Bambouti, dans le  Haut-Mbomou :  un lieutenant des FACA, un gangsters notoire très alcoolisé,  terrorise la population et menace d’arrestation un père de famille

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Bambouti, dans le  Haut-Mbomou :  un lieutenant des FACA, un gangsters notoire très alcoolisé,  terrorise la population et menace d’arrestation un père de famille

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/a-bambouti-un-enfant-envoye-par-son-pere-pour-aller-vendre-des-bananes-aux-casques-bleus-de-la-Minusca-photo-cnc.jpg” data-wpel-link=”internal”>À Bambouti, un enfant envoyé par son père pour aller vendre des bananes aux casques bleus de la Minusca. Photo CNC
À Bambouti, un enfant envoyé par son père pour aller vendre des bananes aux casques bleus de la Minusca. Photo CNC

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La République centrafricaine continue de s’enfoncer dans l’abîme. À chaque fois que l’on croit avoir touché le fond, de nouveaux incidents viennent nous rappeler que le trou peut toujours être creusé plus profondément. Les forces censées protéger les citoyens deviennent parfois leurs premiers bourreaux, transformant le quotidien des populations centrafricaines en un cauchemar permanent.

 

À Bambouti, sous-préfecture de la préfecture du Haut-Mbomou, située à l’extrême sud-est de la République centrafricaine à la frontière avec le Soudan du Sud, un lieutenant des Forces armées centrafricaines (FACA) s’est érigé en véritable dictateur criminel, terrorisant la population par ses comportements bizarres et abusifs. Depuis son déploiement dans cette localité frontalière centrafricaine, cet officier se distingue par une conduite indigne de son rang et de sa fonction. Constamment sous l’emprise de l’alcool traditionnel, il sème le chaos et la terreur parmi les habitants, transformant la vie quotidienne en une série d’humiliations et d’abus de pouvoir.

 

En effet, le lundi 17 novembre dernier, un incident est venu montrer jusqu’où peut aller l’abus d’autorité de ce militaire crapuleux. Un chef de quartier, était revenu de son champ avec des bananes plantains de qualité supérieure. Souhaitant subvenir aux besoins de sa famille, il confia à son jeune fils la mission d’aller vendre une partie de cette récolte aux casques bleus népalais de la MINUSCA, réputés pour apprécier ce produit.

 

Le jeune garçon, portant les bananes sur sa tête, se dirigeait donc vers la base de la MINUSCA lorsqu’il passa à proximité de la position des soldats FACA. C’est là que le lieutenant l’interpella durement. “Et toi! Petit,  viens ici !”, ordonna l’officier. L’officier poursuit : tu vas où avec ces bananes ? Le jeune tenta d’expliquer calmement : “c’est mon père qui m’a envoyé pour vendre ces bananes aux casques bleus népalais de la MINUSCA”. Mais le lieutenant, très alcoolisé dans ses habitudes,  n’en avait cure. “Donne-moi les bananes, c’est fini”, déclara-t-il avec un ton d’autorité sur cet enfant.

 

Face aux protestations du garçon qui répétait les instructions de son père, l’officier réitéra son ordre avec plus d’autorité : “Donne-moi ça ici et c’est fini. Va dire à ton papa que c’est moi qui ai bloqué les bananes”. Non content de confisquer d’une manière criminelle la marchandise, le lieutenant ajouta une menace : “De toute façon, je vais envoyer des militaires pour aller le cueillir ”. Il fit porter les bananes à l’intérieur de la base par ses éléments, avant de renvoyer le jeune garçon humilié et les mains vides.

 

De retour chez lui, le jeune rapporta les faits à son père. Ce dernier, conscient du rapport de force inégal face à un militaire armé et manifestement imprévisible, préféra ne rien dire. Le lendemain seulement, le lieutenant, avec une surprise honteuse,  fait ramener les bananes au vieux par ses éléments. Mais le mal était fait : une journée de vente perdue, l’argent nécessaire pour nourrir la famille non obtenu, et surtout, une humiliation publique infligée à un père de famille et à son fils.

 

Quel est ce type de comportement ? Un chef de famille envoie son fils vendre honnêtement des produits de son champ pour subvenir aux besoins de sa famille, et un officier censé protéger la population lui confisque sa marchandise, l’empêchant de gagner sa vie ? Quel message le lieutenant voulait-il faire passer ? Que les civils n’ont pas le droit de vendre leurs propres produits ? Que l’armée peut s’approprier les biens des citoyens sur un simple caprice ?

 

Est-ce cela l’armée nationale dont nous avons besoin ? Est-ce ainsi qu’un officier des FACA doit se comporter envers les populations qu’il est censé servir et protéger ? Les habitants de Bambouti se posent ces questions : “Sommes-nous vraiment dans un pays organisé ? Est-ce normal qu’un militaire se comporte ainsi ?”

 

Cet incident, aussi banal puisse-t-il paraître au regard d’autres atrocités commises ailleurs dans le pays, montre bien la dérive généralisée qui gangrène la République centrafricaine. Quand les forces de défense et de sécurité, au lieu de protéger les citoyens, deviennent elles-mêmes sources de terreur et d’arbitraire, c’est tout l’édifice national qui s’effondre.

 

Bambouti n’est pas le seul endroit où cela se passe. Partout dans le pays, des militaires, des gendarmes, des policiers abusent de leur position pour rançonner, humilier et terroriser les populations. L’impunité dont ils jouissent les encourage à persévérer dans ces comportements indignes. Ce lieutenant saoul qui confisque des bananes à un enfant aujourd’hui commettra demain des exactions plus graves, en toute impunité. Car c’est bien là le drame : l’absence totale de sanctions contre ces comportements.

 

Nous pensions être arrivés au fond du gouffre, mais manifestement, nous continuons de creuser. Jusqu’où ira cette descente aux enfers ? Touadera, tu a totalement foutu le pays dans la merde.

 

Par Claude Balekouzou….

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