Centrafrique : Les dérives dictatoriales de la septième République justifient-elles l’application tacite et implicite de la constitution de 2016 ?
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Par : la rédaction de ,
La promulgation d’une nouvelle constitution qui consacre la septième République suppose l’abrogation pure et simple de la constitution du 30 mars 2016.
Dans le respect de la volonté souveraine du peuple, cette évolution institutionnelle non négociable doit s’imposer comme le nouvel ordre constitutionnel et opposable à tous.
Il faut noter à titre de rappel que l’avènement de la septième République a suscité de nombreux et divers débats politiques compte tenu du caractère hyperpresidentiel du régime sans pour autant mettre le peuple au cœur de la problématique.
Force est de constater avec amertume que la septième République sans vision et sans idéologie peine à retrouver ses repères et que les dérapages sans cesse croissant soulèvent de véritables préoccupations démocratiques car le pouvoir de Bangui utilise simultanément au gré de son humeur les deux constitutions.
C’est ainsi que les binationaux qui sont strictement interdits à occuper les hautes fonctions politiques et militaires par la nouvelle constitution siègent encore au gouvernement et à l’assemblée nationale, le vice-président de la République prévu de façon expresse par la nouvelle constitution n’est toujours pas désigné etc…
L’on remarque de prime abord que la soif excessive de confisquer le pouvoir de l’État était trop forte qu’il fallait inventer mécaniquement un troisième mandat synonyme d’une nouvelle constitution qu’on ne peut appliquer.
Le dualisme constitutionnel ou la coexistence de deux constitutions pousse le citoyen lambda inquiet de son avenir à s’interroger :
1- Les dérives dictatoriales de la septième République justifient-elles une application tacite et implicite de la constitution de 2016 ?
2- En d’autres termes, est-il légal d’appliquer simultanément deux constitutions ?
3- Par ailleurs, l”incursion armée à l’est de la République est-elle la conséquence directe du nouvel ordre constitutionnel imposé au forceps ?
4- À ce stade, existe t-il encore issue négociable à ce vacarme politique qui se profile ?
En tout état de cause et dans l’incapacité du pouvoir de Bangui a appliquer stricto sensu la nouvelle constitution, la voie la plus conforme aux principes démocratiques reste la démission qui n’est nullement une option mais une obligation afin de faciliter une transition politique respectueuse de la légalité constitutionnelle.
Par ailleurs, nous avons une pensée républicaine et patriotique pour les citoyens violentés impunément par les mercenaires du groupe paramilitaire de Wagner, pour nos forces de défense et de sécurité tombés au front à Am-Dafock ainsi que pour la sous préfète et les autres en captivité voire sacrifiés par le pouvoir de Bangui entre les mains des résistants “Azandés” qui ne réclament rien d’autres que leur portion de droit dans la République.
Dans la suite logique de ce qui précède, nous exhortons également les forces vives de la nation de s’adherer massivement à la “consultation citoyenne centrafricaine” initiée par le Rassemblement Unitaire qui représente une des alternatives plausibles et crédibles afin de libérer notre pays du joug dictatorial et de restaurer la démocratie.
Enfin, il faut souligner que ce qui est fabuleux dans le mensonge érigé en mode de gouvernance de la septième République, c’est que le Président de la République et son gouvernement peuvent mentir à tout un peuple sauf à eux-mêmes.
Nous vous rappelons qu’on ne gère pas un peuple sans pour autant lui expliquer comment on le gère…alors donnez des explications crédibles au peuple non seulement sur les affrontements meurtriers couronné par la prise de la ville stratégique d’Am-Dafock par les groupes armés mais aussi sur l’assassinat lache et barbare du prêtre de Zemio.
En attendant que le peuple souverain plongé artificiellement dans un profond sommeil onirique se réveille pour se rendre à l’évidence que la supercherie de changement de constitution n’était que la volonté du pouvoir de Bangui de sauter les verrous de limitation de mandat afin de se représenter indéfiniment à la magistrature suprême qui a embobiné le peuple avec une cargaison de mensonges était exclusivement destiné à faciliter le troisième mandat illégal. Les paisibles voire hospitaliers habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signalent que tous les indicateurs du tableau synoptique de gouvernance sont au rouge et correspondent aux signes avant-coureurs de déclin, de fin de règne, et de l’effondrement d’un régime construit sur de mensonges, des manipulations, de la pure démagogie.
Lorsqu’un pouvoir hyperpresidentiel fait peur à tout le monde et par la même occasion commence à avoir peur de son propre ombre…c’est inévitablement la fin.
Monsieur le président, n’attendez pas que les bruits de botte, la huée populaire et la clameur de la rue vous poursuivent pour comprendre que le moment de libérer le fauteuil présidentiel est enfin arrivé.
En outre, nous vous signalons que le dialogue politique réclamé en vain depuis des années pour aplanir les divergences des différents protagonistes n’a plus droit de cité si ce n’est à défaut de démission volontaire ou une concertation pour négocier les conditions de son départ en vue d’une capitulation honorable.
Alors, en conséquence de ce qui précède, il apparaît judicieux et dès maintenant de démissionner avec honneur au risque d’être contraint par la force Monsieur le Président pour ouvrir la voie à une transition politique consensuelle afin de donner une ultime chance à la nation de se reconstruire non sur des ruines mais sur de bases saines
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande même avec insistance, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Limassa le 04 Juillet 2026.
Bernard SELEMBY DOUDOU.
Juriste, Environnementaliste.
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