Centrafrique : l’Assemblée nationale accusée du détournement de plus de 300 millions de francs CFA

Publié le 11 août 2021 , 8:22
Mis à jour le: 11 août 2021 8:22

 

Bangui, République centrafricaine, jeudi, 12 août 2021, 03:53:17 ( Corbeaunews-Centrafrique ). L’assemblée nationale  centrafricaine de nouveau au cœur d’un détournement présumé de plus de 300 millions de francs CFA. Cette somme représente les retenues des pensions du personnel administratif  non versées à la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) depuis plus de 10 ans.  Ce détournement présumé impacte négativement le départ à la retraite du personnel atteint par la limite d’âge. Même si une première vague de 25 personnes vient de partir à la retraite, le personnel dénonce cette mauvaise gestion et demande que la lumière soit faite.

Assemblée nationale centrafricaine…

 

L’affaire remonte à la cinquième législature en 2011. Les retenues de pension du personnel administratif relevé sur les salaires n’ont pas été versées à la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Le montant total s’élève à 319 millions de francs CFA. Des sources proches du dossier incombent la responsabilité aux anciens dignitaires et certains cadres de l’assemblée nationale. Ces derniers auraient créé des comptes fictifs pour exploiter cette somme à leurs propres fins.

En 2016, une commission d’enquête  parlementaire, dirigé par le député Stève Koba    pour faire la lumière sur cette affaire est restée sans suite.  Avec l’initiative de la sixième législature  élue en 2016, une somme de cent cinq millions a été versée  à la caisse nationale de sécurité sociale entre 2019 et 2021.  Le versement de cet argent a permis le départ à la retraite  de 24 premiers fonctionnaires.

Un moratoire a été signé entre le parlement et la CNSS pour l’apurement mensuel d’environ 10 millions de francs CFA.

Messieurs Herman Théodore Ngafidé et Clotaire DÉMBA, anciens chauffeurs  du parlement, déplorent les conditions de leur admission à la retraite.

« Moi par exemple  je n’ai pas atteint l’âge de la retraite.  Subitement le document m’est parvenu comme ça. Je peux rien faire. Mais là, la CNSS  continue à me rejeter et je ne connais pas mon sort. Pour les autres oui ».

« L’assemblée m’a mis à la retraite à l’âge de 58 ans.  Et arrivée là – bas à la CNSS, ils nous ont renvoyé pour dire que c’est l’assemblée qui devrait nous prendre  en charge, pourtant l’assemblée a versé notre argent à l’office,  mais on ne sait pas ce qi est arrivé qu’on nous traite comme ça ».

Où sont partis les 319 millions de francs CFA? À qui incombe la responsabilité de ce détournement présumé  ? Il est difficile au stade actuel de répondre avec exactitude  à ces questions. Mais d’ores et déjà, la cour de compte et la haute autorité chargée de la bonne gouvernance  avaient produit respectivement des rapports sur cette affaire en  2017. De nos jours, ces rapports sont resté lettre morte.

Bernard Dillah,  deuxième vice-Président de l’assemblée  annonce un audit.

« Quand il n’y a pas d’audit, nous ne pouvons pas identifier  les responsables à qui incombe cette responsabilité.  Il faut qu’il y’ait d’abord cet audit.  Mais nous, ce que nous avons fait, par souci pour le personnel  qui doit faire valoir  son droit à la retraite, l’assemblée nationale a essayé de trouver un compromis dans un entretien direct avec le personnel de la CNSS ».

Depuis la création de l’assemblée nationale, son personnel administratif n’a pas de numéro de matricule. Cette situation pose un problème  de prise en charge  par la fonction publique.

 

  1. Y. Ibrahim avec la radio Ndékèluka

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Alain Nzilo

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