Bataille autour de la Mosquée du 6e arrondissement : à qui appartiennent réellement les droits revendiqués sur l’édifice ?

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La reprise des activités religieuses à la mosquée du 6e arrondissement de Bangui ouvre un nouveau volet dans le différend qui oppose plusieurs acteurs autour de cet édifice. Au cœur du dossier se trouve désormais une question précise : quels droits l’Association Mains Tendues de Touadéra (AMTT) peut-elle revendiquer sur la mosquée au regard du financement et des travaux réalisés ?

 

L’AMTT invoque le financement de la reconstruction

 

Dans une mise en demeure datée du 5 octobre 2026, le cabinet de Maître Claude Saint Pierre Goubano, agissant pour l’Association Mains Tendues de Touadéra, demande l’arrêt des travaux engagés sur la mosquée.

 

Bataille autour de la Mosquée du 6e arrondissement : à qui appartiennent réellement les droits revendiqués sur l’édifice ?
L’Imam Abdoulaye Ouasselegué, Président du Bureau Exécutif National du Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique, lors de son interview. Photo CNC

 

Le document affirme qu’après la destruction de l’édifice lors des violences de 2018, le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, aurait remis des fonds au coordinateur de l’association, Alamine Baraka, afin de permettre sa reconstruction.

 

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L’AMTT affirme également avoir pris en charge les travaux de reconstruction. Sur cette base, l’association conteste les interventions effectuées récemment sur le site et demande leur arrêt immédiat.

 

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Mais le document consulté par la rédaction du CNC ne dit pas que le président de la République serait personnellement propriétaire de la mosquée. Il établit plutôt que l’association invoque un financement présidentiel et les travaux qu’elle dit avoir réalisés pour faire valoir des droits sur l’édifice.

 

Cette distinction est importante dans un dossier où la question du financement se retrouve désormais directement liée à celle du contrôle de la mosquée.

 

Des travaux réalisés avec plusieurs contributions

 

La reconstruction de la mosquée a commencé après plusieurs années durant lesquelles les fidèles du 6e arrondissement ont été privés de leur lieu de prière.

 

D’après les informations recueillies par la rédaction du CNC, les travaux engagés en 2025 ont connu plusieurs périodes d’interruption. Des contributions destinées à la reconstruction ont été mobilisées, tandis que des fidèles ont également participé à la poursuite du chantier lorsque les moyens disponibles ne permettaient pas d’avancer normalement.

 

Un comité chargé du suivi des travaux avait notamment été constitué afin d’organiser la reconstruction. La situation s’est ensuite dégradée entre les différents intervenants, jusqu’à l’arrêt des travaux.

 

Les fidèles ont finalement décidé de réinvestir les lieux pour reprendre les prières. Des aménagements ont été effectués sur place afin de permettre l’ouverture de la mosquée et la reprise des offices religieux.

 

Une mise en demeure qui pose la question des droits sur la mosquée

 

Le 29 septembre 2026, une note d’information adressée au commissaire de police du 6e arrondissement annonçait la reprise des activités religieuses dans la mosquée.

 

Le document, signé au nom de la communauté musulmane du 6e arrondissement par l’imam Abdoulaye Ouassélégue, précisait que les fidèles souhaitaient reprendre leurs obligations religieuses, notamment la prière du vendredi, dans l’attente de l’achèvement des travaux.

 

La mairie du 6e arrondissement et le chef du quartier Linguïssa II avaient reçu copie de cette note. Aucun élément de ce document ne permet d’établir que le maire aurait ordonné la reprise des travaux ou dirigé l’ouverture de la mosquée.

 

Quelques jours plus tard, l’AMTT a engagé une démarche juridique pour demander l’arrêt des interventions sur le bâtiment. Une sommation d’arrêt des travaux valant mise en demeure avant poursuite judiciaire a ensuite été signifiée le 5 octobre 2026 par Maître Jean-Paul Togo, huissier de justice à Bangui.

 

Le financement ne suffit pas, à lui seul, à établir la propriété

 

Le dossier fait ainsi apparaître une question qui dépasse le simple désaccord sur les travaux : celle du statut juridique de l’édifice.

L’Association Mains Tendues de Touadéra revendique des droits sur l’édifice suite à la mise en demeure signée par le cabinet juridique, tandis que le Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique supervise la reprise des prières.

 

Le fait qu’une association affirme avoir reçu des fonds destinés à la reconstruction et avoir exécuté une partie des travaux ne permet pas, à lui seul, d’établir la propriété de la mosquée. La question des droits sur l’immeuble doit être appréciée à partir des documents juridiques, des conditions dans lesquelles les financements ont été accordés et de la destination qui leur avait été donnée.

 

C’est précisément sur ce terrain que le dossier pourrait désormais prendre une nouvelle dimension.

 

La reprise des prières par les fidèles, la contestation de l’AMTT et la mise en demeure adressée à l’imam et au maire placent ainsi la question du financement et des droits revendiqués sur la mosquée au centre du différend.

 

La rédaction du CNC poursuit ses investigations sur l’origine des financements, les conditions de reconstruction de l’édifice et les documents permettant d’établir les droits effectivement attachés à cette mosquée. 

 

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