Affaire Sangocoin, la cryptomonnaie centrafricaine, Touadera navigue entre la roublardise et le charlatanisme

Publié le 26 juillet 2022 , 8:32
Mis à jour le: 26 juillet 2022 8:30

 

Rédigé par Gisèle MOLOMA

Publié par Corbeaunews Centrafrique (CNC), le mercredi 27 juillet 2022

 

Bangui (CNC) – Avec un avenir sombre voir mortel, le Sangocoin, la cryptomonnaie centrafricaine ne respire qu’à travers une assistance, mais le gouvernement tente de se montrer ferme et déterminé devant la communauté nationale. Il vient d’exproprier le domaine de l’île des singes du groupe qatari pour les activités dédiées aux cryptomonnaies et le SangoCoin. La décision a été prise mercredi dernier lors du conseil des ministres extraordinaires. Ceci dit, le gouvernement navigue désormais entre le charlatanisme et la roublardise.

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, lors d'une cérémonie d'un an de mandat à l'Assemblée nationale, à Bangui le 30 mars 2022. © Barbara Debout / AFP  
Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, lors d’une cérémonie d’un an de mandat à l’Assemblée nationale, à Bangui le 30 mars 2022. © Barbara Debout / AFP

 

Le charlatanisme

 

Deux mois après l’adoption d’une loi qui légalise l’usage des cryptomonnaies, les autorités centrafricaines ont lancé, début juillet 2022, la cryptomonnaie centrafricaine appelée « Sangocoin ». C’est-à-dire que le Sangocoin

succède à Bitcoin.   Mais face à la pression de la communauté internationale, en particulier le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, la CEMAC et la banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), le gouvernement  centrafricain s’est rapproché  des autorités monétaires d’Afrique centrale en vue de bénéficier de l’expertise de l’institution financière d’Afrique centrale  de pour l’élaboration d’un cadre régissant les cryptomonnaies. Ainsi, Bangui gèle l’application de sa loi sur les cryptomonnaies contre une réglementation de la BEAC sur les cryptoactifs. Ceci dit, le Sangocoin ne sera plus identique à sa forme initiale rêvée  par le chef de l’État centrafricain.  Il sera comme une monnaie électronique d’Afrique centrale, réglementée  et strictement surveillée.

En d’autres termes, Sangocoin, à l’état actuel,  est définitivement mort. Mais le gouvernement centrafricain, toujours dans sa politique de miroita, préfère garder la tête haute et procède à sa mise en vente ce lundi 25 juillet 2022, espérant avoir quelques investisseurs crapuleux et mafieux, désirés avoir la nationalité centrafricaine et une portion de terre centrafricaine. Ceci ressemble vraiment à du charlatanisme d’État.

 

Touadera et la roublardise

 

Si les autorités centrafricaines gèlent l’application de la loi sur les cryptomonnaies dans leur pays contre une réglementation de la BEAC sur les cryptoactifs  c’est parce qu’au retour, elles attendent un geste financier de la part du fonds monétaire international (FMI) et des autres partenaires. Touadera joue au petit malin. De la même manière que le chef de l’État centrafricain fait les yeux doux au FMI, c’est aussi de la même façon qu’il compte sur les émirats du golfe pour le SangoCoin.

« Donc, si j’ai bien compris, on compte sur les émirats du golfe pour le SangoCoin, dans le même temps on exproprie le Qatar d’une île  pour y implanter le siège de la société. Un beau message à l’endroit des investisseurs étrangers pour la sécurité des investissements! », réagit maître Crépin Mboli- Goumba sur Twitter. Or, d’après lui, « L’État en a certes le droit, mais l’expropriation répond à une procédure stricte: une œuvre d’utilité publique, une indemnisation juste et PRÉALABLE, déterminées par le juge à défaut d’accords amiables. Un exemple, l’État de Côte d’Ivoire a été condamné il y a peu à cause d’une expropriation.  Comme dans ses habitudes, Touadera veut rouler tout le monde dans la farine, en commençant par le FMI, la Banque mondiale, l’Union européenne et le Qatar. Eh Touadera!

 

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