Affaire de la ville morte : Le Cabinet Gomongo et les avocats accablent le Parquet de Bangui

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​L’affaire de la « ville morte » et la chasse aux sorcières menée contre les figures de la société civile continuent de secouer la capitale Bangui.

Alors que les cinq leaders de la société civile croupissent illégalement dans les geôles, la machine répressive du régime de Touadéra se prend les pieds dans le tapis judiciaire. Entre la mise en demeure foudroyante d’un collectif d’avocats et l’amateurisme juridique d’une Constitution taillée en catimini, la 7e République étale au grand jour son mépris total des libertés.

 

Affaire de la ville morte : Le Cabinet Gomongo et les avocats accablent le Parquet de Bangui
Banderole ville morte a bria dans haute koto pourparlers khartoum

 

​Dans un réquisitoire implacable avant réquisitoire daté du 23 octobre 2026, le Cabinet Gomongo, agissant aux côtés de ses confrères pour la défense des intérêts de MM. NGUEMALE Elysée, NGBOUANDO Quentin Claver, BENDO NDENY Steve Francis, MARDIOS Barry et MOKPEM Igor, est monté au créneau pour exiger la libération immédiate et sans condition de ses clients.

 

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​Arrestations arbitraires le 15 octobre, transfèrements nocturnes forcés du Camp de Roux au commissariat central et à la Compagnie Nationale de Sécurité (CNS), avant un énième transfert le 19 octobre à la Section de Recherches et d’Investigations (SRI), le parcours du combattant imposé à ces citoyens démontre l’arbitraire le plus total.

 

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Dans le requisitoire que la rédaction du CNC à pu consulter, le collectif d’avocats relève que le délai légal de la garde à vue, fixé à 72 heures renouvelables une seule fois par l’article 40 du Code de procédure pénale, est largement dépassé, transformant d’emblée cette garde à vue en une véritable séquestration administrative.

​Le Cabinet Gomongo ne s’arrête pas là et épingle le Parquet pour sa violation manifeste du secret de l’enquête, article 12 du Code de procédure pénale et article 148 du Code pénal, s’empressant de jeter en pâture dans les médias de la place de prétendues preuves saisies dans les téléphones des détenus en l’absence de leurs conseils. Une instrumentalisation éhontée qui bafoue les droits de la défense.

​Mais cette affaire met en lumière un autre symptôme de la faillite institutionnelle du pays : le chaos juridique provoqué par leur fameuse Constitution de la 7e République.

Rédigée en catimini par un cercle restreint, dans l’opacité la plus totale et sans qu’aucun citoyen ne connaisse jusqu’à ce jour les membres de cette prétendue assemblée constituante, cette loi fondamentale a été taillée à la hache.

​Résultat de cette précipitation dictatoriale ? Les textes du pays se contredisent ouvertement.

D’un côté, le Code de procédure pénale encadre rigoureusement les procédures ; de l’autre, cette Constitution bricolée en cachette vient perturber l’édifice juridique, créant une insécurité permanente.

​Mais à y regarder de près, le régime est pris au piège de ses propres aberrations. En voulant maintenir ces leaders de la société civile en détention au mépris de toutes les règles, les services de police, la SRI et le Parquet piétinent à la fois le Code de procédure pénale et les principes de leur propre Constitution.

Le Cabinet Gomongo dénonce les violations du Code de procédure pénale et exige du Parquet de Bangui la libération immédiate des militants de la société civile placés en garde à vue.

​Entre des lois improvisées dans les officines du pouvoir et des magistrats aux ordres qui exécutent les basses œuvres, la justice centrafricaine est devenue une farce tragique. Une chose est sûre : ni les gesticulations du Parquet ni les textes de pacotille ne pourront masquer la nature arbitraire de ces arrestations.

Le peuple centrafricain et la communauté internationale observent, et la liberté de ces militants de la société civile reste non négociable.

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Gisèle MolomaFonction : Cheffe du service des investigations Corbeau News CentrafriqueIdentité Journaliste centrafricaine. Responsable des enquêtes au sein de Corbeau News Centrafrique, où elle coordonne les investigations et supervise la production des dossiers sensibles.FormationMaîtrise en droit Université de BanguiMaster en gestion des ressources publiques Université Paul Valéry, Montpellier, FranceSpécialités Enquêtes d’investigation Analyse juridique des affaires publiques Études sur la gouvernance et les politiques publiques Crises sécuritaires et politiques en CentrafriqueDescription Gisèle Moloma est une journaliste spécialisée dans l’investigation et l’analyse juridique des affaires publiques. Son travail se distingue par une approche rigoureuse, fondée sur la vérification des faits et l’étude des mécanismes de gouvernance. Au sein de Corbeau News Centrafrique, elle dirige les enquêtes majeures du média et contribue à la production de dossiers approfondis sur les enjeux politiques et sécuritaires du pays.Adresse professionnelle Corbeau News Centrafrique BP 1500, Bangui, République centrafricaine