
Alors que les autorités centrafricaines ont officiellement lancé la rentrée scolaire 2026-2027 à Boali, dans une cérémonie présentée en grande pompe, la réalité observée sur le terrain est tout autre dans plusieurs villes du pays. À Gambo, dans la préfecture du Mbomou, les élèves attendent toujours de retrouver leurs salles de classe, alors que le mois de novembre approche.
Le contraste entre les discours officiels et les conditions réelles de reprise des cours est particulièrement visible dans cette localité du sud-est de la République centrafricaine. D’après les informations recueillies par la rédaction du CNC et les constats de son équipe sur place, la rentrée scolaire reste largement théorique à Gambo. Dans les établissements visités, les signes d’une reprise effective des activités pédagogiques sont difficiles à trouver.

À Gambo, des écoles envahies par les herbes et sans préparation visible
Dans les établissements scolaires de la ville, les herbes ont envahi les cours et les abords des bâtiments. Aucun nettoyage suffisant ne semble avoir été effectué pour accueillir les élèves dans des conditions convenables. L’entretien des espaces scolaires, pourtant indispensable avant la reprise des cours, ne paraît pas avoir constitué une priorité.
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Cette situation pose une question simple : comment les enfants peuvent-ils reprendre normalement le chemin de l’école lorsque les établissements eux-mêmes ne semblent pas prêts à les recevoir ?
À l’approche du mois de novembre, l’absence de préparation visible suscite des inquiétudes sur le calendrier réel de la reprise. Les élèves restent dans l’attente, tandis que les salles de classe ne donnent pas l’image d’établissements préparés pour une nouvelle année scolaire.
Au-delà du nettoyage, les informations recueillies par la rédaction du CNC font état d’un manque de mobilisation et de sensibilisation autour de la rentrée. Or, une reprise effective suppose non seulement l’ouverture des bâtiments, mais aussi la présence des enseignants, la disponibilité des responsables scolaires et l’organisation concrète des cours.
Des enseignants toujours absents, le primaire et le secondaire en difficulté
Les difficultés ne concernent pas uniquement l’état matériel des écoles. Le système éducatif local souffre également d’un manque d’enseignants qualifiés, aussi bien dans le primaire que dans le secondaire.
Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, la présence des enseignants nécessaires au démarrage des cours n’est pas assurée. Cette indisponibilité compromet la reprise des activités pédagogiques et laisse les familles dans l’incertitude quant à la scolarité de leurs enfants.
La situation est particulièrement préoccupante au Centre d’enseignement secondaire (CES) de Gambo. D’après les témoignages recueillis, le responsable de l’établissement, présenté comme étant resté à Bangui, n’a pas rejoint son poste. Le censeur serait également toujours dans la capitale.
L’absence de ces responsables pose la question de l’organisation administrative de l’établissement et de la supervision de la reprise des cours. En leur absence, et sans disponibilité suffisante des enseignants, les conditions nécessaires au fonctionnement normal du collège ne semblent pas réunies.
Plus de deux ans sans professeurs de mathématiques ni de SVT
Les difficultés du CES de Gambo ne datent pas de cette rentrée scolaire. Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, l’établissement ne dispose pas de professeur de mathématiques ni de sciences de la vie et de la Terre (SVT) depuis plus de deux ans.
Cette carence prive les élèves d’un enseignement régulier dans deux matières importantes de leur cursus. Elle risque également d’aggraver les inégalités entre les enfants de Gambo et ceux qui fréquentent des établissements où les enseignants sont effectivement présents.
Les informations recueillies indiquent par ailleurs que le CES ne dispose pas d’une équipe suffisante de professeurs pour assurer les cours au niveau du secondaire. Le responsable de l’établissement serait lui-même l’un des rares enseignants disponibles, ce qui ne peut évidemment pas couvrir l’ensemble des besoins pédagogiques.
Dans ces conditions, même si les cours reprenaient partiellement, la question resterait entière : avec quels enseignants et dans quelles matières les élèves pourraient-ils étudier normalement ?
Une rentrée annoncée au niveau national, mais toujours attendue sur le terrain
Dans la préfecture du Mbomou, les établissements scolaires souffrent d’un manque criant d’enseignants qualifiés pour encadrer les élèves.
Le cas de Gambo illustre le décalage entre l’annonce officielle de la rentrée scolaire et sa mise en œuvre dans certaines localités. Une cérémonie de lancement, même organisée en grande pompe, ne suffit pas à garantir que les élèves ont effectivement repris les cours dans les établissements du pays.
Pour les familles de Gambo, les priorités sont concrètes : des enseignants présents, des responsables scolaires à leurs postes, des salles de classe entretenues et un calendrier clair de reprise. Sans ces conditions minimales, l’année scolaire risque de commencer avec des retards importants et des pertes d’apprentissage pour les enfants.
À mesure que le mois de novembre approche, l’absence de reprise effective devient une préoccupation grandissante. Chaque semaine perdue réduit davantage le temps disponible pour achever les programmes scolaires et préparer les élèves aux examens.
Les autorités éducatives sont ainsi appelées à clarifier la situation de Gambo, à préciser quand les cours pourront réellement commencer et à prendre les mesures nécessaires pour affecter des enseignants qualifiés dans les établissements qui en manquent.
Car, pour les enfants de cette ville de la préfecture du Mbomou, la rentrée scolaire ne peut pas se limiter à une annonce officielle. Elle doit se traduire par des enseignants dans les classes, des cours effectivement dispensés et des écoles prêtes à accueillir les élèves.
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