sur le terrain avec les Ambassadeurs de la Justice, la voix des communautés face à la Cour pénale internationale

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Ils ne portent ni toge ni insigne officiel, pourtant, leur présence est devenue familière dans les différentes villes ainsi que dans les arrondissements de la capitale de la République centrafricaine. Ce sont les Ambassadeurs de la Justice, des Centrafricaines et Centrafricains venus de tous horizons, formés par le Bureau-Pays de la Cour pénale internationale (CPI) pour accompagner les activités de sensibilisation sur le terrain. Depuis 2019, ils vont là où peu vont, au plus près des communautés, pour parler du travail de la Cour pénale internationale.
Un matin à Mbaïki, une salle pleine à craquer
Dans la salle de formation du centre pédagogique préfectoral de la Lobaye à Mbaïki, la chaleur est étouffante, mais l’attention est totale.
Une centaine de personnes, jeunes et vieux confondus, écoutent avec sérieux l’équipe de la sensibilisation et de l’information publique, assistée d’un Ambassadeur, qui explique le fonctionnement de la CPI, les étapes d’un procès et le rôle des victimes. Pas de jargon technique ici : tout est dit en sango, parfois en dialecte local, avec des exemples très limpides.
« Les gens nous posent des questions franches. Ils veulent comprendre pourquoi certains accusés sont arrêtés, pourquoi d’autres non, et comment la justice va réparer ce qu’ils ont vécu », confie Jacques Meleyapa, Ambassadeur de la deuxième promotion.
Des mots simples pour briser le mur du silence
Les Ambassadeurs de la Justice ne font pas que parler. Ils écoutent. Ils notent. Ils transmettent. À Carnot, un groupe de jeunes interrompt la présentation pour évoquer la méfiance envers les institutions. À Boali, une femme ose, pour la première fois, raconter ce qu’elle a vécu en 2014. Chaque mission devient un moment d’humanité, d’échange, mais aussi de reconnaissance mutuelle.
À Bangui, de quartier en quartier
Dans la capitale, les Ambassadeurs arpentent les quartiers de PK5, Combattant, Boy-Rabe. Accompagnant l’équipe de la CPI, ils organisent des discussions dans les écoles, animent des sessions dans les maisons de jeunes, participent à des émissions radio communautaires. « Nous adaptons notre langage à chaque public. L’essentiel, c’est que le message passe. Même dans les lieux où la justice est synonyme de peur », explique Aïcha Bouba, Ambassadrice de la première promotion.
Une sélection neutre, un appui international constant
Depuis le lancement du programme, quatre promotions ont été formées. Tous les Ambassadeurs ont été sélectionnés de manière neutre, transparente et inclusive par le Bureau-Pays de la CPI, dans un souci constant de représenter toutes les voix, toutes générations confondues. Ce travail est soutenu sans relâche par l’Ambassade du Royaume-Uni à Kinshasa, partenaire essentiel du programme depuis le début. Grâce à cet appui, les Ambassadeurs ont pu se rendre au siège de la CPI à La Haye, s’entretenir avec la présidente de la Cour, le procureur, le greffier, les avocats, les représentants légaux des victimes, et revenir avec une vision élargie de la justice internationale.
Une parole incarnée
Pour Auguste-Simon Bati-Kalamet, journaliste et Ambassadeur de la Justice de la troisième promotion, ce rôle dépasse la sensibilisation : « Nous sommes les témoins, les passeurs. À travers mes articles, je continue de porter la voix des sans-voix. La justice n’a de sens que si elle est expliquée, comprise, et ressentie comme juste. »
Plus qu’un programme, un mouvement citoyen
Les Ambassadeurs de la Justice ne sont ni fonctionnaires, ni militants. Ils sont les maillons manquants entre la CPI et ceux qu’elle est censée protéger. Par leur engagement, leur proximité, et leur sincérité, ils contribuent chaque jour à construire un pont solide entre la justice internationale et le peuple centrafricain….
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
