Bangui : les premiers détenus transférés vers le nouveau quartier spécial de la Cour pénale spéciale

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
La Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) a commencé cette semaine le transfert d’une vingtaine de détenus vers le bâtiment annexe de la Cour pénale spéciale (CPS), situé à côté de la prison centrale de Ngaragba, dans le septième arrondissement de Bangui.
Ces détenus, en majorité poursuivis ou condamnés pour des crimes graves, étaient jusque-là répartis dans plusieurs prisons, dont celle du camp de Roux, connue pour ses conditions de détention difficiles. Leur arrivée dans le nouveau quartier constitue la première étape du remplissage progressif de cette infrastructure conçue pour accueillir les détenus relevant de la CPS.
Construit grâce au financement de la Minusca et à l’appui technique du PNUD, le complexe a été inauguré début janvier 2025. Il comprend des cellules individuelles et collectives, des blocs sanitaires, une infirmerie et des espaces administratifs. Sa capacité dépasse 120 places, offrant une alternative à la prison de Ngaragba et du camp de Roux, largement saturée depuis plusieurs années.
La mise en service effective du bâtiment répond à une nécessité de séparer les prisonniers relevant de la CPS des détenus de droit commun, tout en garantissant des conditions de détention conformes aux normes exigées pour ce type de juridiction. Selon des informations confirmées par la rédaction du Corbeau News Centrafrique, les autorités pénitentiaires prévoient d’achever le transfert d’autres détenus dans les prochaines semaines.
L’ouverture de cette annexe intervient dans un contexte où la Cour pénale spéciale peine à juger les nombreux dossiers liés aux violations graves des droits humains commises depuis 2003. Avec ce transfert, la CPS dispose désormais d’un espace sécurisé pour garder les prévenus et les condamnés, renforçant ainsi sa capacité à fonctionner de manière plus autonome.
La Minusca a précisé que ce dispositif sera progressivement complété afin de mieux contrôler la population carcérale et réduire la surpopulation chronique des prisons centrafricaines….
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
