Bangui : débandade générale à Gobongo, les Wagner fouillent porte par porte

Rédigé le 21 février 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Ce vendredi 20 février 2026, les quartiers Gobongo et Kaga Maagoulou, dans le quatrième arrondissement de Bangui, ont vécu une journée de pression et d’intimidation aux mains des mercenaires russes de la milice Wagner.
Ce n’était pas la première fois. La semaine d’avant, ces mêmes hommes de la milice Wagner avaient déjà mené une opération du même genre au quartier PK5, Mamadou Mbaîki, dans le troisième arrondissement. Forts de cette précédente sortie, ils ont récidivé, cette fois à la sortie nord de la capitale.

Le mode opératoire était simple et rappelle les pires histoires du pays: fouiller maison par maison, arrêter les passants, exiger des pièces d’identité. Dès qu’une personne ne pouvait pas produire sa carte nationale, la transaction était immédiate, sans quittance, sans reçu, sans trace. On paie, et c’est plié.
Les jeunes conducteurs de taxi-moto ont été particulièrement pris en tenaille. Chacun d’eux s’est vu réclamer 15 000 francs cash, sur le champ. Ceux qui n’avaient pas la somme ont été embarqués direction gendarmerie.
Mais ce qui s’est passé ce vendredi n’est qu’une mise en bouche. Derrière le prétexte du contrôle d’identité se profile quelque chose de bien plus lourd : le retour de l’impôt de capitation, cet ancien prélèvement forcé que tout le monde croyait enterré depuis des décennies.
C’est le président Ange-Félix Patassé qui avait mis fin à cet impôt dans les années 1995-1996, après avoir vu de ses propres yeux comment il écrasait les populations les plus vulnérables. Les gens étaient embarqués de force dans des camions, torse nu, pour n’avoir pas pu payer. La cruauté de la chose avait fini par convaincre le pouvoir d’abolir cette pratique.
Or Touadéra, avec sa nouvelle constitution taillée pour un troisième mandat, a remis cet impôt dans les textes. Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, une fois le serment prêté d’ici mars ou juillet, les opérations de recouvrement reprendront à grande échelle dans les rues de Bangui.
Pour l’instant, les habitants courent pour une simple carte d’identité. Mais quand l’impôt de capitation entrera en vigueur pour de bon, ce sera le marathon : koli a kpè.
Par Anselme Mbata
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