À Bangui, Anicet-Georges Dologuélé dénonce l’usage de la nationalité comme arme d’exclusion politique. Le chef de l’opposition dit sa honte face à ce spectacle offert à la jeunesse centrafricaine.
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La nationalité, une arme politique aux mains du pouvoir
« J’ai honte de cette image que nous donnons aux jeunes », a déclaré le leader de l’opposition devant plusieurs témoins de son entourage. Le pouvoir transforme un droit civique fondamental en privilège accordé selon les circonstances, dénonce-t-il. Cette pratique installe une insécurité juridique permanente pour l’ensemble des citoyens, selon des juristes proches du dossier. Les autorités écartent ainsi des figures gênantes du jeu démocratique sans recourir aux textes fondateurs. Un cadre de l’opposition affirme que « aucune procédure légale ne motive ces décisions ». Cette stratégie affaiblit la cohésion nationale à un moment charnière pour le pays.

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Une jeunesse orpheline de modèles d’unité
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Les nouvelles générations espèrent des dirigeants capables d’incarner l’unité et le progrès collectif. Le pouvoir leur offre à la place l’image d’un affrontement stérile autour de questions d’appartenance, estiment des observateurs de la scène politique. Ce décalage entre les aspirations du peuple et les intrigues du sommet inquiète des acteurs associatifs. « Les jeunes se détournent des institutions quand ils voient leurs aînés se déchirer ainsi », confie un responsable d’une organisation de jeunesse. La confiance envers les institutions républicaines s’érode chaque jour davantage, selon plusieurs témoignages recueillis à Bangui.
Le blocage du dialogue accentue la fracture nationale
Le gouvernement ferme la porte au dialogue constructif et au respect des textes fondateurs, selon l’entourage de Dologuélé. Cette obstination à maintenir un leader d’opinion en captivité administrative freine l’épanouissement démocratique du pays. Des voix de la société civile réclament une sortie de crise fondée sur le droit plutôt que sur l’arbitraire. « Le pays a besoin d’apaisement, pas de nouvelles fractures », plaide un analyste centrafricain cité par des relais de l’opposition. La reprise d’un dialogue politique inclusif reste, pour beaucoup d’observateurs, la seule issue durable à cette crise.
Par Alain Nzilo
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