes armés. Le MECA accuse le président Touadéra de ne pas respecter la résolution 2149 des Nations Unies du 10 avril 2014, qui exige le désarmement des milices : « Le refus du gouvernement de désarmer les multiples groupes armés conformément à la résolution des Nations Unies 2149 du 10 Avril 2014. Au contraire, M. Touadera a transformé une partie des forces armées centrafricaines en un groupe de milice appelé les requins et ce dernier pour protéger son pouvoir, signe des contrats avec les groupes rebelles au lieu de les désarmer ». Il ajoute que des forces nationales et internationales, notamment « certains membres des forces armées centrafricaines, les requins, Wagner et rwandais (M23) », sont responsables de « multiples crimes et impunités » contre la population.
Le communiqué critique également les atteintes aux libertés fondamentales : « La violation des droits de l’homme, l’absence de la liberté d’expression et de rassemblement pacifique, les arrestations arbitraires, l’injustice ». À cela s’ajoute « l’absence d’une armée nationale centrafricaine professionnelle, républicaine et pleinement opérationnelle » et « la perméabilité des frontières de la République Centrafricaine qui favorise l’entrée des groupes rebelles étrangers sur le territoire centrafricain ».
Le MECA dresse un tableau sombre des conséquences sociales : « Les situations déplorables des peuples centrafricains déplacés partout à l’intérieur du pays, plus précisément de l’arrière-pays dans la capitale Bangui, qui engendrent une saturation à Bangui et un grave exode rural, ainsi que plusieurs autres réfugiés en terre étrangère vivant dans des situations inhumaines ». Il déplore aussi « l’absence d’une feuille de route du gouvernement dans l’ensemble et plus précisément dans le domaine de la sécurité et du désarmement (DDRR) ».
Sur le plan politique, le mouvement fustige « un pouvoir dictatorial avec l’absence de la démocratie, balance des pouvoirs et la justice », ainsi qu’une « mauvaise gouvernance » marquée par « une longue durée de déficit budgétaire, déséquilibre défavorable d’import et d’export, absence d’industries, absence d’institutions fortes, une mauvaise économie ». Il accuse les autorités de « vente illicite des ressources et terres centrafricaines aux étrangers (libanais et rwandais), corruption chronique et détournement des biens de l’État, taux élevés de chômage, signatures de contrats illicites », imputant ces dérives à « la vulgarité et l’incompétence des autorités centrafricaines ».
Face à cette situation, le MECA dit « NON » à ce qu’il qualifie de « complicités de manipulation et de multiples crimes barbares contre le peuple centrafricain ». Il interpelle directement le gouvernement : « Nous prenons la communauté nationale et internationale tout entière à témoin en interpellant le gouvernement de M. Touadera à prendre ses responsabilités afin d’arrêter immédiatement les crimes en Centrafrique, en activant les forces armées centrafricaines, en assurant la sécurité de l’ensemble du peuple centrafricain et en désarmant tous les groupes rebelles armés sur le territoire centrafricain sans exception, y compris les Wagners, les requins et les Rwandais ».
En cas d’inaction, le mouvement menace d’aller plus loin : « Dans le cas contraire, nous nous trouverons dans l’obligation de demander la démission pure et simple de M. Touadera et de toute son équipe, la démission du Premier Ministre, Chef du gouvernement, et de toute son équipe, la démission du président de l’Assemblée Nationale et de toute son équipe et la dissolution de l’Assemblée Nationale ». Il propose des mesures concrètes, comme « la mise en place d’une nouvelle équipe dirigeante digne et capable de travailler dans l’intérêt du peuple centrafricain avec abnégation avec une nouvelle feuille de route raisonnable à accomplir dans un délai bien défini », ainsi que « l’exécution intégrale de la résolution des Nations Unies 2149 du 10 Avril 2014 et du DDRR sur toute l’étendue du territoire centrafricain ».
Parmi ses revendications, le MECA exige aussi « la mise en place d’une armée républicaine forte afin de protéger l’intérêt du peuple centrafricain tout entier et d’assurer l’intégrité du territoire centrafricain », « le retrait systématique des Wagners et des Rwandais (M23) », et « le rétablissement de la constitution de 2016 avant l’adoption d’une nouvelle constitution par la voie de consultation inclusive ». Il appelle également à « la mise en place d’une cour criminelle véritable travaillant en collaboration avec la Cour pénale internationale pour établir les faits et traduire en justice tous ceux qui ont commis des crimes, de près ou de loin, contre le peuple centrafricain et ses biens privés ».
Le mouvement soutient par ailleurs la marche pacifique prévue le 4 avril 2025 : « Nous condamnons fermement Mr. Touadera et ses complices qui illustrent une violation de la souveraineté de notre nation et du droit du citoyen de manifester et de s’exprimer librement et pacifiquement. À cet égard, nous soutenons la marche du 04 avril 2025 organisée par le peuple centrafricain ». Il demande aux autorités de garantir la sécurité des manifestants et invite les partenaires internationaux, dont l’ONU et le Rwanda, à privilégier la stabilité du pays plutôt que des « calculs politiciens ».
Un appel vibrant est lancé aux forces de sécurité : « À vous, nos chers frères et sœurs des Forces Armées Centrafricaines, de la Gendarmerie Nationale, de la Police Nationale tant sur le territoire centrafricain qu’à l’étranger à qui le peuple centrafricain a confié la sécurité de sa nation, de sa vie et de ses biens, écoutez les pleurs de vos frères et sœurs qui continuent à souffrir jour et nuit, rappelez-vous de votre serment que vous avez prêté sous le drapeau centrafricain, mobilisez-vous. » Le MECA assure son soutien : « Nous, du Mouvement pour l’Émergence du Centrafrique, nous nous rangeons à vos côtés en vous soutenant dans votre noble mission. »
Enfin, le texte s’adresse directement à la population : « À nos chers compatriotes Centrafricaines et Centrafricains, ne suivez pas les mauvaises directives de Mr. Touadera avec son équipe minoritaire et dictatoriale. Apprenons de l’exemple du Burkina Faso en prenant notre destin en main, ne comptons plus sur la communauté internationale pour résoudre nos problèmes, alignons-nous tous derrière notre Force Armée Centrafricaine, notre Gendarmerie Nationale et notre Police Nationale et apportons-leur tout notre soutien possible. » Il met en garde contre les violences internes et promet un engagement sans faille : « Nous vous promettons que le MECA sera toujours à vos côtés et se battra avec toute son énergie pour vous sortir des misères sous le régime dictatorial de Mr. Touadera et de ses complices. »
En réalité, le MECA somme Touadéra de respecter les droits du peuple lors de la marche du 4 avril, sous peine d’assumer ses responsabilités devant l’histoire : « Pour conclure, nous mettons en garde M. Touadera de laisser la voie libre au peuple centrafricain tout en les protégeant de manifester librement et pacifiquement, avec le respect des droits de l’homme, de la justice et de la liberté sous la couverture de notre constitution le 04 avril 2025. Dans le cas contraire, nous prendrons nos responsabilités devant l’histoire. »
Ce communiqué, signé par Achgar Nouradine Ramat, président du MECA….
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Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)

