(Corbeau News Centrafrique)
Regina Konzi Mongot initie les populations du 5ème arrondissement de Bangui à la citoyenneté
Bangui, Corbeau News Centrafrique, 05-05-2014
La ministre Conseillère à la Primature en matière humanitaire a lancé, samedi 2 avril dernier, à la maison des jeunes du quartier Malimaka, une dynamique de regroupement d’associations dans le 5ème arrondissement de Bangui. Au fond, il s’agit de pousser les populations du 5ème à l’éveil politique, afin d’être en mesure de se prononcer sur le discours politiques.
Ils ont été quelques centaines, les populations venues des trois groupements et les 27 quartiers du 5ème arrondissement de Bangui, à l’invitation de Mme Regina Konzi Mongot, ministre conseiller en matière d’urgence humanitaire à la primature. La conseillère a délivré un message fort à ses invités – message qu’elle résume à notre micro : « D’abord, je tiens à justifier ma satisfaction de l’initiative que je pousse positivement dans le 5ème arrondissement, parce que ce n’est pas tout le monde qui entre dans cet arrondissement, ce n’est pas tout le monde qui vient ici à Malimaka. Moi, j’y suis entrée la plus aisément possible, afin d’apporter le message de reconstruction du pays à mes compatriotes. En effet, nous ne pouvons pas continuer à parler de la crise, c’est peut-être une occasion pour la RCA de décoller. Et dans cet effort de reconstruction, on doit s’organiser. Alors qu’il y a beaucoup d’associations dans notre pays qui n’ont pas assez d’impact, c’est pourquoi, j’ai estimé qu’il faut les coordonner dans une plateforme, en vue de plus d’efficacité. » Mme Konzi Mongot ajoute qu’« Il s’agit de sensibiliser les populations à faire face à certaines éventualités telles que la sécurité, le développement économique, le social et pourquoi pas le politique. Car, à partir du moment où les gens seront regroupés, ils seront à même de donner leur point de vue et de s’impliquer dans le processus de prise de décisions politiques. »
Les participants à cette première réunion semblent trouvés, chacun leur compte à l’image de Hortense Dobiro « Je suis très émerveillée par les conseils que nous avons reçus ce soir par Mme Régina. Elle nous a fait savoir qu’en groupement, nous pouvons faire mieux. Moi par exemple, on a tué deux de mes garçons qui ont été accusés comme faisant partie des Séléka. Mais, j’ai mesuré aujourd’hui le sens du message qui nous a été délivré, car je sens parmi mes sœurs, on s’amuse, et cela me permet d’oublier la blessure que j’ai au cœur par rapport à la mort de mes enfants. »
Quant à Aimé Ndemayo, c’est l’aspect de l’éveil citoyen qui a été le point le plus marquant : « Nous avons toujours compris qu’il faut se mettre ensemble pour mieux avancer. Alors que beaucoup d’initiatives ont été prises pour nous mettre en association ici. La différence est, cependant nette avec ce que nous avons appris ce soir : nous sommes des citoyens de notre pays, et nous avons aussi nos mots à dire dans les questions qui engagent notre sort. Et je suis très fier d’apprendre cela. »
Notons, que cette réunion par arrondissement qui devait se poursuivre aux autres arrondissements de Bangui, puis les villes de provinces, répond aux recommandations d’une réunion tenue le 21 avril dernier par la Conseillère, au stade 20 000 places sur les mêmes thématiques.
Bangui, Fred KROCK Pour CNC




![Sosso-Nakombo : Le maire transforme l’urbanisation en source d’enrichissement personnel À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
