Ils ont accusé les Wagner de l’avoir tué. Ils ont fait la grève et paralysent la ville de Ndélé depuis 2 jours

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Ils ont accusé les Wagner de l’avoir tué. Ils ont fait la grève et paralysent la ville de Ndélé depuis 2 jours

 

Ils ont accusé les Wagner de l’avoir tué. Ils ont fait la grève et paralysent la ville de Ndélé depuis 2 jours
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Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 Depuis vendredi, les activités sont paralysées à Ndélé, dans la préfecture de Bamingui-Bangoran,  après la détention illégale d’un transporteur par des mercenaires du groupe Wagner. Ses proches restent sans nouvelles de lui.

 

Un camion intercepté à l’entrée de Ndélé

 

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L’affaire remonte à mardi soir, lorsqu’un camion de transport en provenance de Bangui est arrivé à Ndélé.

 

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À l’entrée de la ville, des éléments du groupe Wagner ont immobilisé le véhicule avant de procéder à une fouille. Les mercenaires soupçonnaient le camion d’avoir transporté des munitions ou d’autres produits considérés comme suspects.

 

Le contrôle s’est rapidement transformé en une fouille approfondie du véhicule, des marchandises et des effets personnels des passagers.

 

Des biens confisqués pendant la fouille

 

Des sacs, des porte-monnaie, des téléphones et plusieurs effets appartenant aux voyageurs ont été récupérés par les hommes du groupe Wagner communément appelés les criminels de Touadera.

 

Les mercenaires ont également découvert du Tramadol parmi les produits transportés. Le médicament a été saisi avec d’autres marchandises.

 

La population conteste cette confiscation. Le Tramadol reste avant tout un produit pharmaceutique utilisé notamment contre certaines douleurs. Son usage détourné et sa consommation abusive peuvent poser problème, mais les habitants refusent de voir systématiquement ce médicament assimilé à une drogue.

 

La colère autour du Tramadol

 

La saisie du Tramadol provoque une incompréhension supplémentaire à Ndélé.

 

Des habitants accusent les mercenaires du groupe Wagner de contrôler eux-mêmes une partie importante du commerce de ce produit en Centrafrique. Selon plusieurs témoignages recueillis par la rédaction de CNC, les Wagner achèteraient du Tramadol en grande quantité à l’étranger, notamment en République démocratique du Congo, avant de le faire circuler et de le revendre dans différentes villes du pays.

 

La population ne comprend donc pas pourquoi les mêmes hommes qui seraient impliqués dans ce commerce saisissent le Tramadol transporté par de simples voyageurs ou commerçants.

 

Pour les habitants de Ndélé, cette contradiction nourrit la colère. Ils estiment que les mercenaires ne devraient pas pouvoir confisquer les médicaments et les biens des citoyens au gré de leurs contrôles.

 

Le chauffeur libéré, le transporteur toujours détenu

 

Après la fouille, le chauffeur et le transporteur ont été arrêtés et conduits dans une base contrôlée par les mercenaires.

 

Le chauffeur a été libéré quelques heures plus tard.

 

Le transporteur, lui, reste détenu.

 

Quatre jours après son arrestation, ses proches n’ont reçu aucune information précise sur son lieu de détention ni sur ses conditions de détention.

 

Ils ignorent également s’il est toujours en vie et dans quel état il se trouve.

 

Cette absence totale d’informations a rapidement alimenté les inquiétudes à Ndélé.

 

La crainte d’une mort provoque la colère

 

Dans la ville, des habitants craignent désormais que le transporteur ait été tué pendant sa détention.

 

Aucune information indépendante ne permet à ce stade de confirmer sa mort. Mais son maintien en détention, sans nouvelles communiquées à ses proches, alimente les rumeurs et la colère.

 

La population demande à connaître son sort et réclame sa libération.

 

Ndélé devient une ville morte

 

Depuis vendredi, une partie importante de la population a cessé ses activités.

 

Le marché est fermé. Les commerçants ne tiennent plus leurs étals comme d’habitude et plusieurs boutiques restent fermées. Les rues de Ndélé sont largement désertes.

 

Samedi, le mouvement de protestation s’est poursuivi.

 

La ville tourne ainsi au ralenti depuis deux jours, dans un contexte de colère contre les agissements attribués aux mercenaires du groupe Wagner.

 

Pour les habitants, l’affaire ne concerne plus seulement le transporteur détenu. Elle renvoie aussi aux contrôles exercés par les mercenaires sur les axes routiers, aux fouilles des voyageurs et aux confiscations de leurs biens.

 

Les Wagner au cœur des contrôles à Ndélé

 

L’affaire intervient alors que les mercenaires du groupe Wagner multiplient les contrôles sur les axes menant à Ndélé.

 

Ils interviennent directement dans le contrôle des véhicules et des passagers, procèdent à des fouilles et peuvent immobiliser des moyens de transport.

 

Dans le cas du camion intercepté mardi soir, les mercenaires ont saisi plusieurs biens appartenant aux passagers, découvert et confisqué du Tramadol, puis arrêté le chauffeur et le transporteur.

 

Le chauffeur a finalement été libéré, tandis que le second homme est toujours détenu.

 

Un camion loué pour assurer les navettes

 

Rappelons que l’homme toujours détenu n’est pas le propriétaire définitif du camion. Il loue le véhicule pour assurer les navettes de transport entre Bangui et les villes de province, une pratique courante dans le secteur du transport en Centrafrique. Le propriétaire du camion se trouve à Bangui. C’est donc le locataire, celui qui exploite effectivement le véhicule, qui a été arrêté par les mercenaires du groupe Wagner et reste jusqu’à présent sans nouvelles communiquées à sa famille.

 

Par Ibrahim Moussa