Jean-Pierre Marat : « Nos constitutions copiées ne parlent pas de notre société »

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le 7 novembre 2025, invité de l’émission « Banco Ndotibico à Ocou », l’ancien député de Mala, Jean-Pierre Marat, a ciblé un point central de la crise culturelle centrafricaine : la manière dont les institutions et les lois ont été conçues. Selon lui, la République centrafricaine s’est dotée de constitutions et de textes juridiques largement copiés sur des modèles européens, sans lien organique avec la vie réelle des Centrafricains.
Pour Marat, cette imitation méthodique a des conséquences directes. Les constitutions successives ont été élaborées dans une logique de conformité internationale, avec des structures calquées sur celles d’autres États, mais sans partir des réalités sociales, économiques et culturelles du pays. Les notions d’organisation territoriale, de pouvoirs publics, de droits et devoirs sont souvent au-dessus de la tête de la majorité de la population, parce qu’elles ne décrivent pas son quotidien.
L’ancien député Jean-Pierre Mara rappelle que la construction de l’État centrafricain, déjà fragilisée par l’abandon du projet fédéral de Boganda, n’a jamais été pensée comme une construction culturelle. L’appareil Politique s’est construit en empruntant le vocabulaire et les mécanismes juridiques d’ailleurs. Les élites ont adopté des textes qui fonctionnent dans des sociétés dotées d’une longue tradition institutionnelle écrite, mais sans faire l’effort de les adapter aux réalités d’un pays composé de Gbaya, Banda, Taley, Kaba, Yakoma, Manja, peuples de la forêt et communautés pygmées.
Dans cette configuration, les lois ne prennent pas en compte les rythmes de vie, les formes de solidarité, les modes d’organisation villageoise, ni les systèmes coutumiers qui structurent encore de larges pans du territoire. Les chefs de village, les chefs de quartier, les autorités traditionnelles, au cœur de la régulation locale, n’entrent pas dans le champ constitutionnel de manière claire. Ils ne sont ni reconnus ni protégés comme des acteurs centraux de la cohésion sociale.
Jean-Pierre Mara estime que cette absence d’ancrage est un frein majeur à la construction d’une identité collective. Une constitution qui ne parle pas des langues locales, des terroirs, des pratiques agricoles, des rites sociaux, des métiers culturels, reste un texte d’apparat. Elle peut organiser des Élections et des institutions, mais elle ne fonde pas une nation dans sa profondeur.
Pour lui, la refonte de la culture passe par une refonte de la production juridique. Il ne s’agit pas de rejeter tout apport extérieur, mais de partir d’abord des réalités centrafricaines : la manière d’habiter, de produire, de parler, de transmettre, d’enseigner. Tant que les textes fondamentaux resteront détachés de cette base, la République centrafricaine fonctionnera avec un cadre légal importé, incapable de porter un projet culturel propre.
Au micro de « Banco Ndotibico à Ocou », Jean-Pierre Marat a longuement insisté sur la question de la langue. Pour lui, le Sangho, proclamé langue nationale, ne remplit toujours pas son rôle de colonne vertébrale de l’identité centrafricaine. La raison principale, selon lui, est simple : cette langue n’est ni pleinement normée, ni suffisamment enseignée, ni dotée d’outils permettant de porter un projet culturel ambitieux.
Par Anselme Mbata….
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![Les mercenaires russes du groupe Wagner en débandade à Am-Dafock face à l’offensive des rebelles centrafricains Les mercenaires russes du groupe Wagner en débandade à Am-Dafock face à l'offensive des rebelles centrafricains Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , Analysant la mise au point de la MINUSCA, Fari Tahéruka Shabazz démontre comment l'organisation onusienne confirme implicitement la déroute des mercenaires russes de Wagner à Am-Dafock. Les derniers développements militaires dans la préfecture de la Vakaga, plus précisément dans la localité frontalière d'Am-Dafock, viennent démentir de manière catégorique la communication officielle de Bangui, une réalité que Fari Tahéruka Shabazz met en évidence en s'appuyant sur les données du terrain. Alors que les canaux gouvernementaux tentaient d'attribuer l'assaut à des éléments terroristes étrangers ou à des contingents venus du Soudan et du Tchad, le rapport de la mission onusienne rétablit les faits : ce sont exclusivement des groupes armés nationaux, notamment des combattants affiliés au Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique et au Mouvement démocratique pour le rassemblement du peuple centrafricain, qui ont mené cette opération d'envergure. Cette précision factuelle de l'organisation internationale détruit la rhétorique du pouvoir qui cherche continuellement à externaliser les causes de l'instabilité intérieure. La réalité du terrain montre une offensive purement centrafricaine qui a mis en déroute les forces de l'armée nationale et leurs alliés russes. Les mercenaires du groupe Wagner, présentés depuis des mois comme le bouclier infaillible du régime, ont abandonné leurs positions ou ont été incapables de contenir la poussée des insurgés, fuyant la zone des combats et laissant la population civile sans défense. Le bilan humain communiqué par les Nations Unies apporte un autre démenti aux rumeurs propagées ces dernières heures. Contrairement aux allégations faisant état de la mort d'un casque bleu zambien, la direction de la mission précise que trois soldats de la paix ont été blessés, dont un grièvement, lors d'une patrouille de protection. De plus, la MINUSCA rectifie la nature de l'incident en précisant qu'il s'agissait de tirs dirigés vers sa base opérationnelle temporaire, et non d'une prise d'assaut de ses installations par les forces de l'opposition armée. L'aspect le plus instructif de cette mise au point réside dans l'injonction faite au gouvernement centrafricain. En exigeant explicitement de Bangui qu'il déploie tous les moyens nécessaires pour garantir la protection et l'assistance humanitaire aux populations civiles d'Am-Dafock, la communauté internationale souligne le vide sécuritaire actuel. Cette demande formelle indique clairement que l'État ne contrôle plus cette localité stratégique et que la prétendue reprise de contrôle par les forces régulières et leurs partenaires bilatéraux est une contrevérité. Enfin, l'absence totale de mention des forces de Wagner dans la déclaration officielle de la mission onusienne constitue un choix politique lourd de sens. En choisissant d'ignorer la présence ou la fuite de ces combattants privés, l'organisation refuse de leur accorder la moindre légitimité juridique ou opérationnelle. Pour l'institution internationale, la sécurité régalienne incombe uniquement à l'État centrafricain, et la déroute des forces russes n'est pas un sujet de négociation ni de pitié officielle. Bangui se retrouve ainsi renvoyé à ses propres responsabilités constitutionnelles, démuni de son argumentaire habituel et privé de l'efficacité supposée de ses protecteurs privés, alors même que la situation des populations exige des mesures d'urgence immédiates. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/07/les-rebelles-qui-patrouillent-la-ville-d-amdafok-a-60km-de-birao-218x150.webp)