Bokaranga sous pression : le pouvoir mobilise président, Premier ministre et ministre de la Sécurité pour tenter de faire élire un candidat rejeté par sa propre population
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
À la veille du second tour des élections législatives, municipales et régionales du 26 avril 2026, la circonscription de Bokaranga 1 a connu un déploiement politique sans précédent. Le dictateur Faustin-Archange Touadéra, le président de l’Assemblée nationale, le Premier ministre chef du gouvernement, le ministre d’État chargé de l’Éducation et le ministre de la Sécurité se sont tous rendus dans cette localité du nord-ouest du pays, officiellement pour inaugurer un bâtiment de trois salles de classe estimé à peine à 15 millions de francs CFA.
Pour Serge Gbayombo, porte-parole du président de l’URCA Anicet Georges Dologuélé, candidat à la députation en lice pour un troisième mandat à Bokaranga 1, ce déplacement ne trompe personne. « Le dictateur a prêté serment. Après ce serment, il est devenu le dirigeant de tous les Centrafricains. Pourquoi va-t-il sur le terrain prendre parti pour un autre candidat ? Le seul but, c’est de nuire à Anicet Georges Dologuélé et de l’enterrer politiquement et physiquement », a-t-il déclaré lors du débat diffusé sur Radio Ndeke Luka le 25 avril 2026.
Gbayombo est allé plus loin, chiffrant le coût politique et financier de cette opération. « Le dictateur a dépensé presque 150 millions de francs CFA en termes de déplacement. Il a annoncé 40 millions par-ci, deux millions à la jeunesse, aux femmes et autres. Il ne fait pas cela pour rien. Il sait que le candidat là-bas est rejeté par la population. On veut le propulser, tous en sachant qu’il est impopulaire », a-t-il affirmé.
Malgré ce déploiement de force institutionnelle, Anicet Georges Dologuélé a lui-même déclaré avoir été plébiscité par la population de Bokaranga, revendiquant la légitimité du terrain face à la mécanique du pouvoir. Une affirmation que le camp de l’URCA entend faire valoir urnes en main, appelant ses militants à ne pas céder à l’intimidation. « N’ayez pas peur. Allez aux élections », a lancé Gbayombo depuis le plateau de Radio Ndeke Luka.
La circonscription de Bokaranga 1 résume ainsi toutes les tensions qui caractérisent ce second tour : pression institutionnelle sur les démembrements de l’Autorité Nationale des Élections, risque d’insécurité provoquée selon l’opposition, et déficit de confiance dans la chaîne de traitement des résultats, après les graves irrégularités documentées lors du premier tour du 28 décembre 2025. Ce soir-là, Gbayombo avait averti sans détour : « Nous avons des informations que des instructions ont été données par les éléments de l’ANE sur le terrain afin de voler les élections et de donner la victoire à Isaïe Bané. »
Par Éric Azoumi
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![Les mercenaires russes du groupe Wagner en débandade à Am-Dafock face à l’offensive des rebelles centrafricains Les mercenaires russes du groupe Wagner en débandade à Am-Dafock face à l'offensive des rebelles centrafricains Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , Analysant la mise au point de la MINUSCA, Fari Tahéruka Shabazz démontre comment l'organisation onusienne confirme implicitement la déroute des mercenaires russes de Wagner à Am-Dafock. Les derniers développements militaires dans la préfecture de la Vakaga, plus précisément dans la localité frontalière d'Am-Dafock, viennent démentir de manière catégorique la communication officielle de Bangui, une réalité que Fari Tahéruka Shabazz met en évidence en s'appuyant sur les données du terrain. Alors que les canaux gouvernementaux tentaient d'attribuer l'assaut à des éléments terroristes étrangers ou à des contingents venus du Soudan et du Tchad, le rapport de la mission onusienne rétablit les faits : ce sont exclusivement des groupes armés nationaux, notamment des combattants affiliés au Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique et au Mouvement démocratique pour le rassemblement du peuple centrafricain, qui ont mené cette opération d'envergure. Cette précision factuelle de l'organisation internationale détruit la rhétorique du pouvoir qui cherche continuellement à externaliser les causes de l'instabilité intérieure. La réalité du terrain montre une offensive purement centrafricaine qui a mis en déroute les forces de l'armée nationale et leurs alliés russes. Les mercenaires du groupe Wagner, présentés depuis des mois comme le bouclier infaillible du régime, ont abandonné leurs positions ou ont été incapables de contenir la poussée des insurgés, fuyant la zone des combats et laissant la population civile sans défense. Le bilan humain communiqué par les Nations Unies apporte un autre démenti aux rumeurs propagées ces dernières heures. Contrairement aux allégations faisant état de la mort d'un casque bleu zambien, la direction de la mission précise que trois soldats de la paix ont été blessés, dont un grièvement, lors d'une patrouille de protection. De plus, la MINUSCA rectifie la nature de l'incident en précisant qu'il s'agissait de tirs dirigés vers sa base opérationnelle temporaire, et non d'une prise d'assaut de ses installations par les forces de l'opposition armée. L'aspect le plus instructif de cette mise au point réside dans l'injonction faite au gouvernement centrafricain. En exigeant explicitement de Bangui qu'il déploie tous les moyens nécessaires pour garantir la protection et l'assistance humanitaire aux populations civiles d'Am-Dafock, la communauté internationale souligne le vide sécuritaire actuel. Cette demande formelle indique clairement que l'État ne contrôle plus cette localité stratégique et que la prétendue reprise de contrôle par les forces régulières et leurs partenaires bilatéraux est une contrevérité. Enfin, l'absence totale de mention des forces de Wagner dans la déclaration officielle de la mission onusienne constitue un choix politique lourd de sens. En choisissant d'ignorer la présence ou la fuite de ces combattants privés, l'organisation refuse de leur accorder la moindre légitimité juridique ou opérationnelle. Pour l'institution internationale, la sécurité régalienne incombe uniquement à l'État centrafricain, et la déroute des forces russes n'est pas un sujet de négociation ni de pitié officielle. Bangui se retrouve ainsi renvoyé à ses propres responsabilités constitutionnelles, démuni de son argumentaire habituel et privé de l'efficacité supposée de ses protecteurs privés, alors même que la situation des populations exige des mesures d'urgence immédiates. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/07/les-rebelles-qui-patrouillent-la-ville-d-amdafok-a-60km-de-birao-218x150.webp)