Boda : pour le maire Aimé Barthélémy Pilapédé, l’opération “Kwa ti Kodro” tourne au fiasco, la population ne suit pas….
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC….
Aimé Barthélémy Pilapédé, maire de Boda, a abordé lors d’une interview accordée à la radio Ndèkè -Luka l’échec de l’opération “Kwa ti Kodro” (ville propre) lancée par décret présidentiel. Ses déclarations confirment ce que beaucoup d’observateurs constatent : cette initiative nationale ne fonctionne pas dans le pays entier, y compris dans sa ville….
Le maire Aimé Barthélémy Pilapédé commence par expliquer l’origine de l’opération : “Par rapport à ce problème d’insalubrité, le chef de l’État avait pris un décret convoquant les Centrafricains à la ville propre. Disons qu’on reçoit tous les samedis. Et nous avons appuyé ce décret par un arrêté municipal, mais le travail ne marche pas convenablement”….
Cette phrase résume tout : le gouvernement décrète, la mairie appuie, mais la population ne suit pas. Le maire Aimé Barthélémy Pilapédé admet honnêtement que “le travail ne marche pas convenablement”, formulation diplomatique pour dire que l’opération est un fiasco….
Sur les raisons de cet échec, Aimé Barthélémy Pilapédé avance une explication : “Pourquoi ? Parce qu’il y a une méconnaissance au niveau de la population”….
Cette “méconnaissance” peut signifier plusieurs choses. Soit les habitants de Boda ne comprennent pas l’intérêt de l’opération. Soit ils ne sont pas informés correctement. Soit – hypothèse plus probable – ils ne voient pas pourquoi ils devraient nettoyer gratuitement la ville tous les samedis quand ils ont déjà du mal à nourrir leurs familles….
Face à cet échec, la mairie a tenté une nouvelle approche : “Récemment nous avons mis en place un comité d’insalubrité composé de chefs de groupe et de quartier pour faire avancer les travaux. Vous voyez d’une part la ville propre et de l’autre côté, donc on est en train d’y aller lentement”….
Ce comité représente une tentative de relance de l’opération en s’appuyant sur les structures communautaires locales. Mais l’aveu que les choses avancent “lentement” confirme que même cette nouvelle approche ne donne pas les résultats espérés….
Le maire Aimé Barthélémy Pilapédé insiste sur les efforts de sensibilisation : “Dans toutes les réunions que nous faisons au niveau de la mairie, soit les sensibilisations de masse, cela ne manque jamais”….
Cette multiplication des campagnes de sensibilisation témoigne paradoxalement de leur inefficacité. Si la mairie doit constamment rappeler à la population de participer à l’opération, c’est bien que les gens ne viennent pas spontanément….
Aimé Barthélémy Pilapédé note quelques exceptions positives : “Même les commerçants, ils sont aussi impliqués. Je jette des fleurs au niveau des commerçants du marché central parce qu’ils respectent tout ce que nous disons. Donc chaque samedi, les commerçants viennent y mettre la propreté”….
Les commerçants du marché central participent effectivement aux opérations de nettoyage du samedi. Cette participation s’explique probablement par un intérêt direct : maintenir le marché propre attire les clients et facilite les affaires….
Le maire mentionne également : “Il y a aussi une association qu’on appelle Kwa ti Kodro qui vient de naître, qui prend aussi part activement à ce travail. Donc nous leur jetons des fleurs”….
Cette association récemment créée porte le même nom que l’opération gouvernementale. Sa participation active constitue un point positif, mais reste insuffisante pour compenser l’absence de mobilisation massive de la population….
Malgré ces difficultés, le maire Aimé Barthélémy Pilapédé garde un optimisme de façfaçade : “Je sais qu’au courant du mois prochain, en allant, la ville sera désherbée”….
Cet espoir contraste avec tous les constats d’échec précédents. Comment la ville pourrait-elle être désherbée le mois prochain quand le maire vient d’expliquer que l’opération ne fonctionne pas et que la population ne participe pas …?
L’échec de l’opération “Kwa ti Kodro” à Boda pose des questions sur la méthode utilisée. Décréter qu’il faut nettoyer la ville tous les samedis ne suffit pas à mobiliser les gens. Sans moyens matériels, sans compensation, sans explication claire des bénéfices, la population ne voit pas pourquoi elle devrait consacrer son samedi à nettoyer gratuitement les espaces publics….
