Bangui : Quand le bâtiment du Ministère de la Communication Devient une Jungle en Plein Centre-Ville

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Ce qui devait être le siège du ministère de la Communication à Bangui n’est plus qu’une ruine sauvage, où la végétation et les reptiles règnent. Les fonds publics dilapidés laissent les habitants face à un danger grandissant.
En plein centre-ville de la capitale centrafricaine, le chantier du cabinet du ministère de la Communication n’a rien d’un bâtiment officiel. C’est une carcasse de béton à deux étages, avec des fenêtres ouvertes à tous les vents, sans vitres ni finitions. Les herbes ont poussé partout, si hautes qu’elles cachent presque le bas des murs. Des tôles rouillées, qui servaient autrefois de clôture, traînent par terre, balayées par les dernières pluies. Les serpents se baladent tranquillement là-dedans, et ça fait peur aux gens qui passent tous les jours. On est en pleine capitale, et pourtant, on dirait un coin perdu en brousse, ou dans un petit village.
Les travaux de la réhabilitation du bâtiment dudit ministère ont commencé en octobre 2021, avec 765 millions de francs CFA sortis des caisses de l’État entre 2022 et 2023. Mais tout s’est arrêté net quelques mois plus tard. Aujourd’hui, personne ne sait où est passé cet argent. Maxime Balalou, l’ex-prisonnier qui est devenu le ministre de la communication depuis janvier 2024, répète à chaque fois qu’on lui pose la question : “Les travaux vont reprendre bientôt, on attend juste les fonds“. Il a dit ça il y a un an déjà, et rien n’a bougé. Pas un seul ouvrier, pas une brouette sur place. Les banguissois en ont marre d’entendre toujours la même chanson.
Et ce n’est pas juste une histoire d’argent gâché. Ce bâtiment abandonné, c’est un vrai risque. Les serpents qui s’y promènent peuvent mordre quelqu’un à tout moment. Les câbles électriques pendent des poteaux à moitié cassés, juste au-dessus des têtes des passants. La clôture en tôle, déjà à terre, ne protège plus rien. “On ne peut pas laisser ça comme ça en plein centre-ville”, peste un commerçant du coin, Gerard Kotto. “Tout cet argent pour rien, et maintenant, on doit faire attention à ne pas se faire tuer par un serpent ou un fil électrique.”
Pendant ce temps, le ministère a trouvé une autre solution : squatter la maison du professeur Gaston Mandata Nguérékata, un mathématicien centrafricain connu qui enseigne aux États-Unis. Sa villa, dans le quartier des 200 villas, a été prise d’assaut sous prétexte d’une location. Sauf que le ministère ne paye plus rien depuis des mois. Malgré les plaintes du propriétaire, rien ne change. Le ministère reste là, dans cette maison d’habitation privée, pendant que son vrai cabinet pourrit en ville.
Alors, où va l’argent prévu pour le chantier ? Chaque année, le budget sort, mais rien n’avance. Certains disent que ça finit dans les poches de certaines personnalités ou même pour payer les mercenaires du groupe Wagner. Impossible de savoir, parce que personne ne donne de réponses claires. “Tout cet argent qui disparaît, et nous, on se retrouve avec un tas de béton et des serpents”, lance Roger, un architecte. “À ce rythme, il ne restera plus rien à sauver.”
Ce gâchis, c’est plus qu’un bâtiment raté. C’est une claque pour tous les banguissois. Maxime Balalou promet, mais ne fait rien. L’ancien ministre, Serge Ghislain Djorie, qui a lancé le projet, n’a jamais eu à rendre des comptes non plus. Pendant ce temps, le centre-ville souffre, et les gens se demandent combien de temps ça va encore durer….
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