La Haute Autorité de Bonne Gouvernance : la nouvelle une arme politique au service de Touadéra

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
À quelques mois des élections, le régime de Faustin-Archange Touadéra dégaine une nouvelle tactique : transformer la Haute Autorité chargée de la Bonne Gouvernance en machine à broyer certaines personnalités de l’opposition. Derrière les beaux discours, une réalité bien plus sombre se dessine.
En effet, le pouvoir en place ne recule devant rien désormais. En février 2025, une loi toute fraîche, la n° 25.003, donne à la Haute Autorité de Bonne Gouvernance (HABG) le droit de convoquer qui elle veut, quand elle veut, pour « rendre des comptes ». Sur le papier, ça sonne bien : une institution censée traquer la corruption et les détournements, née des espoirs du dialogue politique de 2015 et inscrite dans la Constitution de 30 mars 2016. Mais en pratique, c’est une tout autre histoire. Depuis l’arrivée de Touadéra au pouvoir, cette structure patauge dans le vide, incapable de faire bouger les choses. Pourquoi ? Parce que le président lui-même tient les rênes et bloque tout ce qui pourrait le gêner, lui ou ses proches.
Regardez les faits. Des dossiers de détournements massifs : fonds COVID, gestion opaque du carburant, dons de la Banque mondiale pour les routes et biens d’autres, s’entassent sur son bureau. Des preuves solides, des chèques signés, des appuis financiers détournés : tout est là, bien documenté par la Haute Autorité de Bonne Gouvernance. Et pourtant, silence total. Le président lit, voit, sait, mais ne bouge pas d’un pouce. En 2023, des journalistes du CNC ont discuté avec des membres de l’institution, qui ont lâché le morceau : « C’est le chef de l’État qui bloque tout ». Les cas de vols en bande organisée impliquent même des gens tout en haut, mais personne n’ose piper mot quand ça touche le clan mafieux du régime.
Et maintenant, à l’approche des élections générales de fin 2025, voilà que Touadéra sort son joker. Cette loi, votée en février, n’est pas là pour nettoyer la maison. Non, elle sert à mettre la pression sur ceux qui pourraient lui faire de l’ombre : des opposants, des indépendants, des anciens dignitaires des régimes de Bozizé ou de la transition. L’idée est simple : les convoquer, les salir, les intimider, les faire taire. Pendant ce temps, les immeubles poussent comme des champignons à Bangui. Le président, ses ministres, le chef d’état-major, leurs femmes, les membres du conseil constitutionnel, les directeurs généraux : tous construisent des duplex, des étages, des fortunes visibles à l’œil nu. D’où vient l’argent ? Mystère. La Haute Autorité de Bonne Gouvernance, elle, regarde ailleurs face à cette grande mafia.
Parlons de Touadéra lui-même. Premier ministre sous Bozizé pendant cinq ans, il est devenu, selon le magazine américain Forbes en 2017, le premier milliardaire centrafricain. Recteur d’université avant ça, sans business connu, et pourtant des maisons partout dans la capitale. Aujourd’hui président, il bâtit encore, toujours plus grand, toujours plus haut. Mais ça, la Haute Autorité de Bonne Gouvernance ne le voit pas. Elle préfère fouiller dans les placards des anciens régimes, ceux que Touadéra veut écraser, pendant que ses alliés s’en mettent plein les poches sous son nez.
Et les exemples ne manquent pas. Prenez Héritier Doneng, ministre de la Jeunesse et des Sports. L’année dernière, en pleine préparation des Jeux olympiques de Paris, il a piqué dans la caisse du comité olympique centrafricain. Un scandale qui a fait du bruit. Le Premier ministre Félix Moloua lui a demandé de rembourser, mais Doneng a répondu par des attaques sur les réseaux sociaux, avec ses sbires en renfort. Résultat ? Le Premier ministre a baissé les bras, et l’affaire s’est évaporée. Silence du président, silence de la Haute Autorité de Bonne Gouvernance. Autre cas : les 400 millions de francs CFA débloqués par le Trésor public pour la rénovation du stade 20 000 places. Doneng, chef milicien du régime, a détourné l’argent via ses propres entreprises bidon. Les travaux ? Un fiasco. L’argent ? Envolé. La Haute Autorité de Bonne Gouvernance sait, mais ne bouge pas.
Il y a aussi Ernest Mada, ministre chargé du secrétariat du gouvernement. Quand il était directeur de cabinet au ministère de l’Éducation, il a détourné 80 millions de francs CFA, des fonds de partenaires internationaux pour des équipements et des livres. Tout le monde est au courant, y compris la Haute Autorité de Bonne Gouvernance. Sa défense ? « C’est pas moi, c’est un autre Ernest Mada ». Sérieusement ? Deux types avec le même nom au même poste ? Et la Haute Autorité de Bonne Gouvernance avale ça sans broncher. À la Défense, un ancien ministre a siphonné près d’un milliard de francs CFA : les chèques sont là, les preuves aussi. Mais Touadéra fait la sourde oreille.
Et que dire de Daniel Nzéwé, chargé de mission au ministère de la jeunesse et des sports? Ce grand bandits, faussaire des faussaires, a détourné massivement, mais c’est silence radio. Sans parler de Arthur Piri, ministre de l’Énergie et neveu de Touadéra, un champion du vol à grande échelle : immeubles, duplex, étages partout. La Haute Autorité de Bonne Gouvernance? Muette. On pourrait remplir un livre de mille pages avec ces histoires – et encore, ce ne serait pas assez.
C’est une honte. Les discours sur la bonne gouvernance, la chasse aux voleurs, ce ne sont que des mots pathétique pour amuser la galerie – et la communauté internationale par la même occasion. La réalité, c’est un président qui se sert d’une institution pour protéger ses intérêts et ceux de son clan, tout en jouant les justiciers devant les caméras. Les Centrafricains ne sont pas dupes. Ils voient les bâtiments luxueux, les détournements impunis, et cette justice à deux vitesses qui frappe les ennemis politiques mais épargne les amis. À quelques mois d’un scrutin nécessaire , cette loi n’est pas un outil de transparence : c’est une matraque pour faire taire les gêneurs. Touadéra ne cherche pas la vérité, il cherche le pouvoir, coûte que coûte. Et ça, c’est une honte pour un pays qui mérite mieux que ces jeux de dupes….
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