Cette situation se répète dans de nombreuses autres villes centrafricaines où l’opération “Kwa ti Kodro” reste largement théorique. Le gouvernement décrète, les maires appuient, mais sur le terrain, rien ne change vraiment….
L’échec de cette initiative témoigne d’une approche administrative déconnectée des réalités. Résoudre le problème d’insalubrité nécessite plus que des décrets et des arrêtés. Il faut des moyens matériels – outils, gants, sacs – et surtout une implication des populations qui passe par leur adhésion volontaire plutôt que par des injonctions venues d’en haut….
À Boda, l’insalubrité continuera donc de s’aggraver pendant que la mairie organise des réunions de sensibilisation et que le gouvernement maintient son décret. Entre les intentions affichées et la réalité du terrain, le fossé reste béant….
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![Les mercenaires russes du groupe Wagner en débandade à Am-Dafock face à l’offensive des rebelles centrafricains Les mercenaires russes du groupe Wagner en débandade à Am-Dafock face à l'offensive des rebelles centrafricains Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , Analysant la mise au point de la MINUSCA, Fari Tahéruka Shabazz démontre comment l'organisation onusienne confirme implicitement la déroute des mercenaires russes de Wagner à Am-Dafock. Les derniers développements militaires dans la préfecture de la Vakaga, plus précisément dans la localité frontalière d'Am-Dafock, viennent démentir de manière catégorique la communication officielle de Bangui, une réalité que Fari Tahéruka Shabazz met en évidence en s'appuyant sur les données du terrain. Alors que les canaux gouvernementaux tentaient d'attribuer l'assaut à des éléments terroristes étrangers ou à des contingents venus du Soudan et du Tchad, le rapport de la mission onusienne rétablit les faits : ce sont exclusivement des groupes armés nationaux, notamment des combattants affiliés au Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique et au Mouvement démocratique pour le rassemblement du peuple centrafricain, qui ont mené cette opération d'envergure. Cette précision factuelle de l'organisation internationale détruit la rhétorique du pouvoir qui cherche continuellement à externaliser les causes de l'instabilité intérieure. La réalité du terrain montre une offensive purement centrafricaine qui a mis en déroute les forces de l'armée nationale et leurs alliés russes. Les mercenaires du groupe Wagner, présentés depuis des mois comme le bouclier infaillible du régime, ont abandonné leurs positions ou ont été incapables de contenir la poussée des insurgés, fuyant la zone des combats et laissant la population civile sans défense. Le bilan humain communiqué par les Nations Unies apporte un autre démenti aux rumeurs propagées ces dernières heures. Contrairement aux allégations faisant état de la mort d'un casque bleu zambien, la direction de la mission précise que trois soldats de la paix ont été blessés, dont un grièvement, lors d'une patrouille de protection. De plus, la MINUSCA rectifie la nature de l'incident en précisant qu'il s'agissait de tirs dirigés vers sa base opérationnelle temporaire, et non d'une prise d'assaut de ses installations par les forces de l'opposition armée. L'aspect le plus instructif de cette mise au point réside dans l'injonction faite au gouvernement centrafricain. En exigeant explicitement de Bangui qu'il déploie tous les moyens nécessaires pour garantir la protection et l'assistance humanitaire aux populations civiles d'Am-Dafock, la communauté internationale souligne le vide sécuritaire actuel. Cette demande formelle indique clairement que l'État ne contrôle plus cette localité stratégique et que la prétendue reprise de contrôle par les forces régulières et leurs partenaires bilatéraux est une contrevérité. Enfin, l'absence totale de mention des forces de Wagner dans la déclaration officielle de la mission onusienne constitue un choix politique lourd de sens. En choisissant d'ignorer la présence ou la fuite de ces combattants privés, l'organisation refuse de leur accorder la moindre légitimité juridique ou opérationnelle. Pour l'institution internationale, la sécurité régalienne incombe uniquement à l'État centrafricain, et la déroute des forces russes n'est pas un sujet de négociation ni de pitié officielle. Bangui se retrouve ainsi renvoyé à ses propres responsabilités constitutionnelles, démuni de son argumentaire habituel et privé de l'efficacité supposée de ses protecteurs privés, alors même que la situation des populations exige des mesures d'urgence immédiates. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/07/les-rebelles-qui-patrouillent-la-ville-d-amdafok-a-60km-de-birao-218x150.webp)