Sorcellerie et lynchage : le village Garba sombre dans l’horreur

Bangui, CNC. Un acte de justice populaire a dégénéré en bain de sang dans le village Garba, à 50 km de Bozoum sur l’axe Nanga-Boguila. Les affrontements meurtriers entre deux familles révèlent l’absence totale de l’autorité de l’État dans les zones reculées de la République centrafricaine.
Une spirale de violence meurtrière dans le village Garba
Le drame a commencé dans le village Garba le week-end dernier lorsqu’une famille a accusé une femme d’une soixantaine de pratiquer la sorcellerie “Ngbin” sur leurs parents. Sans aucune forme de procès, ils ont capturé la dame avant de la battre à mort. En représailles, les proches de la victime, armés de couteaux, ont attaqué les bourreaux, provoquant plusieurs décès dans les deux camps rivaux.
Le village Garba livré à lui-même
“En l’absence totale des forces de l’ordre et d’un tribunal, les habitants règlent leurs différends par la violence”, déplore Martin Zala, notable du village. “Cette situation explosive perdure car personne ne peut faire respecter la loi”.
L’impuissance de la justice officielle
Le tribunal de Bozoum existe mais fonctionne à un rythme compliqué, faute de moyens et de personnel. “Les magistrats brillent par leur absence et les forces de l’ordre sont inexistantes dans des localités éloignées”, explique Me Jean Mballa, avocat au barreau de Bangui. “Cette défaillance de l’État pousse les populations à se faire justice elles-mêmes“.
Un phénomène en expansion
Cette tragédie du village Garba n’est pas un cas isolé dans le pays. La justice populaire gagne du terrain dans les zones rurales centrafricaines abandonnées par l’État. Les accusations de sorcellerie débouchent régulièrement sur des exécutions sommaires, suivies de cycles de vengeances meurtrières.
Les familles endeuillées du village Garba restent dans une tension extrême, sans aucune perspective de médiation officielle. Cette situation dramatique révèle l’urgence de restaurer l’autorité de l’État et un système judiciaire fonctionnel sur l’ensemble du territoire centrafricain.
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
