Centrafrique : La démission ou la destitution du Président de la République pourrait-elle débloquer la crise et contribuer au renouveau politique ?

0
10

Centrafrique : La démission ou la destitution du Président de la République pourrait-elle débloquer la crise et contribuer au renouveau politique ?

 

Centrafrique : La démission ou la destitution du Président de la République pourrait-elle débloquer la crise et contribuer au renouveau politique ?

 

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

À l’entame du premier quinquennat du Président de la République où l’on évoquait encore la notion de “l’union sacrée” des forces vives de la nation, la République centrafricaine jouissait en apparence du statut d’un État politiquement stable et juridiquement organisé puisqu’elle s’inscrivait dans la dynamique de la transition politique consensuelle.

 

Rongée par les déceptions successives, la confiance du peuple envers le pouvoir de Bangui s’erode progressivement et se corrode car le pays est miné par la corruption à grande échelle, la prevarication, l’affairisme, la mésaventure de la cryptomonnaie et de la tokenisation, la dépendance abusive du pays aux apports ou aides extérieures.

À lire aussi : Nouvelle chute de Daniel Nzéwé, de son vrai nom Daniel Koli-Kanga : le multirécidiviste escroc et criminel de nouveau sous les verrous à l’OCRB

 

Cette politique égoïste et égocentrique déjà préjudiciable aux intérêts du peuple s’est accentuée avec l’accord opaque et ambigu qui consacre l’avènement des mercenaires du groupe paramilitaire de Wagner en Centrafrique.

À lire aussi : Centrafrique : La COSCIPAC pilonne le régime Touadéra et dénonce une cabale contre Anicet Georges Dologuélé

 

D’emblée, les mercenaires dont le recrutement, l’utilisation et le financement sont interdits par une convention internationale adoptée par l’assemblée générale de l’ONU en 1989 ont été présentés par le pouvoir de Bangui comme des instructeurs russes chargés de former les forces armées centrafricaines.

 

Cette coopération militaire jugée temporaire ou limitée dans le temps s’est progressivement muée en une présence permanente avec corollaire la sécurité du Président de la République et la négociation de l’accord de paix de Khartoum avec les groupes armés.

 

Peu après, le fait de réprimer une tentative de coup d’État de la Coalition des Patriotes pour le Changement en décembre 2020, les mercenaires du groupe paramilitaire de Wagner sont devenus des acteurs clés de la politique et surtout de l’économie car ils s’invitent dans les secteurs de l’or, diamant, bois, brasserie et d’autres secteurs commerciaux sans le contrôle à minima des autorités établies.

 

Pour pérenniser le pillage à grande échelle du pays, les lobbies russes rédigent et imposent au peuple centrafricain une nouvelle constitution discriminatoire à essence polémique où le Président de la République peut se représenter indéfiniment et le traditionnel quinquennat passe au septennat nonobstant les deux serments prêtés sur la constitution du 30 mars 2016.

 

Au regard de cet amer constat qui cristalise la crise politique et institutionnelle qui perdure, la problématique de la responsabilité du Président de la République ainsi que de l’avenir du pays interroge sans oublier la capacité du pouvoir de Bangui de proposer une alternative pacifique et durable.

 

Après une minutieuse analyse et évaluation, l’on remarque que le problème centrafricain est le Président de la République lui-même et son mode de gouvernance qui relève de la haute trahison non seulement au regard de la violation de la constitution à travers le parjure, l’abus de pouvoir, l’atteinte répétée aux libertés fondamentales mais aussi à des renoncements aux engagements démocratiques.

 

Ces dérapages répétés justifient légitimement une procédure de destitution du Président de la République pour manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec l’exercice de son mandat.

 

Au regard de la configuration monocolore de l’assemblée nationale, cette hypothèse de destitution est hautement improbable.

 

En l’absence de courage politique pour engager la procédure de destitution du chef de l’État, la démission considérée comme un acte de responsabilité qui se présente comme un impératif et non une option serait la solution idoine.

