À Bozoum, la psychose du “vol de sexe” s’empare de la ville
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
La rumeur de “disparition mystique des organes génitaux”, partie de Cantonnier à la frontière camerounaise il y a plus de cinq mois, vient d’atteindre l’Ouham-Pendé, notamment à Bozoum, une ville située à 385 kilomètres de Bangui. Cette psychose collective qui a déjà traversé Bambari, Kouango, Paoua et Nanga-Boguila, provoque une vive inquiétude dans cette localité de l’Ouham-Pendé.
Dans le quartier Zombéré à Bozoum, deux nouveaux cas ont été signalés jeudi dernier. Nicolas Ndowe et Isaac Lam, deux vendeurs installés dans une boutique, affirment avoir été victimes de ces pratiques mystiques.
“Nous étions en train de servir des clients quand un homme de petite taille mais robuste, portant un boubou noir et aux yeux rouges, est passé devant notre boutique. Quelques minutes après, nous avons ressenti une sensation étrange avant de constater la disparition de nos organes génitaux”, raconte Nicolas Ndowe, encore sous le choc.
Son ami Isaac Lam ajoute :
“L’homme s’est arrêté brièvement devant nous, nous a fixés avec ses yeux rouges avant de continuer sa route. C’est la première fois que nous voyons quelqu’un avec des yeux pareils dans le quartier ici à Bozoum”.
Le phénomène, qui a débuté à Cantonnier, s’est rapidement propagé jusqu’à Bangui où plusieurs quartiers ont été touchés. À Boy-Rabe, trois cas similaires ont été rapportés même. À Gobongo et au quartier KM5, un présumé “voleur de sexe” a été poursuivi par une foule en colère.
À Bambari et Kouango, deux villes de la Ouaka, une dizaine d’hommes affirment avoir été victimes de ces disparitions mystiques. À Bambari, des sujets camerounais avaient été suspectés, tandis qu’à Kouango, des jeunes vendeurs venus dans la ville se sont vus accusés de vol des sexes et arrêtés à la gendarmerie locale.
La ville de Paoua a également connu une situation similaire il y’a deux mois, avec un cas signalé dans l’église des frères un dimanche. À Nana-Boguila, deux cas, dont un chef du village, ont été signalés la semaine dernière, entrainant l’arrestation de deux suspects à la gendarmerie.
Cependant, à Bozoum, le pasteur Aristide Seleba de l’église Béthel de Bozoum évoque une situation inquiétante: “Depuis le matin, j’ai reçu plusieurs fidèles terrorisés. La panique s’est installée dans notre communauté.”
Les habitants de Zombéré à Bozoum décrivent tous le même suspect : un homme de petite taille, robuste, aux yeux rouges, vêtu d’un boubou noir. Cette description correspond à celle donnée par les deux victimes dans la boutique.
Affaire à suivre…
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