Centrafrique : Un appel à témoins international lancé par Le cabinet d’avocats Larochelle provoque la colère de Bangui

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Les mercenaires russes du groupe Wagner et les autorités centrafricaines ciblés par une enquête sur des crimes de masse commis sur le territoire centrafricain.
Le cabinet d’avocats Larochelle, établi à Montréal au Canada, a lancé le 17 janvier 2025 un vaste appel à témoins sur les crimes commis en République centrafricaine. Cette initiative du cabinet d’avocats Larochelle , qui cible directement le groupe Wagner et plusieurs hauts responsables du régime, révèle l’ampleur des atrocités commises dans le pays depuis 2017.
Dans son communiqué, Me Philippe Larochelle du cabinet d’avocats Larochelle demande des informations sur “les exactions commises par le groupe Wagner entre 2020 et 2024”, particulièrement dans les préfectures de la Ouaka, Haute-Kotto, Nana-Mambéré, Ouham, Bamingui-Bangoran et Vakaga. Le document cite spécifiquement le ministre de l’Élevage Hassan Bouba, “impliqué dans plusieurs attaques de sites de déplacés, de mosquées et églises à Bambari et Alindao.”
Comme tous les centrafricains le savent, peut-être le cabinet d’avocats Larochelle également, le groupe Wagner en Centrafrique a une méthodologie minutieuse de ses exactions. Ces criminels russes, présents depuis 2018 à la demande du président Touadéra, ont développé un système sophistiqué pour dissimuler leurs crimes. “Ils décapitent ou brûlent les corps des victimes, retirent parfois leurs organes ou les attachent à des pierres avant de les jeter dans les rivières afin d’éviter que les corps jetés dans l’eau ne reviennent sur surface “, explique un travailleur humanitaire joint par la rédaction du CNC.
En outre, les mercenaires russes du groupe Wagner interdisent formellement toute documentation de leurs actions. “Quiconque est surpris en train de filmer ou de photographier risque la mort immédiate”, témoigne un habitant de Bria contacté par CNC. Les mercenaires russes bloquent régulièrement l’accès aux sites d’exactions aux équipes de casques bleus de la Minusca et aux organisations humanitaires, mais également à tous les centrafricains curieux qui tentent de s’approcher du lieu.
La réponse du gouvernement centrafricain au cabinet d’avocats Larochelle ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué signé par le ministre de la Communication Maxime Balalou le 30 janvier, Bangui dénonce une “démarche non professionnelle” et une “instrumentalisation géostratégique”. Le gouvernement rappelle que “la RCA est un État souverain” et affirme qu’“aucun crime ou délit ne saurait resté impuni”.
“Avec un tel langage du gouvernement, c’est devenu leur excuse pour massacrer la population en toute impunité”, dénonce un activiste de la société civile centrafricaine. “Ils modifient la Constitution à leur guise, comme celle du 30 août 2023 dont personne ne sait où elle a été rédigée, pour permettre à Touadéra de rester président à vie.”
Les principaux responsables sont clairement identifiés par le peuple centrafricain. Au sommet, le président Touadéra lui-même, qui a fait venir les mercenaires russes et reste sourd aux souffrances de la population. Le chef d’état-major des armées, le général Zéphirin Mamadou, le directeur général de la police, Bienvenu Zokoué, le directeur général de la gendarmerie, qui ont totalement abandonné leur autorité au groupe Wagner, qui commande désormais l’armée, la gendarmerie et la police nationales.
“Quiconque critique est immédiatement qualifié d’ennemi du peuple et risque la mort”, explique un activiste centrafricain des droits humains. Des milliers de familles pleurent leurs disparus. Les ONG et les Nations Unies documentent ces atrocités malgré les obstacles. “Ce ne sont pas des inventions mais une terrible réalité quotidienne que les centrafricains y vivent, et comptent le dénoncer au cabinet d’avocats Larochelle “, souligne un responsable onusien.
Le communiqué du cabinet d’avocats Larochelle a ravivé l’espoir de nombreux Centrafricains. “La Cour Pénale Internationale est intervenue au Kenya pour 1000 morts. Ici, nous dépassons les 2000 victimes”, rappelle un juriste centrafricain. Le président kényan lui-même s’était présenté devant la CPI malgré sa fonction.
Les organisations humanitaires confirment la sophistication des méthodes du groupe Wagner. “Ils anticipent les enquêtes internationales en effaçant systématiquement les preuves”, explique un activiste centrafricain du droit humain. “Mais les témoignages s’accumulent et les familles des victimes n’oublieront pas”.
Le ministre Maxime Balalou, porte-parole officieux du groupe Wagner, persiste à brandir l’argument de la souveraineté nationale. “Mais la souveraineté ne peut justifier le massacre d’un peuple”, rétorque un leader religieux. “La CPI existe précisément pour juger les crimes que les États ne peuvent ou ne veulent pas poursuivre“, ajoute-t-il
Les Nations Unies et plusieurs ONG internationales ont documenté de nombreux cas où les Wagner empêchent délibérément l’accès aux sites d’exactions. “Ils établissent des checkpoints, bloquent les routes, menacent les enquêteurs”, détaille un commerçant centrafricain de Bambari. “Mais les preuves finissent toujours par émerger“. Et c’est justement le prochain boulot du cabinet d’avocats Larochelle .
Pour beaucoup de Centrafricains, cet appel à témoins du cabinet d’avocats Larochelle marque un tournant. “La peur change de camp”, observe un ancien avocat centrafricain. “Le régime et les Wagner se croyaient tout-puissants avec leurs modifications constitutionnelles et leur impunité. Maintenant, ils découvrent que la justice internationale reste vigilante“.
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
