
Maître Nicolas Tiangaye, avocat des cinq leaders de la société civile arrêtés après l’appel à la ville morte contre la hausse des prix des hydrocarbures, dénonce les restrictions imposées aux libertés publiques. Il accuse le régime de Faustin-Archange Touadéra de s’éloigner des principes de l’État de droit.
La liberté d’expression au cœur des critiques de l’avocat
La contestation de la hausse des prix des hydrocarbures a conduit à l’arrestation de cinq responsables de la société civile. Ces derniers avaient appelé la population à rester à domicile pour protester contre l’augmentation des prix du carburant.

Pour maître Nicolas Tiangaye, une telle initiative relève de l’expression d’une opinion sur une décision des pouvoirs publics. Il estime que les citoyens doivent pouvoir contester les mesures gouvernementales sans être automatiquement exposés à des poursuites pénales.
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L’avocat critique les restrictions imposées aux responsables de la mobilisation. Il considère que les libertés d’expression, d’opinion et de réunion constituent des garanties constitutionnelles que les autorités doivent respecter.
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Dans sa déclaration, il affirme que l’interdiction faite aux leaders de la société civile d’exprimer leur opinion sur la hausse des prix des hydrocarbures est contraire aux principes constitutionnels.
Un régime accusé de privilégier l’arbitraire
Maître Nicolas Tiangaye va plus loin dans ses critiques. Il estime que les pratiques qu’il dénonce sont incompatibles avec les exigences d’un État de droit.
« La nature de ce régime est aux antipodes de l’État de droit », déclare-t-il, en dénonçant ce qu’il considère comme une politique fondée sur l’arbitraire.
Pour l’avocat, la contestation des prix du carburant ne justifie pas, à elle seule, de priver les responsables de la société civile de leurs libertés. Il rappelle que la demande adressée aux pouvoirs publics portait sur une mesure économique qui affecte directement les dépenses des ménages.
Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions entre les autorités et des acteurs de la société civile opposés à la hausse des prix des hydrocarbures. L’arrestation des cinq activistes a placé les conditions d’exercice des libertés publiques au centre des critiques formulées par leur défense.
Les droits de la défense également mis en cause
Les critiques de maître Nicolas Tiangaye concernent aussi le traitement judiciaire des personnes arrêtées. Selon sa déclaration, les avocats constitués pour leur défense n’ont pas pu rencontrer leurs clients dans les locaux où ils étaient détenus.
L’avocat affirme que les policiers ont consulté leur hiérarchie avant de leur refuser l’accès aux détenus. Il estime que cette situation empêche les défenseurs de recueillir les informations nécessaires à la préparation de leur intervention.
La contestation des mesures économiques concernant les hydrocarbures met en lumière les tensions persistantes autour des libertés publiques et des actions menées par la société civile en Centrafrique.
La défense attend également que les autorités judiciaires précisent les infractions reprochées aux cinq activistes. Maître Nicolas Tiangaye soutient qu’appeler la population à rester chez elle pour protester contre les prix du carburant ne constitue pas, en soi, un crime ou un délit.
Il réclame ainsi le respect des garanties légales et constitutionnelles dans le traitement de cette affaire, alors que les autorités judiciaires n’ont pas encore précisé, dans les éléments rapportés par l’avocat, la qualification juridique retenue contre ses clients.
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