Bangui sans pompiers : un incendie ravage des commerces en plein cœur de la capitale

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Bangui sans pompiers : un incendie ravage des commerces en plein cœur de la capitale

 

 

Rédigé le 07 mars 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

À Bangui, la capitale centrafricaine, le feu ne rencontre plus aucune résistance de l’État, laissant les habitants seuls face aux flammes.

 

Ce vendredi 6 mars 2026, un incendie d’une ampleur redoutable a éclaté sur l’avenue des Martyrs, en plein cœur de Bangui, juste en face de l’église apostolique Le Chandelier. Plusieurs boutiques, garages, magasins et débits de boisson ont été engloutis par les flammes en un temps très court. Les dégâts matériels sont considérables et pourraient s’élever à plusieurs centaines de millions de francs CFA, selon les premières estimations des riverains présents sur place.

 

Ce qui rend la situation encore plus accablante, c’est l’absence totale d’intervention des sapeurs-pompiers. Plus d’une heure après le déclenchement du sinistre, aucun véhicule de secours ne s’est pointé sur les lieux. Sollicités par téléphone, les agents ont répondu qu’ils manquaient de carburant, que leurs engins étaient en panne, que les conditions n’étaient pas réunies pour intervenir. Une réponse devenue si habituelle qu’elle ne choque plus personne à Bangui.

Bangui sans pompiers : un incendie ravage des commerces en plein cœur de la capitale….
L’incendie géant survenu dans un garage sur l’avenue des Martyrs en face de l’église apostolique chandelier à Bangui

 

Face à l’inertie totale des services publics, c’est la population elle-même qui a tenté d’étouffer l’incendie avec les moyens du bord. Des seaux, des récipients remplis à la hâte, des chaînes humaines improvisées — tout cela pour contenir un brasier que des professionnels auraient pu maîtriser bien plus vite. Seule la Minusca, la mission onusienne déployée dans le pays, dispose encore d’un service de pompiers opérationnel, mais son périmètre d’action ne couvre pas les urgences civiles ordinaires.

 

La scène a été captée par des dizaines de téléphones et les vidéos ont rapidement inondé les réseaux sociaux, provoquant colère et amertume dans les commentaires. Beaucoup de Banguissois ont détourné les paroles de la chanson de la campagne présidentielle du dictateur de Bangui pour exprimer leur désarroi : là où la chanson dit Koua  goué ti lo goué ngoo, que le travail va poursuivre, les habitants disent, eux, qu’on va tous mourir. Une manière sombre et populaire de dire que rien ne change, que personne ne viendra.

 

Un court-circuit survenu dans l’un des garages touchés serait, selon les témoins oculaires, à l’origine du départ de feu. Aucune perte en vie humaine n’a été rapportée pour l’instant, mais la menace demeure réelle tant que les conditions restent identiques. Car à Bangui, après les inondations qui ont transformé les rues en bourbiers et les ordures qui s’accumulent à chaque carrefour, c’est désormais le feu qui s’installe comme un visiteur que personne ne peut chasser.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Anselme Mbata

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