Affaire Mahamat Abakar: entre le DG de la police et le directeur adjoint de l’OCRB, qui dit la vérité sur les 3,9 millions de Madame Zara Salé Djidalbaye ?

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Les 3,9 millions de FCFA de madame Zara Salé Djidalbaye , épouse de monsieur Mahamat Abakar, saisis chez eux au domicile le 13 mars dernier, ont disparu. Sur 4,9 millions, l’OCRB n’a rendu qu’1 million. Le directeur adjoint de l’OCRB désigne Bienvenu Zokoué, patron de la police. Que cache cette retenue de fonds ?
En effet, tout a commencé le 11 mars 2025, lorsque Mahamat Abakar, ancien directeur général du trésor, et actuel coordonnateur du projet AGIR financé par la Banque mondiale, est arrêté dans son bureau par des éléments de l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB), conduits par le directeur adjoint, dont le code est « Missile 2 ». Au départ, les raisons de cette interpellation n’étaient pas claires dans ce contexte, mais l’homme est conduit sans délai dans les locaux de cette unité de police judiciaire à Bangui. Quelques heures plus tard, son épouse, madame Zara Salé Djidalbaye s’est rendue à l’OCRB pour rendre visite à son mari. Profitant de l’occasion, monsieur Mahamat Abakar glisse à son épouse, Zara Salé Djidalbaye, colonel de la douane centrafricaine. Il lui demande une chose simple : aller au ministère des Finances, dans son bureau, pour récupérer l’argent mis de côté dans son sac, destiné à payer les frais de scolarité de leurs enfants.
Zara Salé Djidalbaye agit avec prudence. Le lendemain, 12 mars, elle se rend au ministère. Elle a rencontré les collègues de son mari, et elle fait passer l’information. Les collègues lui ont dit d’être avec un huissier de justice, pour éviter tout problème. Pendant ce temps, le bureau n’était pas scellé par la justice, car celui-ci ne faisait aucun objet d’un lieu du crime. Comprenant le jeu, madame Zara Salé Djidalbaye a fait appel à un huissier de justice pour l’assister dans l’opération. Avec cet auxiliaire de justice à ses côtés, elle ouvre le bureau de son mari, prend l’argent dans le sac comme indiqué, et referme la porte. Une démarche irréprochable, encadrée, transparente. Pourtant, ce geste anodin va déclencher une tempête.
Des individus, dont l’identité reste floue mais dont les intentions semblent douteuses, alertent le directeur général de la police, Bienvenu Zokoué. Ils prétendent que Zara Salé Djidalbaye est entrée dans le bureau de son mari pour prendre des choses suspectes – argent, peut-être plus. Sans attendre d’éclaircissements, Zokoué donne un ordre ferme aux éléments de l’OCRB : arrêter la immédiatement. Les agents de l’OCRB se rendent chez elle et l’interpellent. Elle tente d’expliquer : l’argent pour l’école, l’huissier présent, la légitimité de son action. Rien n’y fait. Elle est emmenée et placée en détention à l’OCRB.
L’histoire ne s’arrête pourtant pas là. Dans la foulée, les forces de l’ordre mènent une descente musclée au domicile du couple et procèdent à la perquisition Font à combe. Là, ils mettent la main sur tout ce qu’ils trouvent : des téléphones mobiles, une tablette appartenant à Zara Salé Djidalbaye, et, surtout, une importante somme de 4,9 millions de FCFA. Cet argent, patiemment mis de côté par la colonel pour financer un pèlerinage, est saisi sans ménagement. Aucun reçu, aucune explication précise. Tout est emporté, comme si ces biens appartenaient désormais à quelqu’un d’autre.
Les jours passent, et la situation devient intenable pour la famille de monsieur Abakar. L’arrestation de Zara Salé Djidalbaye est jugée sans fondement, illégale. Le 13 mars, après plusieurs heures de détention, elle est libérée. Une victoire ? Pas vraiment. Car vient le moment de récupérer ses biens. Sur les 4,9 millions de FCFA saisis, seuls 1 million lui sont rendus. Les 3,9 millions restants ? Volatilisés. Sa tablette, ses téléphones ? Introuvables. Quand elle demande des comptes, le directeur adjoint de l’OCRB lâche une phrase qui glace : c’est Bienvenu Zokoué, le directeur général de la police, qui aurait ordonné de bloquer les 3,9 millions. Mais pourquoi ? Pour qui ? Aucune réponse claire jusqu’à ce jour.
Depuis cette date, Zara Salé Djidalbaye vit dans l’attente. Ses questions restent sans écho. Où est son argent ? Où sont ses biens ? Pourquoi une femme respectée, colonel de la douane, doit-elle subir une telle injustice ? L’opacité qui entoure cette affaire est insupportable. Le directeur adjoint de l’OCRB se retranche derrière les ordres de son supérieur, mais Bienvenu Zokoué, lui, garde le silence. Qui dit la vérité ? Ou, pire, y a-t-il seulement une vérité à chercher ?
Ces 3,9 millions ne sont pas qu’une somme d’argent. Ils représentent le travail, les projets, la dignité d’une femme qui n’a rien fait de mal. La confiscation de ses téléphones et de sa tablette, sans justification, ajoute l’humiliation à l’injustice. Cette affaire n’est pas seulement celle de Zara Salé Djidalbaye. Elle touche tous les Centrafricains qui se demandent si leurs droits ont encore un sens face à ceux qui détiennent le pouvoir.
Les institutions comme l’OCRB ou la direction générale de la police sont là pour protéger, pas pour spolier. Pourtant, dans ce cas, tout semble indiquer un système où les biens saisis s’évaporent sans trace, où les responsabilités s’effacent derrière des ordres flous. Combien de fois des citoyens ont-ils vu leurs affaires disparaître ainsi ? Combien de fois a-t-on entendu « c’est la faute d’un autre » sans que personne ne rende des comptes ?
Il est temps que cela change. Zara Salé Djidalbaye mérite que son argent lui soit rendu, que ses biens lui soient restitués, que la lumière soit faite. Bienvenu Zokoué doit expliquer pourquoi 3,9 millions ont été retenus. Le directeur adjoint de l’OCRB doit dire ce qu’il sait. La transparence n’est pas une option, c’est un devoir. Cette affaire ne peut pas être une de plus, oubliée dans les tiroirs de l’administration. Elle doit marquer un tournant, un moment où les Centrafricains disent : assez.
Monsieur Zokoué, monsieur le directeur adjoint, les 3,9 millions, les téléphones, la tablette : où sont-ils ? La réponse ne concerne pas seulement Zara Salé Djidalbaye. Elle concerne la confiance d’un peuple en ses institutions. Chaque jour de silence est un jour de trop….
CONTACTER CORBEAU NEWS CENTRAFRIQUE
Tel/ WhatsApp : +236 75 72 18 21
Email: corbeaunewscentrafrique@gmail.com
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC



![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
