
La Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique (COSCIPAC) a publié, le 6 novembre 2026, un communiqué de mise au point adressé à Gbavini Ondimba. Elle conteste ses prises de position contre les journées de mobilisation prévues en novembre et défend le droit des Centrafricains à exprimer pacifiquement leur mécontentement.
Dans ce document signé à Bangui, la COSCIPAC répond directement à Gbavini Ondimba, présenté comme chargé de mobilisation et membre de son bureau, qui n’aurait pas encore officiellement déposé sa lettre de démission. L’organisation lui reproche notamment de chercher à dissuader les jeunes Centrafricains de participer aux journées de mobilisation des 9, 13, 16 et 18 novembre 2026, organisées par la coordination et d’autres forces vives de la Nation.

La coordination remet également en cause le parcours politique de son ancien membre. Elle rappelle ses différents engagements au sein du MLJC, du KNK de François Bozizé, du FODEM de Charles Massi, du PNCN de Cyriaque Gonda, du RPR d’Alexandre-Ferdinand Nguendet, puis de l’URCA d’Anicet-Georges Dologuélé en 2016, avant son rapprochement avec le Mouvement cœurs unis (MCU), le parti au pouvoir.
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Pour la COSCIPAC, ces changements successifs de formations politiques interrogent la cohérence de ses engagements. Elle lui demande de préciser s’il défend des convictions politiques ou s’il rejoint les partis en fonction de ses intérêts personnels.
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La jeunesse au cœur du désaccord
Au-delà du parcours politique de Gbavini Ondimba, le communiqué porte principalement sur la participation des jeunes aux prochaines journées de mobilisation. La COSCIPAC dénonce ce qu’elle considère comme un traitement différent des manifestations selon qu’elles soutiennent le pouvoir ou expriment des critiques à son encontre.
L’organisation estime que les jeunes qui participent aux rassemblements en faveur du MCU sont considérés comme patriotes et responsables, tandis que ceux qui manifestent pour dénoncer la vie chère, les arrestations arbitraires et les difficultés de la population sont présentés comme des personnes manipulées et irresponsables.
Elle rappelle que les jeunes Centrafricains disposent des mêmes droits, qu’ils soutiennent le pouvoir ou qu’ils expriment leur opposition à sa politique.
Dix années de gouvernance du MCU critiquées
La COSCIPAC interpelle également Gbavini Ondimba sur le bilan des dix années de gouvernance du président Faustin-Archange Touadéra et du MCU. Elle cite notamment la hausse du coût de la vie, l’augmentation des prix du carburant, la multiplication des taxes et des impôts, le chômage, les difficultés d’accès aux soins médicaux, l’insuffisance des services publics et la persistance de l’insécurité.
La coordination reproche à son interlocuteur de chercher des responsables au sein de l’opposition et de la société civile plutôt que de demander des comptes à sa propre famille politique.
Elle évoque aussi des pratiques de mobilisation politique au sein du MCU, affirmant que certains jeunes recevraient des encouragements financiers pour participer aux manifestations favorables au pouvoir. Elle dénonce une contradiction dans le traitement réservé à ces mêmes jeunes lorsqu’ils réclament leurs droits ou expriment leur mécontentement.
La Radio Centrafrique également interpellée
Le communiqué aborde par ailleurs la question de l’accès aux médias publics et des conditions d’organisation des manifestations politiques. La COSCIPAC dénonce les interdictions ou les empêchements qui toucheraient régulièrement les activités de l’opposition, alors que les rassemblements favorables au MCU et au pouvoir bénéficieraient de conditions plus favorables.
Elle s’interroge notamment sur le rôle de Radio Centrafrique, rappelant que ce média national appartient à l’ensemble des Centrafricains et non à une formation politique.
Dans son adresse à Gbavini Ondimba, la coordination lui demande de faire preuve de retenue et de respecter les opinions divergentes. Elle affirme que son engagement porte sur la défense des libertés publiques, de la justice sociale et des intérêts de la population centrafricaine.
La COSCIPAC précise que son initiative ne vise ni la violence ni le désordre. Elle défend une mobilisation pacifique et le droit des citoyens à faire entendre leurs revendications.
Dans les dernières lignes de son communiqué, l’organisation affirme qu’aucun parti politique n’est éternel, qu’aucun régime n’est propriétaire de la République et qu’aucun responsable politique ne peut confisquer la voix du peuple. Elle maintient ainsi son soutien aux journées de mobilisation annoncées pour les 9, 13, 16 et 18 novembre 2026.
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