Au lycée de Miskine, un professeur de biologie menace des élèves de mauvaises notes après les publications de CNC sur le racket scolaire

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Au lycée de Miskine, un professeur de biologie menace des élèves de mauvaises notes après les publications de CNC sur le racket scolaire

 

Au lycée de Miskine, un professeur de biologie menace des élèves de mauvaises notes après les publications de CNC sur le racket scolaire
Dans la cour du lycée de Miskine de Bangui. Photo CNC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

À Bangui, dans les établissements publics, certains enseignants ne craignent plus ni les témoins ni la presse.

 

Quand une école cesse d’être un lieu d’apprentissage pour devenir un terrain de règlements de comptes, c’est que quelque chose de profond s’est cassé dans la chaîne qui relie l’État à ses citoyens les plus jeunes. C’est exactement ce tableau que l’on retrouve aujourd’hui au lycée de Miskine, dans le cinquième arrondissement de Bangui, où des élèves de troisième 2 ont reçu, en pleine classe, des menaces directes de la part d’un professeur de biologie. Non pas parce qu’ils avaient mal travaillé. Mais parce que des articles de Corbeau News Centrafrique sur le racket dans leur établissement avaient circulé sur les réseaux sociaux et atteint le proviseur.

 

La semaine dernière, 48h après la publication du premier article, l’enseignant est entré dans la salle de troisième 2 , a pris la parole, et a dit aux élèves qu’ils allaient voir, que lui et ses collègues allaient désormais les frapper un par un par les mauvaises notes. Il a ajouté que c’est leur avenir à eux qui est en jeu, pas le sien, et que s’ils refusent de sortir l’argent, ils en subiront les conséquences sur leurs bulletins. Le tout dit debout, devant toute la classe, sans la moindre gêne.

 

Ce propos fait suite à deux enquêtes publiées par CNC. La première avait mis en cause le professeur de mathématiques AGOUBEYE Christ, vu en train de faire le tour des tables en plein devoir pour réclamer de l’argent aux élèves. La deuxième visait NDOKOULA Clarisse, professeure d’histoire-géographie, qui exigeait 5 000 francs CFA par groupe avant chaque exposé, sous peine de double zéro automatique. Ces deux textes avaient visiblement circulé parmi les élèves et leurs familles, ce qui a déclenché la colère des enseignants concernés.

 

Ce que cette menace dit, au fond, c’est que le problème ne se limite pas à l’argent extorqué. Il touche à quelque chose de plus grave : la certitude, chez certains professeurs, qu’ils peuvent agir sans jamais rendre de comptes. Quand la presse documente leurs actes et que leur réponse consiste à punir les élèves plutôt qu’à se corriger, cela montre que l’impunité n’est plus seulement tolérée, elle est devenue un réflexe.

 

La rédaction de CNC précise que ces faits ne se limitent pas à une classe ou à un seul niveau. Des témoignages recueillis par nos journalistes montrent que le racket touche toutes les classes, du collège jusqu’au lycée, dans plusieurs établissements de la capitale. Chaque semaine apporte de nouveaux cas, de nouveaux noms, de nouvelles formes de pression exercées sur des élèves qui n’ont ni les moyens ni la position pour résister.

 

Le ministère de l’Éducation nationale n’a, à ce jour, formulé aucune réaction depuis la parution des premières enquêtes. La rédaction continuera de nommer, de documenter, et de publier.

 

Par Anselme Mbata

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