
Le développement d’un pays ne se mesure pas au nombre de promesses faites, mais au nombre de projets réellement terminés et utiles à la population. Le Centrafrique ne manque pas de potentiel. Elle manque de continuité, de responsabilité, de suivi dans l’exécution du projet.
En République Centrafricaine, les projets ne manquent jamais, à chaque période politique de nouvelles promesses font une apparition, la modernisation des routes, proposition des emplois pour les jeunes, réhabilitation des écoles, accès à l’eau potable, électricification des quartiers, soutien à l’agriculture ou encore aide dans le secteur entrepreunarial.
Les discours sont beaux, les cérémonies sont grandioses, les photos circulent sur les réseaux sociaux, des banderoles affichées mais quelques mois plus tard, le silence règne et les projets disparaissent sans véritable suivi.
Le véritable problème n’est plus le manque d’idées, mais le manque de continuité. Beaucoup de projets commencent avec enthousiasme, puis meurent lentement faute d’organisation, de contrôle ou de volonté.
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On lance des projets mais on ne surveille pas.
On promet, mais on n’évalue pas.
Alors la population perd confiance et le développement reste bloquer.
Prenons l’exemple de certaines routes de Bangui et des provinces, plusieurs chantiers ont été annoncés pour améliorer la circulation et désenclaver certaines régions. Mais dans plusieurs cas les travaux avancent lentement ou restent inachevés pendant des années. À kabo, dans la préfecture de l’ouham Fafa à 444 km de Bangui les routes sont tellement dégradées, la population se plaigne, même le village Poumbaïndji situé à 12km de Paoua sur la route qui mène à Bozoum, l’état des routes est déplorable. Dans certains quartiers comme voudambala, yassinda, yassara, koukoulou les routes ne sont pas pratiquables. Pendant ce temps, la population continue de souffrir à cause des routes dégradées, surtout pendant la saison des pluies.
Rappelons aussi que certaines voies comme marabena, etc sont régulièrement réparées de manière superficielle, mais quelques semaines plus tard, les mêmes problèmes réapparaissent faute d’entretien durable et de suivi rigoureux des travaux réalisés. Il faut retenir que les conséquences sont nombreuses, les conducteurs dépensent beaucoup pour l’entretien de leurs véhicules, les accidents de circulation augmentent, les coûts de transport des marchandises s’élèvent et certaines localités deviennent difficilement accessibles. Le marché devient de plus en plus cher à cause de ces routes dégradées alors cette situation ralentit le commerce, freine aussi les activités économiques et affecte directement le quotidien de nous centrafricains.
Pour le secteur de l’électricité, n’en parlons pas mais il est aussi un exemple concret car depuis des années, nous centrafricains entendent parler des projets d’amélioration de l’énergie et de réduction des coupures. Pourtant, dans plusieurs quartiers de Bangui et dans les villes de province, les coupures restent fréquentes. Il y a certaines familles qui vivent qu’au biais de l’électricité en vendant de l’eau, du yaourt, même les menuisiers vivent à travers le courant, des vendeurs du jus de fruits aussi etc. Certains élèves ont tellement besoin du courant pour potasser. Le pays a besoin de l’électricité. Chaque année, on nous fait croire qu’on va régler le problème de Boali pour tout bon mais pendant la saison sèche, notre pandémie recommence. Des citoyens perdent leur vie dans les hôpitaux par manque d’électricité. Des promesses non réalisées, alors de nombreuses familles et petits commerçants continuent de vivre dans l’obscurité malgré les nombreuses promesses faites autour de l’énergie.
La jeunesse centrafricaine connaît également cette frustration du fait que plusieurs programmes de soutien à l’emploi des jeunes et à l’entrepreneuriat ont été annoncés, des formations sont parfois organisées mais après la formation, beaucoup de jeunes ne reçoivent aucun accompagnement concret.
Dans certaines écoles publiques également, des projets de réhabilitation ont été annoncés depuis des années. Pourtant des élèves continuent d’étudier dans des salles dégradées, sans bancs ni bonnes conditions d’apprentissage, dans certaines provinces l’école n’existe presque jamais. La population attend toujours les améliorations promises dans plusieurs hôpitaux et centre de santé.
En Centrafrique, les routes dégradées et les coupures d’électricité récurrentes pénalisent l’économie, tandis que les programmes d’aide à l’emploi des jeunes manquent cruellement d’un accompagnement concret.
A l’issue de ces analyses, il convient de retenir que ce manque de suivi créé une grande déception dans le cœur de chaque citoyen et force est aussi de constater que beaucoup de citoyens finissent par ne plus croire aux annonces officielles. Les promesses répétées sans résultats visibles détruisent progressivement la confiance entre les dirigeants et le peuple. Pourtant, les centrafricains ont besoin des projets sérieux durables.
À chaque projet, il faut un suivi car un projet sans suivi ressemble à une graine plantée sans eau. Il ne suffit pas d’annoncer une initiative, il faut l’accompagner jusqu’au résultat final. Célà demande de la rigueur, de la transparence et surtout une réelle volonté de servir la population.
Par Jonas Le Bonheur Mandaba.
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