La guerre personnelle du mytho dictateur Faustin-Archange Touadéra contre Thierry Kamach : un autre candidat du parti MOUNI pourtant déclaré gagnant mais invalidé par la Cour constitutionnelle
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Par : la rédaction de ,
La population de Nanga Boguila refuse le verdict des juges constitutionnels qui matérialise la vengeance et la bataille du mytho dictateur Faustin-Archange Touadéra contre Thierry Kamach et son parti MOUNI.
Les électeurs de la circonscription de Nanga Boguila, située dans l’Ouham, ont exprimé leur vive colère dès dimanche et lundi. Les habitants refusent catégoriquement de reconnaître la désignation du candidat du Mouvement Coeurs Unis, Mr Ngabas Martial, qu’ils qualifient de nomination purement arbitraire. Sur le terrain, la réalité des urnes a subi des modifications successives qui provoquent aujourd’hui une division profonde au sein de la ville, transformant la localité en un point de rupture. La population locale crie à l’injustice et refuse de se soumettre à cette désignation imposée depuis Bangui, estimant que son vote a été confisqué.
Après les opérations de vote du second tour, la compilation initiale effectuée de manière transparente sur le terrain donnait une victoire nette à Auguste Dokowane, candidat sous la bannière du parti MOUNI. Ce dernier avait recueilli 3780 voix, soit 55,27% des suffrages exprimés, tandis que son adversaire direct du parti au pouvoir, Mr Ngabas Martial, n’obtenait que 3047 voix, soit 44,58%. La volonté des urnes était alors indiscutable, établissant un écart clair en faveur de la formation de Thierry Kamach.
Une première altération des données est intervenue au niveau de l’Autorité Nationale des Élections locale. Sous l’influence directe du président de l’antenne locale Nganabeam, du rapporteur Diclari Nguendande et d’autres membres de cette structure administrative, les chiffres ont été modifiés. Les résultats provisoires alors proclamés par cet organe électoral ont rabaissé le score de Auguste Dokowane à 3547 voix, soit 51,07%, tandis que Mr Ngabas Martial remontait artificiellement à 3398 voix, soit 48,93%. Malgré cette manipulation intermédiaire destinée à resserrer les écarts, le candidat du parti MOUNI restait mathématiquement en tête.
L’inversion définitive et totale du scrutin s’est jouée ensuite devant la Cour constitutionnelle, transformée en outil d’exécution politique. En s’appuyant sur des allégations formulées dans une requête spécifique, et avec le soutien direct du superviseur du parti présidentiel pour la région de l’Ouham, l’institution a décrété un prétendu recomptage des voix. À l’issue de cette procédure menée à huis clos, les juges constitutionnels ont modifié radicalement les données pour attribuer 4323 voix, soit 64,08% au candidat du pouvoir, Mr Ngabas Martial, tout en réduisant le score d’Auguste Dokowane à 2423 voix, soit seulement 35,92%.
Cette opération s’inscrit en réalité dans une offensive globale et une guerre personnelle décidée au sommet de l’État. Faustin-Archange Touadéra a fait le choix de mener une lutte destructrice contre les candidats aux législatives du parti MOUNI, formation politique de l’ancien ministre de l’Environnement, Thierry Kamach. Les relations entre les deux hommes ont implosé juste avant la campagne électorale du premier tour. Le chef de l’État avait exigé, par le biais des structures du parti MOUNI, un appui financier conséquent de la part de Thierry Kamach. Ce dernier n’a pas donné de suite favorable à cette demande de racket politique, expliquant qu’il devait prioritairement consacrer ses ressources au financement de ses propres candidats engagés dans la compétition électorale.
Ce refus de céder aux exigences financières a provoqué la rancune du chef de l’État, résolu à anéantir l’influence politique de la formation de Thierry Kamach à l’Assemblée nationale. Lors des scrutins de 2015-2016 puis de 2020, le parti MOUNI avait réussi à obtenir à chaque fois une dizaine de députés, s’affirmant comme une force essentielle au sein de la majorité. Pour empêcher ce parti de grandir et de conserver son influence, le pouvoir central applique désormais une stratégie d’élimination ciblée. Si Thierry Kamach a pu sécuriser sa propre élection, ses candidats présents au second tour font l’objet d’un balayage méthodique orchestré par l’appareil d’État, un phénomène déjà documenté dans la première circonscription de Bimbo 1 et qui se reproduit aujourd’hui à Nanga Boguila.
Pour obtenir ce résultat et contourner le choix des citoyens, un émissaire direct de la présidence de la République, Obed Namsio, a été envoyé personnellement auprès de la Cour constitutionnelle. Sa mission dictée par son patron consistait à transmettre l’ordre strict de supprimer l’ensemble des candidats élus sous l’étiquette du parti MOUNI ainsi que d’autres figures gênantes. Le cas de Nanga Boguila constitue l’application directe de cette consigne présidentielle, transformant une victoire électorale acquise sur le terrain par le parti MOUNI en une nomination politique au profit du parti présidentiel, au détriment du choix souverain exprimé par la population locale dans les bureaux de vote.
Par Alain Nzilo
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