 

Ces deux solutions envisagées représentent une possibilité de renouvellement politique pour permettre à notre nation d’ouvrir une nouvelle étape politique afin de rattraper le dernier wagon de l’émergence.

 

C’est une ultime occasion pour rétablir la confiance entre les citoyens et les institutions fragilisée par les incessants dérapages nés de l’autisme du pouvoir de Bangui en procédant soit par un dialogue politique réellement inclusif soit par l’organisation d’un processus politique pour aboutir à un consensus national en vue de légitimer les institutions républicaines et de relancer le pays.

 

Face à l’ampleur de la problématique, le citoyen lambda s’interroge :

 

1- La démission ou la destitution du Président de la République serait-elle une solution pour sortir de l’impasse politique ?

2- En d’autres termes, le départ du chef de l’État peut-il favoriser une sortie de crise et un renouveau politique en Centrafrique ?

3- La haute trahison passible d’une procédure de destitution est-elle légitimement constituée ?

4- La non maîtrise des leviers décisionnels au profit des mercenaires de Wagner peut-elle justifier une éventuelle démission ?

 

En tout état de cause même s’il est notoire et évident que la procédure de destitution du Président de la République paraît utopique, celle de la démission reste plausible si l’on a encore un brin d’honneur et de patriotisme.

 

Ce peuple meurtri n’attend que cette démission du président de la République pour incompétence à l’instar de la démission quand bien même forcée du Président Djotodia à N’djamena au Tchad en 2014 en vue d’écrire une nouvelle et belle page de l’histoire avec de nouveaux acteurs compétents dans le cadre d’une refondation de la nouvelle République bâtie sur une large consultation citoyenne avec des projets de société émergents à l’instar des recommandations du forum de Bangui de 2015.

 

C’est bien évidemment ce que le Rassemblement Unitaire, une composante de la société civile centrafricaine envisage d’organiser dans le cadre des consultations citoyennes sans exclusive pour une renaissance centrafricaine que je vous invite au passage à y adhérer massivement dans les jours à venir.

 

Pour finir, nous vous rappelons que dans les grandes nations de démocratie, on ne gère pas un peuple sans lui rendre des comptes, en l’informant sur ce qu’on fait et en lui expliquant la méthode utilisée pour le gérer ainsi que les résultats escomptés.

 

S’inscrivant dans cette suite logique et au nom du droit à l’information, nous vous exhortons de donner des explications fiables, détaillées, crédibles, convainquantes et exempt de mensonges au peuple non seulement sur l’enlèvement, la séquestration et l’assassinat sur la route de Ndélé du transporteur dénommé Bilal par des mercenaires du groupe paramilitaire de Wagner mais aussi de s’expliquer sur la non restitution à sa famille du corps sans vie du géologue suisse assassiné les jours précédents.

 

Au delà de tout, ce peuple martyrisé et anesthésié se réveillera de son profond sommeil onirique pour organiser la résistance sur la base des articles 28 et 29 de la constitution du 30 mars 2016.

 

Cependant les paisibles habitants de Limassa soutenus dans sa lutte par les vaillants citoyens de Mala et par extension à l’échelle nationale sonne le glas en déclenchant le processus graduel de fin de règne et vous rappelle qu’il y’a une belle vie entourée des siens après le pouvoir à l’image du président du Bénin Patrice Talon.

 

Monsieur le président, l’époque ou alors l’âge pour escalader les clôtures des chancelleries et ambassades est revolue et surtout votre morphologie endomorphique est inadaptée à cette épreuve.

 

Ainsi nous vous conseillons humblement de démissionner avec honneur avant d’être contraint par la force car l’exil de nos jours est une prison dorée certes mais son essence est la souffrance et le regret.

 

Mais attention, ne le dites à personne…

 

Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis le royaume de Limassa.

 

 

Limassa le 22 Août 2026.

 

Bernard SELEMBY DOUDOU.

Juriste, Environnementaliste.

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC 

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4 

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube 

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org

Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org