Centrafrique : la ville de Boda  paralysée par un manque cruel d’eau potable

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Centrafrique : la ville de Boda  paralysée par un manque cruel d’eau potable

Centrafrique : la ville de Boda  paralysée par un manque cruel d’eau potable
Dans un quartier de la ville de Boda, chef-lieu de la sous-préfecture de la Lobaye. Photo CNC

 

Rédigé le 07 mars 2026 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Aimé Barthélémy Pilapédé, maire de Boda, a abordé lors d’une interview accordée à la radio Ndèkè -Luka la grave pénurie d’eau potable qui frappe sa ville et provoque des maladies diarrhéiques. Ses déclarations confirment une situation sanitaire inquiétante sans solution à court terme.

 

Interrogé sur le problème d’accès à l’eau potable, le maire répond : “Vous savez que la population s’accroît de jour en jour. Donc notre nombre continue d’accroître. Nous avons des besoins en eau, donc nous lançons un appel aux ONG qui peuvent nous aider de venir vraiment aider la population de Boda parce qu’il y a tellement de besoins”.

 

Cette réponse commence par constater l’évidence,  la population augmente,  avant de conclure par un appel aux ONG. Entre les deux, aucune mention d’actions concrètes entreprises par la mairie pour résoudre le problème.

 

Le maire explique l’augmentation démographique : “Surtout après ces événements, nous avons reçu la présence de beaucoup de gens qui ont fui les conflits et qui se sont résidés à Boda. Donc notre nombre continue d’accroître”.

 

L’afflux de personnes déplacées fuyant les violences dans d’autres régions a effectivement augmenté la pression sur les ressources hydriques limitées de Boda. Mais cette explication ne change rien au problème : les habitants n’ont pas accès à l’eau potable et tombent malades.

 

Sur les actions menées par la mairie, la réponse est éclairante : “Nous, on continue d’éclairer, on continue de plaider au gouvernement et aux ONG. C’est ce que nous avons à faire”.

 

“Éclairer” la population et “plaider” auprès du gouvernement et des ONG – voilà l’étendue de l’action municipale face à une crise sanitaire qui provoque des maladies diarrhéiques. Aucune mention de forages en cours, de réhabilitation de puits existants, de distribution d’eau en urgence, de kits de purification.

 

Cette impuissance avouée du maire témoigne de la situation réelle des communes centrafricaines : des structures administratives sans moyens, qui se contentent de lancer des appels à l’aide en attendant que quelqu’un vienne résoudre les problèmes.

 

La pénurie d’eau potable à Boda n’est pas une catastrophe naturelle soudaine. C’est le résultat d’années de négligence des infrastructures hydrauliques, d’absence d’investissement dans les forages et les systèmes de distribution, et d’incapacité à maintenir les équipements existants.

 

Les maladies diarrhéiques mentionnées par le maire constituent une conséquence directe de la consommation d’eau non potable. Ces maladies touchent particulièrement les enfants et peuvent être mortelles sans traitement approprié. Dans une ville où l’hôpital manque probablement de médicaments, cette situation sanitaire devient rapidement dramatique.

 

L’augmentation démographique due aux déplacements de populations aggrave un problème préexistant. Boda manquait déjà d’eau potable avant l’arrivée des personnes déplacées. Leur présence a simplement rendu la situation plus visible et plus urgente.

 

Le maire ne mentionne aucune infrastructure hydraulique fonctionnelle à Boda. Cette absence suggère que la ville dépend probablement de puits traditionnels souvent contaminés, de sources naturelles éloignées, ou de rivières dont l’eau nécessite un traitement avant consommation.

 

L’appel répété aux ONG témoigne de la dépendance totale de Boda à l’aide extérieure. La mairie ne peut rien faire seule et attend passivement qu’une organisation humanitaire vienne installer des forages ou des systèmes de purification.

 

Cette passivité des autorités locales face à un problème sanitaire urgent pose des questions. Au-delà des appels lancés, qu’est-ce que la mairie fait concrètement au quotidien ? Existe-t-il un plan d’urgence ? Des distributions d’eau organisées ? Des points de traitement temporaires ?

 

Les réponses du maire suggèrent que non. La commune se contente de constater le problème et de demander de l’aide sans développer de solutions locales même temporaires.

 

Cette situation de Boda se répète dans des dizaines d’autres villes centrafricaines où l’accès à l’eau potable reste un défi majeur. Pendant que le gouvernement annonce des projets de cités futuristes, des populations entières n’ont pas accès à l’eau potable et tombent malades à cause de l’eau contaminée qu’elles sont contraintes de boire.

 

Les maladies diarrhéiques causées par le manque d’eau potable tuent probablement plus de Centrafricains chaque année que tous les conflits armés réunis. Mais cette mortalité silencieuse n’intéresse personne à Bangui où les priorités budgétaires vont ailleurs.

 

Les habitants de Boda continueront donc de boire de l’eau contaminée en attendant qu’une ONG vienne peut-être installer quelques forages. Le maire continuera de “plaider” et d’“éclairer” sans rien faire de concret. Et les maladies diarrhéiques continueront de frapper, particulièrement les plus vulnérables.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

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