Maître Crépin Mboli-Goumba : « Pleurer de honte pour votre pays ? Moi oui, et de plus en plus souvent », le président du Patri décrit la dégradation des conditions de vie et des services publics

0
14

Regarder la video

 

Maître Crépin Mboli-Goumba, président du Patri et coordinateur du Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC), dénonce la dégradation des conditions de vie et des services publics en République centrafricaine. Il cite notamment l’éducation, les infrastructures universitaires et l’accès aux services de base.

 

Interrogé sur les conditions dans lesquelles évoluent les étudiants de l’Université de Bangui, l’avocat reconnaît ressentir de la honte face à certaines réalités du pays.

 

Maître Crépin Mboli-Goumba : « Pleurer de honte pour votre pays ? Moi oui, et de plus en plus souvent », le président du Patri décrit la dégradation des conditions de vie et des services publics

 

« Avez-vous déjà eu envie de pleurer pour votre pays ? Pleurer de honte pour votre pays ? Moi oui, et de plus en plus souvent », déclare-t-il.

 

Pour Crépin Mboli-Goumba, cette réaction découle notamment de l’état des infrastructures destinées aux étudiants et aux enseignants.

À lire aussi : Accusée de préparer un coup d’État, l’adjudant-chef Yves Junior Konzi, sous-officier des FACA, est détenu depuis plusieurs jours à l’OCRB. Plongé au cœur d’une affaire incroyable et spectaculaire qui confirme la paranoïa du régime de Bangui

 

Des infrastructures universitaires jugées insuffisantes

 

À lire aussi : Budget 2025 : Entre dérapages financiers et paralysie des investissements

L’avocat cite l’Université de Bangui comme l’un des exemples de la dégradation des services publics.

 

À lire aussi : Justice à Bozoum : après un viol, le père de la victime, René Béfio, incarcéré à la gendarmerie sur décision incroyable et spectaculaire du procureur Feï-ingmona Steve

Il affirme que plusieurs infrastructures n’ont pas connu d’amélioration suffisante au regard des besoins de la population universitaire.

 

« Par exemple, là où il y a la faculté de droit qui n’a pas changé. Les amphithéâtres n’ont pas changé », affirme-t-il.

 

Il évoque également les conditions de vie dans la cité universitaire et invite à observer directement le quotidien des étudiants.

 

« Ne vous moquez pas de ces enfants qui cherchent le savoir dans des conditions complètement difficiles », lance-t-il.

 

Selon lui, les étudiants centrafricains poursuivent leurs études dans un environnement qui ne correspond pas aux exigences d’un établissement appelé à former les futurs cadres du pays.

 

Le bâtiment offert par la MINUSCA critiqué

 

Crépin Mboli-Goumba s’attarde également sur un bâtiment offert à l’Université de Bangui avec l’appui de la MINUSCA.

 

Il estime que cette infrastructure illustre les difficultés auxquelles l’enseignement supérieur centrafricain reste confronté en matière de moyens et d’équipements.

 

« Il n’y a pas ce symbole plus parlant du naufrage de l’ambition nationale et de la dignité nationale que ce bâtiment-là », affirme-t-il.

 

Il relève notamment l’absence d’adduction d’eau dans le bâtiment.

 

Cette situation sanitaire lui inspire une formule particulièrement sévère : « C’est une honte nationale que même pour se soulager, on demande l’aide de quelqu’un. »

 

Pour le président du Patri, l’État devrait être en mesure de garantir lui-même des infrastructures universitaires adaptées aux besoins des étudiants et du personnel.

 

L’éducation placée au centre des priorités

 

Cette critique s’inscrit dans une dénonciation plus large de la politique éducative du gouvernement.

 

Crépin Mboli-Goumba estime que l’éducation devrait constituer une priorité nationale, au même titre que l’eau, l’électricité et les routes.

 

Il estime que le gouvernement aurait pu concentrer davantage de moyens sur un secteur déterminé afin d’obtenir des résultats durables.

 

« Je pense qu’on ne peut se développer que par le savoir », soutient-il.

 

Il cite également le déficit d’enseignants comme l’une des principales difficultés du système éducatif. Selon les chiffres qu’il avance, la Centrafrique compte environ un enseignant pour 200 élèves, alors que le ratio souhaité dans les pays en développement serait d’un enseignant pour 40 élèves.

 

Il évoque aussi une estimation de la Banque mondiale selon laquelle le pays aurait besoin de 12 000 enseignants pour atteindre ce ratio.

 

Des jeunes sans formation professionnelle suffisante

 

Pour le coordinateur du BRDC, les difficultés ne concernent pas uniquement l’enseignement général et supérieur.

 

Il estime qu’une partie importante de la jeunesse sort du système scolaire sans qualification directement utilisable sur le marché du travail.

 

Il propose donc la création de centres de formation de référence dans chaque arrondissement afin de permettre aux jeunes d’acquérir des compétences dans des métiers comme l’électricité ou le bâtiment.

 

Selon lui, ces formations pourraient faciliter leur insertion professionnelle et réduire le recours à une main-d’œuvre venue de l’étranger.

 

Il suggère également d’accorder des avantages fiscaux aux entreprises qui recruteraient ces jeunes dans le cadre de leur premier contrat.

 

Des services publics à renforcer

 

Au-delà de l’université, Crépin Mboli-Goumba relie la dégradation des infrastructures à une faiblesse plus générale des services publics.

 

Il évoque notamment les difficultés liées aux routes, à l’électricité et à l’eau.

 

Sur les routes, il critique les travaux réalisés avec des revêtements qui, selon lui, ne résistent pas suffisamment dans le temps.

 

« Il faut construire pour les 50 prochaines années », affirme-t-il.

 

Pour lui, les infrastructures doivent être conçues dans une perspective durable et permettre de relier durablement Bangui aux différentes régions du pays.

 

Il estime que l’enclavement intérieur constitue également un obstacle au développement économique des villes de province.

 

« Qu’est-ce que nous avons coché de manière durable ? »

 

Crépin Mboli-Goumba appelle ainsi à mesurer les politiques publiques à leurs résultats durables.

 

« Qu’est-ce que nous avons coché de manière durable ? Je ne dirais même pas de manière définitive, de manière durable », interroge-t-il.

 

Il considère que le développement d’un pays nécessite des investissements capables de produire des effets sur plusieurs décennies, notamment dans l’éducation, les routes, l’énergie et les infrastructures publiques.

 

Son constat sur l’Université de Bangui s’inscrit donc dans une critique plus générale de la gestion des priorités nationales. Pour le président du Patri, l’état des infrastructures, le déficit d’enseignants, les difficultés d’accès aux services essentiels et l’enclavement des villes de l’intérieur traduisent la nécessité d’une politique publique davantage orientée vers des investissements durables.

 

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC 

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4 

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube 

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

  Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org

Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org