Bakari : un soldat FACA tue un jeune par jalousie, l’armée centrafricaine dévoile son vrai visage criminel

Rédigé le 01 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Au pays de Touadéra, pays des Wagner, pays des bras cassés, pays des criminels, certains soldats de forces armées ont depuis longtemps oublié pourquoi ils portent une arme. Et c’est le peuple qui en paie le prix de cette criminalité.
C’est à Bakari, une petite localité située à environ 78 kilomètres de Baboua, dans la préfecture de la Nana-Mambéré, que les faits se sont déroulés. Ce mercredi 25 février 2026, personne dans ce coin du pays ne s’attendait à vivre une telle journée. Un jeune homme du nom de Yaya allait perdre la vie, non pas au détour d’un affrontement armé, mais à cause de la jalousie d’un homme en uniforme.
Tout est parti d’une accusation banale. Un soldat FACA reprochait à Yaya d’avoir dragué sa petite amie. Une histoire de cœur, comme il en existe partout, dans toutes les familles, dans tous les quartiers. Mais chez cet homme en uniforme, cette rancœur a couvé, a grandi, jusqu’à devenir incontrôlable.
Le jour où il a retrouvé Yaya, il n’a pas cherché à discuter. Emporté par sa jalousie, il a dégainé son arme et abattu le jeune homme froidement, en pleine journée, devant des témoins. Un acte d’une violence nue, commis comme si l’uniforme effaçait toute notion de loi et de responsabilité.
Ce drame de Bakari n’est pas tombé du ciel. Il prend racine dans un mal bien plus ancien qui ronge l’armée centrafricaine depuis près de 10 ans. Car cette institution, sur le papier, est censée défendre le territoire et protéger les civils. Mais dans les faits, son recrutement chaotique a ouvert la porte à des individus qui n’auraient jamais dû porter une arme.
Parmi ces soldats, on trouve d’anciens éléments de groupes armés, d’ex-miliciens, des recrues choisies non pas sur leurs compétences mais sur leurs liens ethniques, familiaux ou politiques. Cette façon de construire une armée a produit ce que l’on voit aujourd’hui sur le terrain : des hommes en uniforme qui agissent selon leurs humeurs, leurs intérêts personnels, parfois leurs passions, comme ce soldat de Bakari.
Pourtant, les discours officiels continuent de peindre une tout autre image. On parle d’une armée qui monte en puissance, soutenue par la Russie, encadrée par les instructeurs Wagner. Ces mots-là sonnent fort dans les salles de conférence. Mais à Bakari, à Baboua, dans les villages et villes de la Nana-Mambéré, y compris dans tout le pays, les populations entendent ces discours et regardent autour d’elles avec amertume.
Car la vérité que vivent ces populations est loin des tribunes officielles. Selon plusieurs observateurs proches du terrain, entre 60 et 80 % des effectifs des FACA, y compris certains officiers, se comportent davantage comme des individus au-dessus des lois que comme des militaires républicains. Il existe bien sûr des soldats honnêtes, rigoureux, attachés à leur mission. Mais ils semblent de plus en plus minoritaires dans une institution qui a perdu une grande partie de la crédibilité qu’elle avait autrefois.
Et pendant que cette déliquescence s’installe dans les rangs, c’est Yaya, un jeune homme de Bakari, qui en a payé le prix de sa vie.
Par Julien Mandazou
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