Bataille féroce entre Ernest Konguere et Modeste Mangounda dans la 2e circonscription du 5e arrondissement : quand le ministre Bruno Yapandé s’acharne à abattre Mangounda

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le scrutin du 28 décembre dernier dans le 5e arrondissement s’est transformé en véritable champ de bataille truqué. Entre Ernest Konguere, député sortant, et Modeste Mangounda, candidat indépendant, le ministre de l’Administration du territoire a choisi son camp, déployant toute sa machine administrative contre l’ancien président sous-fédéral du MCU.
Pour comprendre ce fiasco électoral, il faut remonter plusieurs mois en arrière, à l’époque où Modeste Mangounda occupait encore le poste de président sous-fédéral du MCU dans le 5e arrondissement. À ce moment-là, personne n’imaginait que le parti au pouvoir allait se déchirer de l’intérieur et que cette guerre intestine contaminerait tout le processus électoral.
C’est Ernest Konguere, le député sortant, qui a lancé les hostilités en montant un coup avec sa complice Opportune Ngbayaro, qui est également la maîtresse du ministre Bruno Yapandé. Les deux personnages ont manigancé l’éviction de Mangounda de son poste au sein du MCU, profitant de leur influence pour le destituer. Cette trahison a marqué le début d’un engrenage qui allait transformer une simple compétition électorale en règlement de comptes à grande échelle.
Privé de son poste mais pas de sa détermination, Mangounda a décidé de se présenter comme candidat indépendant aux Élections législatives. Ce choix représentait un affront direct pour le parti au pouvoir qui ne tolère guère les dissidences. Dès lors, les représailles se sont enchaînées avec une précision qui trahissait une coordination au plus haut niveau.
La première offensive est venue du ministre Bruno Yapandé lui-même durant la campagne d’enrôlement des électeurs. Sans aucune justification légale, le ministre a interdit toute sensibilisation pour l’inscription sur les listes électorales dans le secteur où Mangounda jouissait d’une forte popularité. Cette interdiction visait à réduire le nombre d’inscrits dans son fief, amputant d’avance sa réserve de voix potentielles.
Mais Mangounda n’était pas homme à se laisser intimider facilement. Il a décidé de montrer son engagement pour la population en finançant sur ses propres deniers un vaste chantier de nettoyage des caniveaux du quartier. Pendant des jours, ses équipes ont déblayé les canaux d’évacuation sur plusieurs kilomètres, jusqu’après la mairie du 5e arrondissement, enlevant les détritus, les sables agglomérés et toute la boue qui provoquait des inondations à chaque pluie.
Cette initiative s’inscrivait parfaitement dans le cadre de l’opération Kwa Ti Kodro, ce programme de salubrité urbaine lancé par le président Touadéra et censé être gratuit. Pourtant, quand Mangounda a contacté le directeur de protocole du ministère de l’Urbanisme pour qu’un camion vienne évacuer les montagnes de déchets accumulés au bord des routes, on lui a réclamé 150 000 francs CFA. Un citoyen qui prenait des initiatives pour améliorer son quartier devait donc payer pour que les services publics accomplissent leur mission.
Coincé entre l’abandon de son projet et le racket administratif, Mangounda a fini par céder et verser la somme exigée. Le résultat a été encore plus humiliant : le camion n’est venu qu’une seule fois, a ramassé une portion dérisoire des détritus et a disparu, laissant le reste sur place. Cette comédie administrative avait un objectif clair : empêcher le candidat indépendant de se construire une image d’homme d’action, de démontrer son engagement concret pour la population.
Chaque initiative de Mangounda se heurtait ainsi à des barrières invisibles mais efficaces. Les services publics, transformés en bras armé du parti au pouvoir, multipliaient les obstacles, les exigences financières, les promesses non tenues. Cette guérilla administrative préparait le terrain pour l’assaut final qui allait avoir lieu le jour du scrutin.
Justement, le 28 décembre, au bureau de vote de l’école Malo, précisément dans le fief électoral de Mangounda, des dysfonctionnements étranges ont paralysé les opérations dès l’ouverture. Les assesseurs désignés disparaissaient mystérieusement, le matériel de vote arrivait avec un retard inexplicable, les listes électorales présentaient des anomalies suspectes. Tout semblait organisé pour créer le chaos et fournir un prétexte à l’invalidation des résultats.
Derrière ce sabotage en règle, la main de Bruno Yapandé et de sa maîtresse Opportune Ngbayaro apparaissait clairement. Le ministre utilisait sa position pour déployer un arsenal de combines destinées à garantir la victoire de la candidate du MCU. En neutralisant le bureau de Malo par le désordre, il amputait Mangounda de sa principale réserve de voix et ouvrait la voie à une contestation des résultats qui permettrait d’annuler le scrutin dans cette circonscription.
Les électeurs du 5e arrondissement assistaient impuissants à cette confiscation de leur voix. Un candidat qui investissait son argent personnel pour améliorer le quartier se voyait sanctionné par ceux-là mêmes qui auraient dû encourager de telles initiatives. L’école qui devrait être un lieu neutre d’expression démocratique se transformait en champ de bataille où les règles changeaient selon qu’on appartenait ou non au sérail du pouvoir.
Ernest Konguere, le député sortant, observait tranquillement le déroulement de cette parodie. Après avoir réussi à évincer Mangounda du MCU, il voyait maintenant le système entier se mobiliser pour achever son rival définitivement. Sa complicité avec Opportune Ngbayaro et la protection du ministre Yapandé lui garantissaient une victoire sans avoir à affronter réellement son adversaire sur le terrain des idées ou des réalisations.
Cette séquence électorale concentrait toutes les dérives d’un système verrouillé où la contestation ne trouve aucun espace d’expression. Modeste Mangounda avait expérimenté successivement l’exclusion interne, les entraves administratives, l’extorsion financière et finalement la manipulation du scrutin. Quatre étapes d’un parcours d’obstacles monté avec méthode pour étouffer toute velléité d’indépendance face au parti au pouvoir et ses relais dans l’administration
Par Gisèle MOLOMA
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)