Bras cassés au gouvernement, chaos à l’éducation : Touadéra change-t-il vraiment ?

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 Au débat Patara de février 2026 sur Radio Ndékè Luka, des jeunes leaders centrafricains ont livré un bilan de dix ans de pouvoir du dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadera sans ménagement ni détour.

 

Lors de ce débat Patara sur les ondes de la RNL, Steve Bendo-Ndeni a posé les mots sur la table sans trembler. L’équipe qui a entouré le président pendant une décennie, il l’a désignée clairement : des bras cassés. Ce n’était pas une invective lancée en l’air, c’était un jugement fondé sur un constat d’écart entre les orientations données par le chef de l’État et ce que ses ministres ont réellement accompli. La paix, la stabilité, Bendo-Ndeni les reconnaît sans hésiter. Mais tenir un pays debout sans améliorer la vie de ceux qui y vivent, ce n’est pas gouverner, c’est simplement maintenir.

Bras cassés au gouvernement, chaos à l’éducation : Touadéra change-t-il vraiment ?
Le ministre d’État à l’éducation Aurélien Simplice Zingas

 

Il a lui-même choisi une image pour dire ce qu’il attend : plus de peinture sur des murs fissurés. Ce qu’il faut, c’est repartir de zéro là où les fondations ne valent plus rien, et bâtir des choses que les gens peuvent ressentir dans leur vie de tous les jours. Il a nommé des endroits précis pour montrer jusqu’où le vide s’étend : Zemio, Obo, Bambouti. Des villes que les politiques décidées à Bangui n’arrivent presque jamais à atteindre, comme si une partie entière du pays vivait en dehors du radar de ceux qui le dirigent.

 

Arletta Mamboui Abiali a pris le relais sur l’éducation avec une franchise qui ne laisse pas de place au doute. Elle a dit « c’est chaos », et elle l’a répété. Dix ans se sont écoulés sans que des écoles soient construites en nombre suffisant, sans que les conditions d’apprentissage soient améliorées, et à l’Université de Bangui, la situation est telle que des milliers d’étudiants partagent des espaces qui n’ont jamais été conçus pour les accueillir en si grand nombre. Elle a aussi mis le doigt sur une habitude qui irrite : réduire la République Centrafricaine à sa capitale, comme si l’arrière-pays n’existait pas ou ne méritait pas d’être pris en compte.

 

Sur la question de qui porte la faute, Arletta a voulu distinguer le président de son équipe. Si les ministères ne produisent pas de résultats, c’est parce que ceux qui les dirigent ne se sentent pas obligés de rendre des comptes aux citoyens. Le président a choisi ces gens en croyant qu’ils feraient mieux, dit-elle. Mais la croyance ne suffit pas à gouverner, et quand les résultats ne viennent pas, la question de la responsabilité du choix lui-même ne peut pas rester indéfiniment sans réponse.

 

Bendo-Ndeni a conclu avec un chiffre qui résume tout : six millions d’habitants, une trentaine de ministres, et un pays qui n’arrive toujours pas à offrir à ses citoyens un accès décent aux services de base. Des pays de la sous-région avec moins de richesses naturelles ont fait davantage. La République Centrafricaine regorge de ressources dans son sol, tout le monde le sait. Ce qui manque, ce n’est donc pas la matière première. Ce qui manque, c’est ce qu’on en fait, ou plutôt ce qu’on n’en fait pas, depuis que le même homme et la même équipe tiennent les rênes.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA

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