Me Désiré Alphonse Tepao : « Ils sont en train de faire du mal, de tuer même les cabris », neuf détenus évadés sèment l’inquiétude autour de Mobaye

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Neuf détenus se sont évadés depuis le 26 juillet du commissariat de police de Mobaye, dans la Basse-Kotto. Selon Me Désiré Alphonse Tepao, greffier en chef du tribunal de grande instance de Mobaye, les fugitifs se trouvent dans les environs de la ville et commettent de nouveaux actes contre la population.

 

Le greffier en chef explique que l’absence de maison d’arrêt constitue l’une des principales difficultés du tribunal de grande instance de Mobaye. Les personnes condamnées ou placées en détention sont maintenues au niveau du commissariat de police, dans des locaux qui ne sont pas adaptés à cette fonction.

Me Désiré Alphonse Tepao : « Ils sont en train de faire du mal, de tuer même les cabris », neuf détenus évadés sèment l’inquiétude autour de Mobaye

 

 

« Le gros problème, c’est que maintenant, nous n’avons même pas la maison d’arrêt », déclare Me Désiré Alphonse Tepao.

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Cette situation a déjà été suivie d’une évasion. Le 26 juillet, neuf détenus ont quitté le commissariat de Mobaye. Depuis leur fuite, ils se trouvent dans les arrière-pays de la ville, selon le responsable judiciaire.

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Me Désiré Alphonse Tepao affirme que les fugitifs commettent depuis des actes de violence dans les villages où ils se sont réfugiés. « Ils sont en train de faire du mal, de tuer même les cabris », rapporte-t-il. Le greffier indique également que le chef du groupe d’évadés figure parmi ceux qui se déplacent dans ces zones.

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Selon son témoignage, le chef du groupe aurait informé le commissaire de Mobaye au moment de l’évasion. Des éléments de la police ont ensuite été mobilisés pour rechercher les fugitifs. Ces recherches n’ont pas permis, à ce stade, de les ramener au commissariat.

 

Le problème ne concerne pas uniquement l’absence d’une maison d’arrêt. Me Désiré Alphonse Tepao dénonce aussi les conditions matérielles du commissariat utilisé pour maintenir les détenus. « Le commissariat a été mal construit », explique-t-il.

 

Les installations présentent des faiblesses qui compliquent la surveillance des détenus. Le greffier affirme que certaines grilles ont dû être cassées pour permettre des sorties. À cela s’ajoute un manque d’effectifs au sein du commissariat.

 

Dans ces conditions, le tribunal continue pourtant de tenir des audiences correctionnelles. Les urgences sont organisées dans les locaux de la mairie de Mobaye, tandis que les conciliations se déroulent dans les bureaux actuellement mis à la disposition du personnel judiciaire.

 

Le tribunal ne dispose pas non plus d’un bâtiment propre. Me Désiré Alphonse Tepao indique que les services judiciaires travaillent actuellement dans un bâtiment relevant des affaires sociales. Le manque de matériel informatique complique également le travail quotidien.

 

« Nous n’avons même pas d’ordinateur, nous n’avons même pas d’imprimante pour imprimer », affirme-t-il. Pour certaines démarches judiciaires, les agents doivent se rendre dans un cybercafé afin d’effectuer des opérations qui devraient normalement être réalisées directement au tribunal.

 

Face à ces difficultés, des démarches ont été engagées auprès de la MINUSCA pour la construction d’une maison d’arrêt et d’un bâtiment destiné au tribunal. Le greffier indique qu’un site situé derrière la MINUSCA a déjà été identifié pour accueillir ces infrastructures.

 

La construction d’une maison d’arrêt doit aussi permettre de séparer les fonctions judiciaires et pénitentiaires actuellement concentrées dans des installations inadaptées. Pour Me Désiré Alphonse Tepao, la priorité reste de doter rapidement Mobaye des infrastructures nécessaires au fonctionnement normal de la justice.

 

L’absence de moyens concerne aussi les déplacements du personnel judiciaire. Le tribunal de Mobaye exerce sa compétence sur plusieurs localités, notamment Zangbaï, ainsi que sur de grandes communes comme Mboma et Langandji.

 

Certaines localités se trouvent à plusieurs dizaines de kilomètres de Mobaye. Langandji est située à environ 26 kilomètres, tandis que Zangbaï se trouve à près de 70 à 80 kilomètres de Mobaye, selon le greffier. Pour permettre aux habitants de ces zones d’accéder à la justice, le tribunal prévoit l’organisation d’audiences foraines.

 

Le principe consiste à déplacer les magistrats et les personnels judiciaires vers les localités concernées afin d’y examiner les dossiers. Un projet d’audience foraine à Zangbaï est déjà en préparation. Sa mise en œuvre dépend notamment des moyens logistiques et des conditions de sécurité.

 

Me Désiré Alphonse Tepao explique que le tribunal doit obtenir l’appui des autorités locales avant d’effectuer ces déplacements. La sécurité des magistrats et des autres agents judiciaires doit être assurée avant toute mission.

 

À Mobaye, le fonctionnement du tribunal se poursuit donc dans des conditions marquées par le manque d’infrastructures, l’absence de maison d’arrêt, les difficultés de détention et l’insuffisance du matériel de travail. L’évasion des neuf détenus vient ajouter un problème sécuritaire à ces contraintes déjà signalées par le greffier en chef.

 

Par Fabien Mbali

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