Centrafrique: Défis et opportunités sur la décision du Processus de Kimberley

Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Ce 15 novembre, à Dubaï, se tient un comité concernant la possible levée des restrictions au sujet des diamants centrafricains. Cette décision s’inscrit dans le cadre du Processus de Kimberley qui réglemente l’exportation des diamants bruts dans le monde.
Rappel historique : les chiffres à l’appui sur l’exploitation des diamants
La Centrafrique est un producteur de diamants et ses gisements sont connus depuis plus d’un siècle. Il existe deux zones principales d’extraction du minerais, l’une située dans la région frontalière avec le Cameroun (berberati et carnot) et l’autre région de production se trouve à l’est du pays, dans la province de Bria.
Les chiffres officiels n’ont jamais reflété la réalité de la production. Toutefois certains rapports avancent des chiffres crédibles générant un revenu pouvant s’élever à 324,3 millions de FCFA.
Cette activité du précieux minerais centrafricain est appréciée des connaisseurs par sa qualité de joaillerie reconnue mondialement. Le diamant centrafricain est un trésor minéral qui est aussi convoité par une multitude de profiteurs qui souvent cèdent aux charmes slaves.
Au milieu du guet des gisements de diamants alluvionnaires
L’impact des sanctions a été sévère en 2011 et 2017. Malgré cela, Bangui espère beaucoup dans la levée des restrictions. Les défis sont nombreux et les opportunités aussi !Il faut tourner la page et se tourner vers l’avenir. Bangui met en avant les progrès réalisés dans le domaine de la sécurité ainsi que le respect des critères du Processus de Kimberley.
Faisant écho à une récente visite éclaire du FMI (Fond Monétaire International) en septembre de cette année, l’optimisme peut être au rendez vous car le compte rendu de cette délégation souligne certains progrès dans le maintien de la paix et de la stabilité.
Mais, il ne faut pas minimiser les diamants conflictuels ou diamants du sang. La contrebande profite surtout aux mercenaires de Wagner. Les paramilitaires voient en ces diamants une opportunité unique de s’enrichir, quitte à faire des victimes innocentes. Pour ce faire, Wagner a su créer des entreprises locales pour servir de façade en vue de voler et d’exporter les ressources naturelles.
Un espoir permis ?
L’espoir pour la Centrafrique est de retrouver ses droits d’exportation de diamants dont elle a été privée suite aux crises politico-militaires de 2013 et l’arrivée de Wagner dans le pays. La décision du Processus de Kimberley quant à la levée des restrictions peut se résumer ainsi avec ce proverbe qui reflète bien l’état d’esprit du pays : « Quelle que soit la durée de la nuit, le soleil apparaîtra ! »
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![Danse des vampires ou protection réelle ? Le ministre du Commerce parle de labo et de normes pendant que les jeunes tombent sur les routes avec les sachets d’alcool frelaté Danse des vampires ou protection réelle ? Le ministre du Commerce parle de labo et de normes pendant que les jeunes tombent sur les routes avec les sachets d’alcool frelaté* Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Pendant que le monde entier marque la Journée mondiale des droits des consommateurs ce 15 mars sous le thème « Des produits sûrs, des consommateurs confiants », la Centrafrique a vécu une célébration presque invisible. Aucune activité officielle n’a été organisée sur le terrain. Seul le ministre du Commerce et de l’Industrie, Maître Thierry Patrick Akoloza, a sorti un discours pour rappeler que l’État veut protéger les citoyens contre les produits de mauvaise qualité. Le ministre a listé une série de bonnes intentions : renforcer les textes de loi, améliorer le contrôle des marchandises qui arrivent sur le marché, trouver de l’argent pour construire enfin un laboratoire de référence, créer le Bureau centrafricain de normes, lutter contre les pratiques commerciales déloyales, promouvoir la métrologie légale pour que les balances et les mesures soient justes, et garder le contact avec les associations de consommateurs. Il a aussi demandé aux Centrafricains de rester vigilants, de connaître leurs droits et de porter plainte quand quelque chose ne va pas. Jusque-là, on pourrait applaudir. Sauf que sur le terrain, le quotidien raconte une autre histoire. Chez nous, on produit très peu de choses transformées. La plupart des biens de consommation courante viennent de l’extérieur, et personne ne peut vraiment vérifier leur qualité. Pas de laboratoire fiable, pas de contrôles systématiques aux frontières, pas de résultats publics. On nous parle de « normes » et de « réglementation », mais les étals et les boutiques regorgent de produits dont on ignore tout : date de péremption douteuse, composition cachée, emballages abîmés. Et le cas le plus criant reste celui de l’alcool frelaté produit sur place par Wagner. Au PK 26, sur la route de Boali, une usine tourne à plein régime. Elle appartient au groupe Wagner et fabrique localement la marque Africa Ti L’Or. Officiellement présentée comme une bière, cette boisson est en réalité un mélange de vodka, d’eau et de citron, souvent coupé avec des substances douteuses. La même structure produit aussi des petits sachets d’alcool frelaté, vendus à 100, 150 ou 200 francs CFA – avec des degrés qui montent parfois à 40, 80, voire 120 %. Ces pochettes plastiques inondent les rues, les marchés et les bars de Bangui et de l’intérieur du pays. Le gouvernement a pourtant pris un arrêté qui interdit formellement la production, l’importation et la vente de ces alcools en sachet, jugés dangereux pour la santé. Mais dans les faits, les services de l’État préfèrent s’attaquer aux cargaisons venues du Cameroun ou du Nigeria, pendant que la production locale de Wagner continue sans aucun contrôle indépendant. Personne ne peut entrer dans cette usine pour vérifier la qualité, les ingrédients ou le degré réel d’alcool. Résultat : les jeunes consomment massivement ces mixtures, les accidents de la route se multiplient, les cas d’empoisonnement et de dépendance explosent, et les autorités ferment les yeux. Ce n’est pas tout. Dans les magasins tenus par certains commerçants libanais, on trouve régulièrement du poisson avarié, de la viande pourrie ou du poulet impropre à la consommation. Ces produits sont récupérés, reconditionnés et remis en vente. Les agents censés faire les contrôles passent souvent leur chemin : les bakchichs font leur effet. L’État dit manquer de moyens pour vérifier quoi que ce soit, mais il semble en trouver quand il s’agit de protéger certains intérêts. Les consommateurs centrafricains ne demandent pas des promesses supplémentaires. Ils veulent du concret : des contrôles réels aux points d’entrée et dans les usines installées sur le territoire, un laboratoire qui fonctionne vraiment, des sanctions contre ceux qui inondent le pays avec des produits dangereux, et surtout la fin de cette tolérance à sens unique sur les sachets d’alcool frelaté produits localement. Tant que ces petites pochettes continueront à circuler librement, que les étals resteront remplis de marchandises pourries ou non vérifiées, et que certaines usines resteront intouchables, les beaux discours du 15 mars ressembleront plus à une danse rituelle qu’à une vraie volonté de protéger le sang des Centrafricains. Le gouvernement doit passer des mots aux gestes. Sinon, cette « protection des consommateurs » restera une belle déclaration que personne ne sent dans sa vie quotidienne. Les jeunes qui tombent sur les routes après avoir bu ces mixtures, les familles qui achètent des produits douteux sans pouvoir les contrôler, méritent mieux que des listes d’intentions. Ils méritent des actes. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Thierry-Patrick-Akoloza-en-Pleine-Emission-a-la-Radio-Ndeke-Luka-218x150.jpg)

