Qui a rédigé le discours de Touadéra à l’ONU ? Le mystère d’un président qui ne lève jamais les yeux de sa feuille

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Il y a des moments où la vérité ne se cache pas dans les mots, mais dans les gestes. Dans la manière de se tenir, de respirer, de regarder. Et devant l’Assemblée générale des Nations unies, Faustin Archange Touadéra a offert au monde un spectacle qui en dit plus long que n’importe quel rapport d’enquête. Un spectacle de soumission, de dépendance, d’aliénation. Car celui qui prétend parler au nom de la Centrafrique n’a même pas été capable de regarder la Centrafrique dans les yeux. Il n’a même pas été capable de regarder le monde dans les yeux. Il est resté les yeux rivés sur son papier, comme un écolier qui récite une leçon qu’il n’a pas comprise. Comme un acteur qui lit son texte pour la première fois. Comme un homme qui ne sait pas ce qu’il dit, parce que ce qu’il dit n’est pas de lui.

 

Regardez-le. Regardez cette vidéo, si vous en avez le courage. Regardez ses yeux. Ils ne quittent presque jamais la feuille. Parfois, très rarement, il lève la tête. Une fraction de seconde. Un éclair. Puis il replonge. Il replonge dans son papier, dans son texte, dans sa prison de mots qui ne sont pas les siens. « Je prends la parole au nom de la République Centrafricaine avec le sentiment de responsabilité que confère cette tribune », lit-il. Mais quel sentiment de responsabilité peut éprouver un homme qui n’ose même pas regarder son auditoire ? Quelle fierté peut incarner un homme qui se cache derrière une feuille ? « La fierté d’un peuple qui n’a jamais cessé d’espérer », poursuit-il. Mais ce peuple, monsieur le Président, ce peuple qui espère, ce peuple qui souffre, ce peuple qui meurt, ce peuple qui vous regarde, vous ne le regardez pas. Vous ne le voyez pas. Vous ne voyez que votre papier. Vous ne voyez que les mots que d’autres ont écrits pour vous. Vous ne voyez que la mise en scène que d’autres ont préparée pour vous.

 

Qui a rédigé le discours de Touadéra  à l’ONU ? Le mystère d’un président qui ne lève jamais les yeux de sa feuille
Touadera prendrant discours devant le conseil l’ONU en septembre 2026

 

Un discours, quand il est vraiment le vôtre, quand il vient de vous, quand il est porté par vos convictions, par votre histoire, par votre chair, un discours, cela se vit. Cela se respire. Cela se regarde. On lève les yeux. On cherche le contact. On veut voir si les mots touchent, si les phrases portent, si les idées convainquent. On veut voir si l’auditoire est avec nous, contre nous, indifférent. On veut voir. On veut exister. On veut être là. Pas seulement lire. Pas seulement réciter. Pas seulement prononcer. Être là. Vivre le discours. Le porter. L’incarner. Mais Touadéra ne vit pas son discours. Il le subit. Il ne le porte pas. Il le traîne. Il ne l’incarne pas. Il le lit. Simplement. Mécaniquement. Laborieusement. Comme si chaque mot était un obstacle. Comme si chaque phrase était une épreuve. Comme si chaque paragraphe était un calvaire.

 

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Alors la question se pose. Elle se pose avec une acuité terrible. Elle se pose avec une évidence aveuglante. Qui a écrit ce discours ? Qui a rédigé ces phrases que Touadéra ne connaît pas ? Qui a choisi ces mots qu’il ne maîtrise pas ? Qui a construit cette argumentation qu’il ne comprend pas ? « Nous n’avons jamais eu autant de raisons d’agir ensemble et jamais autant de mal à le faire », lit-il. Mais lui, a-t-il déjà agi ensemble avec qui que ce soit, sinon avec ceux qui l’ont mis au pouvoir, sinon avec ceux qui le maintiennent au pouvoir, sinon avec ceux qui le protègent du peuple qu’il prétend servir ? « Le terrorisme, les trafics et les groupes armés prospèrent dans les zones que l’État ne contrôle plus », reconnaît-il. Mais ces zones, qui les a abandonnées ? Qui les a livrées aux mercenaires ? Qui les a laissées aux mains de Wagner et d’Africa Corps ? Qui a préféré confier la sécurité de son pays à des étrangers plutôt que de construire une armée nationale républicaine ? Ce n’est pas un texte anonyme qui a pris ces décisions. Ce n’est pas une intelligence artificielle qui a signé ces décrets. C’est lui. Touadéra. Mais le discours, lui, ne vient pas de lui.

