arrestation d’un général de la milice Azandé

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Le 27 mars, des Mercenaires russes ont capturé le général Limane, chef de la milice Azandé, entre Zemio et Mboki, dans un Haut-Mbomou où les violences de la milice Azandé contre les civils musulmans perdurent. Cette arrestation marque un nouveau chapitre dans une région où cette milice armée hautement criminelle dicte souvent ses propres lois. Transféré rapidement après son arrestation, Limane est désormais détenu à la Section de recherche et d’investigation de la gendarmerie, loin des terres qu’il contrôlait avec ses hommes.
Figure autoproclamée à la tête de la milice Azandé, le général Limane dirigeait des milliers de combattants dans des villes comme Mboki, Zemio ou Djema. Son interpellation par des mercenaires russes du groupe Wagner, présence influente en Centrafrique, intervient dans un contexte où le gouvernement peine à reprendre réellement le contrôle de ladite préfecture. Pourtant, les raisons exactes de cette arrestation restent floues, aucune communication officielle n’ayant clarifié les charges pesant contre lui.
Un élément refait surface au cœur des débats : une déclaration choc prononcée par le général Limane quelques jours avant sa capture. Dans un message audio diffusé au sein de la communauté Zandé de la RCA, de la RDC et du Soudan – du Sud, selon ses propres termes , il ordonnait aux musulmans, commerçants ou non, de ne pas quitter plusieurs localités du Haut-Mbomou qu’ils y s’installent, imposant une limite stricte de cinq kilomètres sous peine d’arrestation et éventuellement des conséquences déjà connues. Et le général Limane ne s’est pas arrêté là. Il revendiquait également le déploiement de 1 500 hommes autour de Zemio, autant à Mboki, et d’autres unités à Djema pour faire respecter cet interdit. Certains observateurs estiment que cette sortie, jugée provocatrice, a pu précipiter sa chute, en attirant trop d’attention sur ses agissements.
D’autres analyses divergent. Pour certains, l’arrestation de Limane s’inscrit plutôt dans une réponse aux multiples crimes attribués à la milice Azandé, notamment des massacres contre des civils musulmans dans la région du Haut-Mbomou. En effet, deux mois plus tôt, dix miliciens Azandé avaient été interpellés, et six d’entre eux ont été transférés il y a deux semaines à la prison centrale de Ngaragba, dans le septième arrondissement de Bangui. Ces observateurs affirment que l’arrestation du général Limane pourrait être liée à cette vague répressive, visant à démanteler un réseau responsable d’exactions répétées contre la communauté musulmane, bien plus qu’à une simple déclaration.
Ce flou reflète les défis auxquels font face le gouvernement centrafricain et ses alliés russes du groupe Wagner. Wagner, qui a formé certains combattants Azandé avant leur supposée intégration aux Forces armées centrafricaines, entretient une relation ambiguë avec ces milices. Pendant ce temps, la communauté musulmane du Haut-Mbomou reste prise en étau, entre les violences de cette milice armée et des stratégies de contrôle qui semblent échapper à toute cohérence. L’arrestation de Limane, loin de tout résoudre, laisse planer le doute sur ce qui motive réellement ces opérations dans une région où la paix demeure hors de portée….
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
