Centrafrique : Kossimatchi condamné, la fracture s’élargit au sein du pouvoir

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
L’ancien porte-voix du MCU a écopé d’une peine de prison avec sursis, une sanction judiciaire qui expose les rivalités internes au sommet du pouvoir centrafricain.
Une condamnation qui confirme une crise interne
La justice centrafricaine vient de condamner Blaise Didatien Kossimatchi à une peine de prison avec sursis. Cette décision judiciaire dépasse le simple cadre pénal. Elle met en lumière des tensions profondes au sein du Mouvement Cœurs Unis, le parti de l’empereur Touadéra. Kossimatchi n’est pourtant pas un inconnu de la scène politique centrafricaine. Porte-parole du comité de soutien à Touadéra depuis 2016, il a également siégé dans la direction de campagne du MCU pour la présidentielle de 2020.
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Une élection locale à l’origine de la rupture
Le point de bascule remonte aux dernières échéances électorales locales. Kossimatchi a choisi de soutenir une candidature dissidente pour la mairie de Bangui. Ce choix l’a mis en porte-à-faux direct avec la ligne officielle de sa propre formation politique. L’échec de cette candidature a immédiatement fragilisé sa position au sein du parti. Une période d’agitation interne s’en est suivie, révélant des lignes de fracture jusque-là contenues.
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Des attaques ciblées contre des ministres
Les sorties de Kossimatchi sur les réseaux sociaux ont ensuite précipité sa marginalisation. Il s’en est pris directement à plusieurs ministres à travers des attaques personnelles. Ce mode opératoire n’est pas nouveau chez le communicant. En 2018 déjà, le Conseil supérieur de la communication l’avait sanctionné pour incitation à la violence et à la haine. Cette fois, les responsables gouvernementaux ont estimé que la limite avait été franchie. La justice a réagi avec une rapidité inhabituelle pour mettre fin à ces sorties médiatiques.
Kossimatchi dénonce un complot de ses “frères”
Face à cette condamnation, Kossimatchi rejette toute responsabilité. Il affirme que ce procès résulte de manœuvres orchestrées par ses anciens camarades de parti. Ses propos sont sans détour : « Ce sont mes frères, nous sommes tous dans le même parti politique au pouvoir. Et ce sont eux qui ont comploté contre moi. Il faut que je dise la vérité. »
Malgré sa démission du bureau politique du MCU, il revendique toujours sa fidélité à l’empereur. Il précise : « Je suis démissionné du bureau politique du MCU, mais je reste fidèle au président Touadéra, c’est l’unique président que je soutiens. »
Un appareil judiciaire pris dans les rivalités du pouvoir
Cette affaire illustre un phénomène récurrent en Centrafrique : la justice mobilisée pour trancher des querelles entre alliés d’hier. Les luttes de positionnement au sein du MCU s’intensifient et se jouent désormais à visage découvert. Pour de nombreux observateurs à Bangui, la mise à l’écart de Kossimatchi confirme les fractures profondes qui traversent l’appareil dirigeant. Ces tensions surviennent alors que le parti présidentiel cherche à préserver une unité de façade avant les prochaines échéances politiques.
Affaire à suivre.
La crise interne au sein du MCU se renforce avec la condamnation de Kossimatchi, illustrant les conflits politiques qui bouleversent le paysage centrafricain.
Par Éric Azoumi
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