 

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Il y a des enquêtes. Il y a des rapports. Il y a des journalistes qui ont documenté l’innommable. Des révélations ont montré que des réseaux liés à la Russie, des réseaux liés à Wagner, des réseaux liés à ceux qui ont fait de la Centrafrique un laboratoire de leur prédation, utilisent l’intelligence artificielle pour produire des contenus, des articles, des communiqués, des discours. Oui, des discours. Des discours de chefs d’État. Des discours de présidents. Des discours de marionnettes. Des discours qui ne viennent pas de ceux qui les prononcent, mais de ceux qui les contrôlent. Selon des informations concordantes, des systèmes d’intelligence artificielle, notamment ceux développés par des entreprises occidentales, ont été détournés de leur usage pour générer des textes officiels, des allocutions présidentielles, des messages gouvernementaux. Et parmi ces textes, il y a eu des discours de Touadéra. Des discours que Touadéra a lus. Des discours que Touadéra a prononcés. Des discours que Touadéra n’a pas écrits. Des discours que Touadéra n’a peut-être même pas compris.

 

Cela expliquerait tout. Cela expliquerait cette lecture monotone, sans relief, sans émotion, sans vie. Cela expliquerait cette absence totale de contact visuel. Cela expliquerait cette manière qu’il a de buter sur certains mots, de reprendre certaines phrases, de chercher certains termes, comme s’il découvrait le texte en même temps que l’auditoire. « Le droit international, censé protéger les faibles des ambitions des puissants, est chaque jour davantage relégué au rang de simples options », lit-il. Mais lui, a-t-il seulement lu le rapport des Nations unies sur les exactions commises dans son propre pays ? A-t-il seulement pris connaissance des témoignages des victimes ? A-t-il seulement entendu les cris des femmes violées, des enfants tués, des villages brûlés ? Non. Il ne les a pas entendus. Il ne les a pas lus. Il ne les connaît pas. Parce que ces mots-là, ceux de la souffrance réelle, ceux de la vérité crue, ceux de la douleur vive, ne figurent pas dans le discours qu’on a écrit pour lui. Dans le discours qu’on a écrit pour lui, il n’y a que des mots choisis, des formules calibrées, des phrases lisses, des paragraphes sans aspérité, des textes sans âme. Des textes qui ne dérangent personne. Des textes qui ne disent rien. Des textes qui ne condamnent personne. Des textes qui ne nomment aucun coupable. Des textes qui ne réclament aucune justice. Des textes qui ne font que reproduire les éléments de langage de ceux qui tirent les ficelles.

 

Car c’est cela, la vérité. Touadéra ne parle pas. On parle à travers lui. Touadéra ne s’exprime pas. On s’exprime à travers lui. Touadéra ne représente pas la Centrafrique. On utilise la Centrafrique à travers lui. Il est le visage d’une opération qui le dépasse. Il est la voix d’un système qui l’a dépassé. Il est le président d’un pays qui ne lui appartient plus. Et son discours, ce discours qu’il lit sans lever les yeux, ce discours qu’il prononce sans le comprendre, ce discours qu’il débite sans y croire, ce discours n’est pas le sien. Ce discours est celui de ses maîtres. Ce discours est celui de ceux qui l’ont installé. Ce discours est celui de ceux qui le maintiennent. Ce discours est celui de ceux qui le protègent. Ce discours est celui de ceux qui pillent la Centrafrique pendant qu’il parle. Ce discours est celui de ceux qui tuent des Centrafricains pendant qu’il parle. Ce discours est celui de ceux qui violent des Centrafricaines pendant qu’il parle. Ce discours est celui de ceux qui affament des Centrafricains pendant qu’il parle. Ce discours est celui de ceux qui ont fait de la Centrafrique un cimetière à ciel ouvert. Et lui, Touadéra, il le lit. Il le lit sans broncher. Il le lit sans trembler. Il le lit sans rougir. Il le lit comme on lit une notice. Il le lit comme on lit un mode d’emploi. Il le lit comme on lit un texte qu’on n’a pas écrit et qu’on ne comprend pas.

