
Le gouvernement centrafricain envisage de relancer la contractualisation et la vacation face au manque d’enseignants, notamment dans les matières scientifiques.
Un retour à un ancien système
Lors du Conseil des ministres du jeudi 10 septembre 2026, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour répondre au manque d’enseignants dans les lycées.

Parmi elles figure la mobilisation des compétences disponibles par la contractualisation et la vacation.
Cette orientation marque le retour à un système déjà utilisé depuis plusieurs années dans l’enseignement secondaire centrafricain.
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Pendant longtemps, des étudiants diplômés de l’université, notamment titulaires d’une licence, intervenaient comme enseignants vacataires dans les collèges et les lycées.
Ils assuraient des cours pendant l’année scolaire et recevaient ensuite une rémunération au titre de leurs vacations.
Les arriérés ont fragilisé le système
Le problème de ce dispositif résidait surtout dans la régularité des paiements.
De nombreux enseignants vacataires ont attendu plusieurs années avant de percevoir leurs rémunérations.
Certains cumulaient deux, trois, voire quatre années de vacations impayées.
Cette situation a progressivement découragé une partie des personnes disposées à enseigner dans les établissements publics.
Sous le régime de Faustin-Archange Touadéra, la vacation a ensuite été suspendue.
Cette décision a supprimé un mécanisme qui permettait auparavant de compléter les effectifs lorsque les enseignants titulaires étaient insuffisants.
Une pénurie qui dépasse les matières scientifiques
Le gouvernement présente aujourd’hui le manque d’enseignants comme un problème particulièrement important dans les disciplines scientifiques.
Les chiffres communiqués au Conseil des ministres indiquent 163 enseignants scientifiques permanents pour un besoin estimé à 567.
Le déficit atteint ainsi 404 enseignants dans 57 lycées répartis dans 21 inspections académiques.
Mais cette situation ne concerne pas uniquement les mathématiques, les sciences physiques ou les sciences de la vie et de la Terre.
Le manque d’enseignants touche également d’autres disciplines, avec des difficultés importantes dans les filières économiques et techniques.
Les séries littéraires disposent de davantage d’enseignants, selon le gouvernement, mais cette situation ne suffit pas à masquer les difficultés générales du système.
Le problème du secondaire technique reste entier
La question est encore plus importante dans l’enseignement technique.
La République centrafricaine ne dispose actuellement que d’un seul lycée technique.
Or, le développement de la formation professionnelle nécessite davantage d’établissements et surtout des enseignants qualifiés.
La création de nouvelles structures d’enseignement technique implique donc de former et de recruter des enseignants capables d’assurer ces formations.
La pénurie actuelle risque ainsi de limiter les ambitions affichées en matière de développement des compétences nationales.
La vacation ne peut pas remplacer une politique de recrutement
Le retour aux vacataires peut permettre de répondre rapidement à certains besoins dans les établissements.
Mais cette solution ne règle pas le problème des enseignants permanents.
Elle ne règle pas non plus la question de la formation initiale, des affectations et de la fidélisation des enseignants.
Surtout, le gouvernement devra éviter de reproduire les retards de paiement qui ont profondément fragilisé le système de vacation.
Un enseignant qui travaille plusieurs années sans recevoir régulièrement sa rémunération ne peut pas constituer une solution durable pour le système éducatif.
Le gouvernement face à une pénurie structurelle
Le gouvernement prévoit aussi une formation accélérée de futurs enseignants dans les disciplines scientifiques.
Il envisage parallèlement des mesures destinées à rendre ces métiers plus attractifs et à retenir les enseignants dans les établissements.
Ces mesures montrent que la pénurie dépasse largement les seuls chiffres présentés pour les matières scientifiques.
Le véritable défi consiste désormais à reconstruire durablement les effectifs enseignants dans l’ensemble du secondaire.
Le retour à la vacation peut donc constituer une réponse immédiate.
Mais sans recrutement régulier, formation adaptée et paiement à temps, le pays risque de revenir aux mêmes difficultés qui avaient déjà fragilisé ce système.
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