Selon Mathurin Bengué Bossin, la RCA, dernaillo  de la CEMAC, produit des recettes publiques limitées à 8 % du PIB et 142 milliards de FCFA

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Selon Mathurin Bengué Bossin, la RCA, dernaillo  de la CEMAC, produit des recettes publiques limitées à 8 % du PIB et 142 milliards de FCFA

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Mathurin Bengué Bossin, Président du Front Populaire Zo-Kwé-Zo, dans l’une de ses publications hebdomadaires sur les réseaux sociaux,  affirme que les recettes publiques de l’État centrafricain représentent à peine 8 % du produit intérieur brut. Il avance un montant annuel d’environ 142 milliards de francs CFA, qu’il juge révélateur de la fragilité budgétaire du pays après dix années de gouvernance de Faustin-Archange Touadéra.

 

Un chiffre qui, selon lui, situe immédiatement la République centrafricaine en marge des standards régionaux. Dans l’espace CEMAC, rappelle Mathurin Bengué Bossin, les recettes publiques dépassent généralement 20 % du PIB, parfois davantage. Cette différence structurelle serait le signe d’un État incapable de mobiliser ses propres ressources.

 

Comparer pour comprendre.

 

Mathurin Bengué Bossin oppose les 142 milliards de francs CFA de la RCA aux budgets publics de pays voisins. Il cite la Guinée équatoriale avec plus de 2 000 milliards, le Tchad autour de 2 300 milliards, le Congo-Brazzaville à plus de 2 600 milliards, le Gabon à environ 4 200 milliards et le Cameroun à près de 7 000 milliards de francs CFA.

 

Dans ce tableau, la RCA apparaît très loin derrière, y compris par rapport aux économies les plus modestes de la sous-région. Pour l’auteur de la déclaration, cet écart ne peut pas s’expliquer uniquement par la taille du pays ou par son enclavement géographique.

 

Un problème de structure.

 

Mathurin Bengué Bossin met en cause la faiblesse de l’appareil fiscal et la place dominante du secteur informel. Il estime que l’État ne parvient ni à élargir l’assiette fiscale ni à sécuriser les recettes existantes. La corruption et les détournements sont également cités comme des facteurs aggravants.

 

Il souligne que, sur dix ans, les ministres successifs des Finances n’ont pas réussi à inverser cette tendance. Selon lui, cette incapacité prive l’État des moyens nécessaires pour investir durablement dans les services publics.

 

Des effets en chaîne.

 

Avec un budget aussi réduit, Mathurin Bengué Bossin explique que l’État centrafricain fonctionne sous contrainte permanente. Les marges de manœuvre pour la santé, l’éducation, l’énergie ou les infrastructures resteraient très limitées. Cette situation contribuerait à maintenir le pays dans une dépendance financière chronique.

 

Il insiste sur le fait que des recettes publiques aussi faibles ne permettent ni planification sérieuse ni politiques de développement à moyen terme. L’État se contenterait de gérer l’urgence, sans capacité réelle d’anticipation.

 

Un État sans levier.

 

Mathurin Bengué Bossin lie cette faiblesse budgétaire à l’absence d’industrialisation et à la non-exploitation structurée des ressources nationales. Il rappelle que, contrairement à d’autres pays de la CEMAC, la RCA ne dispose ni de raffinerie, ni de cimenterie, ni d’un secteur extractif suffisamment encadré pour alimenter durablement le budget de l’État.

 

Dans ces conditions, ajoute-t-il, la RCA reste enfermée dans un cercle où la pauvreté budgétaire limite l’action publique, et où l’absence d’action publique empêche toute amélioration des recettes, laissant la situation évoluer sans véritable rupture.

 

Par Alain Nzilo

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