À Berbérati, même les fous réclament le départ de Touadéra du pouvoir : le régime répond par un délire sur un complot européen

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Une vidéo devenue virale montre un homme ayant perdu la raison qui crie que le président doit quitter le pouvoir. Quelques heures plus tard, le ministère de la Défense publiait son communiqué sur des “vidéos falsifiées” par des Européens. La coïncidence interroge.
Depuis vendredi, une vidéo circule massivement sur les réseaux sociaux. Elle a été filmée à Berbérati et montre une scène qui a ému beaucoup de Centrafricains. Un homme d’environ 35 ans, visiblement perturbé mentalement, est entouré par des habitants du quartier qui tentent de le maîtriser. Il s’agite, il crie, et dans ses cris désordonnés revient sans cesse le même message : le président Touadéra doit partir, il doit quitter le pouvoir, il a fait du mal aux Centrafricains.
La scène est authentique. Les habitants de Berbérati qui connaissent cet homme ont confirmé qu’il n’y a aucune mise en scène. C’est vraiment quelqu’un qui a perdu la raison, et qui exprime dans sa folie ce que beaucoup de Centrafricains pensent tout bas. Pas de réalisateur, pas de scénario, juste un drame humain qui se déroule dans une rue de la deuxième ville du pays.
Mais ce qui a frappé les esprits, c’est le timing. Quelques heures après que cette vidéo soit devenue virale, le ministère de la Défense publiait son communiqué ahurissant sur des “experts européens” venus en Centrafrique pour diffuser des “vidéos manifestement falsifiées”. Le hasard fait parfois bien les choses, ou plutôt mal les choses pour le gouvernement.
On peut se demander si c’est cette vidéo précisément qui a paniqué le pouvoir. Un homme qui a perdu la tête demande le départ du président. Des milliers de Centrafricains partagent la vidéo, la commentent, y voient un symbole terrible : même ceux qui n’ont plus toute leur raison comprennent que Touadéra doit partir. C’est embarrassant pour un régime qui prétend avoir le soutien populaire.
Alors que faire ? Nier que la vidéo est authentique ? Difficile, trop de témoins. Ignorer? Impossible, elle tourne en boucle sur tous les téléphones. La solution trouvée par le gouvernement est surréaliste : publier un communiqué dénonçant des vidéos falsifiées par des Européens, sans jamais nommer précisément ces vidéos, sans donner aucun exemple concret. Une manière détournée de semer le doute sur tout ce qui circule, y compris cette scène filmée à Berbérati.
Les habitants de Berbérati sont formels. Cet homme existe, il vit dans leur quartier, et sa crise n’a rien de fabriqué. Personne ne lui a mis un texte dans la bouche. Personne ne l’a payé pour crier contre le président. Dans son état, il a simplement exprimé ce qu’il ressentait, et ce qu’il ressentait, c’est que Touadéra devait quitter le pouvoir et laisser les Centrafricains tranquilles.
L’ironie de la situation est terrible pour le régime. On peut arrêter des opposants, intimider des journalistes, acheter des militants, mais on ne peut pas négocier avec quelqu’un qui a perdu la raison. Cet homme n’appartient à aucun parti politique, il ne reçoit pas de financement de l’étranger, il n’a aucun agenda caché. Il crie simplement ce qu’il pense dans sa folie, et ce qu’il pense correspond exactement à ce que pensent des millions de Centrafricains sains d’esprit.
Le communiqué du ministère de la Défense prend alors une dimension pathétique. Il parle de “provocations mensongères” et d’”ennemis de la paix”. Mais quel ennemi de la paix dans cette vidéo? Un homme malade qui exprime sa souffrance et celle de son pays? Quelle provocation mensongère? Des gens qui filment une scène réelle dans leur quartier?
Le gouvernement voit des complots partout. Il voit la main de l’Europe, des experts étrangers, des manipulations. Il ne voit pas ce qui est pourtant évident : les Centrafricains en ont assez. Ils en ont assez des promesses non tenues, de la corruption, de l’insécurité, de la misère. Et quand même un homme ayant perdu la raison le crie dans la rue, ça devrait alerter les autorités sur l’état réel du pays.
Mais non. Au lieu de se remettre en question, au lieu de se demander pourquoi même les fous demandent le départ du président, le régime préfère inventer des histoires de vidéos falsifiées. C’est plus confortable que d’admettre que le rejet est massif, qu’il traverse toutes les couches de la société, jusqu’aux plus vulnérables.
Cette vidéo de Berbérati restera dans les mémoires. Pas parce qu’elle est spectaculaire ou violente. Mais parce qu’elle montre à quel point le divorce entre le pouvoir et la population est total. Quand quelqu’un qui ne contrôle plus ses actes exprime spontanément ce que tout le monde pense, c’est que le problème est profond.
Le ministère de la Défense peut publier tous les communiqués qu’il veut, dénoncer tous les complots imaginaires qu’il souhaite. La réalité est là, filmée dans les rues de Berbérati. Un homme malade qui crie que le président doit partir. Pas d’expert européen derrière lui, pas de vidéo trafiquée, pas de complot. Juste la vérité brute d’un pays qui n’en peut plus.
Faustin Archange Touadéra et son entourage feraient mieux d’écouter ce que disent les Centrafricains, même ceux qui ont perdu la raison. Parce qu’au fond, ils disent exactement ce que pensent ceux qui l’ont gardée. Le président doit quitter le pouvoir. Il a fait son temps, il a fait du mal, et il doit partir.
Cette vidéo virale de Berbérati a au moins le mérite de rappeler une chose : on peut tromper longtemps une partie du peuple, on peut tromper un temps tout le peuple, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. Pas même avec des communiqués sur des complots européens. Pas même en traitant de falsification ce qui est authentique.
Les Centrafricains savent reconnaître la vérité quand ils la voient. Et la vérité, c’est qu’à Berbérati comme ailleurs dans le pays, tout le monde attend la même chose : que ce cauchemar prenne fin, que Touadéra parte, et que la Centrafrique puisse enfin respirer.
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**Corbeaunews-Centrafrique** a vérifié auprès de sources fiables à Berbérati l’authenticité de cette vidéo. Tous les témoignages confirment qu’il s’agit d’un incident réel impliquant un habitant du quartier connu des résidents locaux. Aucune manipulation, aucune mise en scène. Juste la triste réalité d’un pays à bout de souffle.
Par Anselme Mbata….
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Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)