 

Alors la question n’est plus seulement de savoir qui a écrit ce discours. La question est de savoir qui gouverne la Centrafrique. La question est de savoir qui décide. La question est de savoir qui commande. La question est de savoir qui règne. Et la réponse est simple. Ce n’est pas Touadéra. Ce n’est pas lui qui gouverne. Ce n’est pas lui qui décide. Ce n’est pas lui qui commande. Ce n’est pas lui qui règne. Il n’est qu’un exécutant. Il n’est qu’un figurant. Il n’est qu’un pantin. Il n’est qu’une marionnette. Il n’est qu’un homme qui lit. Un homme qui lit ce qu’on lui donne à lire. Un homme qui dit ce qu’on lui donne à dire. Un homme qui fait ce qu’on lui donne à faire. Un homme qui n’a même plus la dignité de choisir ses propres mots. Un homme qui n’a même plus la liberté de regarder son peuple dans les yeux. Un homme qui n’a même plus le courage de lever la tête. Un homme qui n’est plus rien. Un homme qui n’est plus qu’une voix. Une voix sans visage. Une voix sans regard. Une voix sans âme. Une voix qui lit. Une voix qui débite. Une voix qui récite. Une voix qui ne vient pas de lui. Une voix qui vient d’ailleurs. Une voix qui vient de Moscou. Une voix qui vient de Wagner. Une voix qui vient d’Africa Corps. Une voix qui vient de ceux qui ont fait de la Centrafrique leur chose. Une voix qui vient de ceux qui ont fait de Touadéra leur chose. Une voix qui vient de ceux qui ont fait de son discours leur chose.

 

« Le prix, ce sont d’abord les plus vulnérables qui le payent », a-t-il lu. Oui, les plus vulnérables paient. Ils paient depuis huit ans. Ils paient de leur vie, de leur dignité, de leur avenir. Ils paient parce que Touadéra a choisi de les sacrifier. Ils paient parce que Touadéra a choisi les mercenaires plutôt que l’armée nationale. Ils paient parce que Touadéra a choisi la répression plutôt que le dialogue. Ils paient parce que Touadéra a choisi l’impunité plutôt que la justice. Ils paient parce que Touadéra a choisi le pillage plutôt que le développement. Ils paient parce que Touadéra a choisi la guerre plutôt que la paix. Ils paient parce que Touadéra a choisi son fauteuil plutôt que son peuple. Et pendant qu’ils paient, lui, il lit. Et pendant qu’ils meurent, lui, il lit. Et pendant qu’ils souffrent, lui, il lit. Et pendant que la Centrafrique saigne, lui, il lit. Il lit un discours qui n’est pas le sien. Il lit un discours qui ne parle pas d’eux. Il lit un discours qui ne les nomme pas. Il lit un discours qui ne les pleure pas. Il lit un discours qui ne les défend pas. Il lit un discours qui ne les venge pas. Il lit un discours qui ne les protège pas. Il lit un discours qui ne les aime pas. Il lit un discours qui n’est qu’un discours. Un discours pour l’étranger. Un discours pour les caméras. Un discours pour les chancelleries. Un discours pour les maîtres. Un discours pour rien. Un discours pour personne. Un discours qui ne restera pas. Un discours qui ne changera rien. Un discours qui ne ressuscitera personne. Un discours qui ne lavera rien. Un discours qui ne rachètera rien.

 

Alors, monsieur le Président, quand vous lirez ces lignes, si toutefois vous les lisez un jour, posez-vous une seule question. Une question simple. Une question terrible. Une question qui vous poursuivra, si tant est que quelque chose puisse encore vous poursuivre. Cette question, la voici. Qui a écrit votre discours ? Qui a écrit les mots que vous avez prononcés ? Qui a écrit les phrases que vous avez lues ? Qui a écrit les idées que vous avez défendues ? Était-ce vous ? Vraiment vous ? Ou était-ce un autre ? Un conseiller ? Un communicant ? Un algorithme ? Un maître ? Un étranger ? Un mercenaire ? Un homme de l’ombre ? Un homme de Moscou ? Un homme sans visage ? Un homme sans nom ? Un homme qui, lui, ne lit pas de discours, parce que lui, il n’a pas besoin de parler. Lui, il agit. Lui, il décide. Lui, il commande. Lui, il règne. Et vous, Touadéra, vous lisez. Vous lisez ce qu’il vous donne à lire. Vous dites ce qu’il vous donne à dire. Vous faites ce qu’il vous donne à faire. Vous êtes son voix. Vous êtes son visage. Vous êtes sa marionnette. Vous êtes son pantin. Vous êtes son homme à tout faire. Vous êtes son président. Un président qui ne lève jamais les yeux de sa feuille. Un président qui ne regarde jamais son peuple. Un président qui ne voit jamais la Centrafrique. Un président qui ne sait même pas ce qu’il dit. Un président qui n’est plus président. Un président qui n’est plus rien. Un président qui n’est qu’une voix. Une voix qui lit. Une voix qui vient d’ailleurs. Une voix qui vient de Moscou.

 

Devant l’Assemblée générale des Nations unies, Faustin Archange Touadéra s’en remet à des textes générés par des réseaux liés à Wagner et à l’intelligence artificielle.

 

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